Accueil | A la Une | Spécialistes au Laboratoire du sommeil : «Dans nos sociétés, dormir n’est pas primordial»

Spécialistes au Laboratoire du sommeil : «Dans nos sociétés, dormir n’est pas primordial»


«Nous n'avons pas un médicament miracle», appuie la pneumologue Nathalie Coppens. (Photo : alain rischard)

Une part de plus en plus importante de la population dort mal. Tous deux spécialistes du sujet au sein du Laboratoire du sommeil au CHL, la pneumologue Nathalie Coppens et le neurologue Pierre Kolber détaillent les sources de ce phénomène.

Quelles sont les missions du laboratoire?

Nathalie Coppens : C'est une unité spécialisée dans l'hôpital qui étudie les troubles du sommeil. On y trouve quatre chambres isolées du bruit, car il faut que les patients puissent y dormir. C'est dans ce lieu qu'à l'aide de différents capteurs et caméras, nous allons à la fois enregistrer le sommeil mais également l'éveil. On y capte l'activité cérébrale, les mouvements oculaires et jambiers, la respiration et on enregistre un électrocardiogramme. Pour l'instant, c'est assez spartiate, mais dans la nouvelle aile de l'hôpital, six lits seront installés pour augmenter la capacité, car les demandes d'examens sont de plus en plus importantes.

Quelles sont les maladies prises en charge ici?

N. C. : Actuellement, nous recevons beaucoup de patients en consultation pour une dette de sommeil chronique. Ce sont des gens qui ne dorment pas assez. Nous traitons également de nombreux cas d'insomnie. Ce qui se passe au travail, au niveau familial, etc., va avoir un impact sur la qualité du sommeil et entraîner de la somnolence en journée. Il arrive qu'on nous adresse des patients pour somnolence en lien avec de l'apnée du sommeil alors qu'en réalité, ils sont victimes d'insomnie. C'est un sujet très large. Nous n'avons aucun chiffre au Luxembourg, mais si l'on regarde chez nos voisins français, d'après les données de l'Inserm, 15 à 20 % des adultes souffrent d'insomnie, 4 à 6 % ont le syndrome d’apnée du sommeil, 2 à 8 % sont victimes du syndrome des jambes sans repos. Puis suivent des troubles plus rares, comme les parasomnies et les hypersomnies rares. On retrouve des proportions équivalentes au Luxembourg.

En moyenne, combien de patients font appel au laboratoire chaque année?

N. C. : Nous effectuons en moyenne 1 000 polysomnographies par an. Les consultations pour des troubles du sommeil sont nettement plus importantes. Je dirais qu'une demande sur deux ...


Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.



Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.