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SNE : «Stop à la surcharge de travail»


Le SNE, présidé par Patrick Remakel, fustige un manque de ressources. (Photo : archives lq/hervé montaigu)

Le Syndicat national des enseignants (SNE) dénonce à son tour une situation compliquée dans l’enseignement. La généralisation de l’alphabétisation en français, prévue pour 2026, inquiète.

LE SEW/OGBL n’est pas le seul syndicat d’enseignants à monter cette semaine au créneau. Dès lundi, le SNE avait invité à une conférence de presse pour faire, une nouvelle fois, part du ras-le-bol qui serait de mise sur le terrain. Une campagne de sensibilisation pour attirer le grand public sur les problématiques existantes est lancée. Un des messages clés : «Stop à la surcharge de travail», comme le martèle Christian Kohnen, membre du comité central du Syndical national des enseignants, dans une vidéo publiée sur YouTube.

La situation déjà tendue risque encore d’empirer dans les années à venir, avec le projet du ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch, de généraliser à partir de la rentrée 2026/2027 l’alphabétisation en français dans les écoles fondamentales. «Nous commencerons par le cycle 1.2 et l’offre sera étendue d’année en année», avait annoncé le ministre en septembre dernier au moment de présenter les grandes priorités de son troisième mandat.

Le projet pilote, lancé à la rentrée 2022/2023, est évalué de manière positive par les responsables. Dans les quatre écoles pilotes à Differdange, Dudelange, Schifflange et Larochette, quelque 280 élèves sont alphabétisés en français (cycles 1 et 2 confondus).

Le SNE dit avoir «conscience de la problématique des langues au Luxembourg» et se montre «en principe ouvert à la flexibilisation de l’offre dans l’école publique». «C’est pourquoi l’on n’est pas opposé au projet pilote de l’alphabétisation en français, mais on continue à l’accompagner de manière critique», affirme Patrick Remakel, le président du syndicat affilié à la CGFP (Confédération générale de la Fonction publique).

Afin de ne pas aller trop vite en besogne, il est proposé de procéder à une introduction progressive du nouveau concept, selon les capacités des communes à assurer une double alphabétisation, en allemand et, donc, en français. Chaque commune devrait pouvoir recourir aux mêmes ressources, ce qui s’annoncerait compliqué, vu la pénurie de personnel et le manque d’infrastructures déjà existants.

«Un manque de valorisation»

Forcer les choses contribuerait à détériorer davantage les conditions de travail des enseignants. Plus globalement, le SNE déplore une perte d’attractivité du métier. «Le manque de ressources, notamment pour prendre en charge les enfants à besoins spécifiques, le manque de soutien pour résoudre les conflits avec les parents, ne contribuent pas à augmenter l’attractivité du métier d’enseignant», fustige Christian Kohnen.

S’y ajouterait «un manque de valorisation des instituteurs». «Beaucoup ne reconnaissent plus l’importance de ce travail pour la société dans son ensemble», renchérit le représentant syndical.

Pour améliorer la situation, le SNE réclame une «réduction de l’important travail administratif» à produire par les enseignants, une réduction des «pressions» exercées sur le personnel enseignant et une digitalisation des procédures, qui doit apporter un «réel soulagement sur le terrain».