La Commission européenne a publié son dernier rapport de suivi des progrès accomplis vers l’objectif de l’UE visant à réduire de moitié le nombre de morts et de blessés graves sur les routes d’ici 2030.
Dans son communiqué, elle souligne que, si des avancées ont été enregistrées, «la tendance demeure insuffisante pour atteindre l’objectif 2030».
À l’échelle de l’Union, la situation reste ainsi contrastée. Comme le précise le communiqué, «en 2024, 19 940 personnes ont perdu la vie sur les routes européennes».
Cela représente «une baisse de 12 % depuis 2019», mais le rapport souligne que cette diminution reste inférieure «à la réduction annuelle de 4,6 % nécessaire pour atteindre les objectifs fixés pour 2030 dans le cadre stratégique de l’UE en matière de sécurité routière 2021-2030».
Autrement dit, l’Union progresse, mais pas au rythme requis pour respecter la trajectoire fixée.
Du mieux au Luxembourg
S’agissant du Grand-Duché, le rapport indique qu’«en 2024, avec 27 décès sur les routes par million d’habitants, le Luxembourg affiche une mortalité routière inférieure à la moyenne de l’Union (45)».
Cette performance place le pays parmi les États membres affichant un niveau de mortalité relativement bas. Le Luxembourg se classe ainsi au 4e rang des pays avec le taux de mortalité le plus faible sur ses routes, derrière la Suède, Malte et le Danemark. Toutefois, la situation reste nuancée.
Le document précise que «la majorité des décès a été enregistrée lors d’accidents de la route en dehors des zones urbaines, tandis que le plus grand nombre de blessés graves a été enregistré lors d’accidents survenus en milieu urbain».
Une répartition qui met en évidence deux enjeux distincts : la gravité des accidents sur les routes hors agglomération et la fréquence des collisions entraînant des blessures graves en ville.
Trop de blessés graves
Selon les dernières données disponibles, «le Luxembourg a réalisé des progrès encourageants et se dirige vers l’objectif 2030 de réduire de moitié le nombre de morts».
En revanche, «la diminution du nombre de blessés graves reste insuffisante pour atteindre l’objectif fixé pour cette période». En 2024, 308 blessés graves ont été recensés sur les routes du pays, contre 347 en 2023 et 267 en 2022.
Le rapport invite donc à la prudence, d’autant plus que «le nombre relativement peu élevé d’accidents de la route au Luxembourg peut entraîner des distorsions statistiques».
En effet, dans un pays de petite taille, quelques accidents supplémentaires ou en moins peuvent faire varier sensiblement les indicateurs d’une année à l’autre.
Des mesures déjà prises
Pour améliorer la situation, la Commission recommande notamment de «réévaluer la mise en œuvre des actions prévues dans le plan national de sécurité routière» et de «renforcer les mesures ciblant les trois principaux facteurs de risque» : l’excès de vitesse, la conduite sous l’influence de l’alcool ou de drogues et la distraction au volant.
Ce Plan national de sécurité routière mentionné par la Commission a été élaboré il y a tout juste un an et prévoit bien de réduire la tolérance pour les infractions graves en renforçant les sanctions contre la vitesse excessive, les drogues et l’usage du téléphone portable au volant.
Des contrôles intensifiés sont également prévus concernant la vitesse, avec davantage de radars et d’opérations policières ciblées. Enfin, le gouvernement prévoit aussi de protéger davantage les usagers vulnérables en renforçant les aménagements pour les piétons, les cyclistes et les deux-roues.
«Avec le plan national Sécurité routière 2024-2028, le gouvernement réaffirme son engagement à mettre en place toutes les actions nécessaires pour réduire les accidents de la route et protéger les vies humaines», avait souligné la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes (DP).
Reste à voir si cela sera suffisant pour atteindre l’objectif «Vision Zéro» dans quatre ans.