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Roberto Traversini vise l’acquittement


Roberto Traversini devant la fameuse cabane au fond du jardin par laquelle le scandale est arrivée. L'affaire avait été classée sans suite. (photo : archives editpress)

La parole était à la défense lundi au procès de Roberto Traversini. Pour Me Rosario Grasso, l’ancien politicien n’a pas corrompu sa fonction et doit être blanchi sur toute la ligne.  

«Roberto Traversini reconnaît avoir commis des erreurs. Cela ne signifie pas pour autant que ces erreurs peuvent être considérées comme telles sur le plan pénal. Ce sont des erreurs morales et politiques», a précisé Me Grasso en préambule de sa plaidoirie. 

La cabane au fond du jardin n’était que la pointe émergée de l’iceberg. Les accusations à l’encontre de Roberto Traversini se sont multipliées, touchant également sa compagne et le chef du service technique de l’administration communale de Differdange. L’ancien bourgmestre de la Cité du fer aurait notamment confondu intérêt privé et intérêt public en détournant les services communaux à son propre avantage. 

La semaine passée, le parquet avait conclu au conflit d’intérêt, à la prise illégale d’intérêts, au détournement de fonds publics, au blanchiment et au faux par un fonctionnaire à son encontre. Son représentant avait requis une peine de 4 ans de réclusion assortie du sursis intégral ainsi qu’une amende. À cela s’ajoutent des interdictions de 5 ans du vote passif et du droit à remplir un emploi, une fonction ou un office publics. 

Le magistrat avait requis l’acquittement du chef de service, n’ayant rien à lui reprocher. Quant à la compagne de Roberto Traversini, elle encourt une amende pour recel. Le parquet n’a pas retenu la complicité dans leur chef. 

Au service de la collectivité

Roberto Traversini affirme ne pas avoir commis intentionnellement les infractions qui lui sont reprochées, mais toujours avoir agi dans l’intérêt de la collectivité. Comme cela aurait été le cas de la réfection de la rue de Pétange à Niederkorn où est sise la maison dont il allait hériter plus tard. Encore faut-il que la 7ème chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg décide de croire en sa bonne foi affichée. 

Me Grasso commence par demander l’acquittement de son client pour le vote de la saisine du PAG. «Il a agi ouvertement dans le cadre d’une audience publique du conseil communale», explique l’avocat. Quant aux plans de deux maisons dessinés par un stagiaire, selon le règlement des bâtisses, «la commune avait obligation de détenir des plans» qui n’existaient plus. Il n’y aurait donc pas eu de détournement des deniers publics ou de conflit d’intérêt. Il réclame également l’acquittement au bénéfice du doute en ce qui concerne la location de la maison de sa compagne au Sikor.

Le prévenu n’aurait jamais essayé de gruger personne ou de s’enrichir. Les infractions retenues à son encontre «ne sont pas données», affirme Me Grasso. Si le tribunal devait arriver à une autre conclusion que lui, il prie les juges d’appliquer des circonstances atténuantes ou des excuses. Difficile de ne pas être en conflit d’intérêt quand on est actif politiquement dans la commune dans laquelle on réside, précise la défense.

Travail d’intérêt général

«Il n’a rien occulté et n’a demandé à personne de le faire. Il n’y aucun élément au dossier permettant d’y conclure», poursuit l’avocat qui dégaine ses arguments les uns après les autres pour balayer les différentes infractions. Il rappelle que les conséquences pour la collectivité sont minces dans cette affaire et que l’attitude de Roberto Traversini depuis le début de l’enquête a été «exemplaire». Ces affirmations auraient d’ailleurs été confirmées par l’enquête. 

«Toutes les affaires et tous les prévenus ne sont pas les mêmes. C’est pour cette raison que le législateur a prévu une fourchette de peines», note l’avocat. Il plaide en faveur d’une suspension du prononcé prévu pour une peine de réclusion inférieure à deux ans, ou de travail d’intérêt général en cas de peine n’excédant pas les six mois de réclusion, si son client venait à être condamné.

 «Les accusations de faux en sa qualité de fonctionnaire public constituent un obstacle dans ce dossier. Le tribunal ne peut pas prononcer de peine inférieure à trois ans de prison. Nous avons plaidé l’acquittement également sur ce point car nous sommes d’avis qu’il n’est pas donné», explique l’avocat avant de temporiser : «l’affaire n’est pas aussi terrible qu’on le pense. Sans vouloir minimiser.» L’opposition au conseil communal a fait son devoir civique en dénonçant les infractions, mais «sur le plan politique, elle a court-circuité» les aspirations de l’ancien élu écologiste. 

Roberto Traversini avait démissionné de ses mandats politiques quand le scandale est arrivé. 

Le prononcé est fixé au 12 mars prochain. 

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