Xavier Bettel et Serge Wilmes ont reçu leurs homologues cap-verdiens pour la signature d’un nouveau partenariat entre les deux pays qui ont pu rappeler la longue relation qui les unit.
C’était une première pour tout le monde. Le 17 mai dernier, des élections législatives ont vu le Parti africain pour l’indépendance du Cap-Vert l’emporter face au Mouvement pour la démocratie, au pouvoir depuis une dizaine d’années. C’est donc un nouveau ministre des Affaires étrangères, issu du gouvernement de Francisco Carvalho, qui s’est présenté mercredi à Xavier Bettel pour une réunion sur la coopération entre les deux pays. Mais pour Manuel Augusto Lima Amante da Rosa, la glace a vite été brisée avec son homologue luxembourgeois. «Cela ressemblait plus à des retrouvailles entre de vieux amis qu’à des personnes qui se rencontrent pour la première fois.»
Réunis à l’occasion de la Commission de partenariat entre le Luxembourg et le Cap-Vert, les deux hommes ont pu échanger sur les nombreux liens qui existent entre leurs deux pays. «Vous devez savoir qu’il y a à peu près 2 500 Cap-verdiens qui habitent au Grand-Duché de Luxembourg, c’est une communauté importante et active», a rappelé Xavier Bettel. Le Grand-Duché et sa communauté capverdienne sont d’ailleurs venus en aide au Cap-Vert quand il a été touché par la tempête tropicale Erin en août 2025.
Pour cette 25e Commission de partenariat, la première depuis la signature du Programme indicatif de coopération PIC VI, le but était de réaffirmer la collaboration entre les deux pays. Celle-ci s’illustre en effet dans de nombreux domaines comme l’éducation, l’emploi, la santé, le climat (lire ci-dessous) ou encore l’inclusion sociale. «La coopération doit permettre de sortir d’une situation où on a besoin de l’autre pour dire un jour : « merci on s’en sort ». Et on voit que la qualité de vie des Cap-Verdiens s’améliore au quotidien.» L’un des meilleurs exemples reste le domaine de l’hôtellerie et de la restauration qui emploie de nombreuses personnes venues se former au Luxembourg. «L’école hôtelière de Diekirch a formé plus de 12 000 personnes, a expliqué Manuel Augusto Lima Amante da Rosa. On n’aurait pas pu imaginer que cette coopération permettrait d’avoir aujourd’hui plus d’un million de touristes.»
«Vous protégez aussi l’Europe»
Mais cette relation n’est pas à sens unique. Le Cap-Vert a aussi beaucoup à apporter au Luxembourg et les investissements communs dans la défense bénéficient aux deux parties. C’est notamment le cas avec le Cosmar (Centre des opérations de sécurité maritime). Cette entité de la garde côtière du Cap-Vert, soutenue par le Luxembourg, aide à lutter contre le trafic de drogues. «Vous protégez certes le Cap-Vert, mais vous protégez aussi l’Europe, a affirmé Xavier Bettel. Et pour moi c’est important de souligner que cet investissement est quelque chose qui est aussi dans notre intérêt à tous.»
Mais ce partenariat ne pourrait exister sans un minimum de valeurs communes. «Ce n’est pas un pays voisin, mais on est si proches, a ajouté le ministre des Affaires étrangères. Si proche par les valeurs, de défense du droit international, de l’État de droit.» Et le Luxembourg compte bien continuer son soutien au Cap-Vert. Le matin même, lors de la présentation du budget par le ministre des Finances Gilles Roth, aucune réduction de la politique de coopération n’a été annoncée. De quoi aider le Cap-Vert à continuer de se renforcer. «Une partie de la consolidation de notre démocratie est due au Grand-Duché, a assuré Manuel Augusto Lima Amante da Rosa. On se dit au Cap-Vert que le Luxembourg est le bon ami au bon moment.»
Aux côtés des deux ministres des Affaires étrangères se trouvaient également les ministres de l’Environnement. Serge Wilmes a ainsi pu rencontrer son homologue capverdien, Carlos Alberto Ramos Varela. «Nous sommes deux pays qui ont besoin du multilatéralisme, a souligné Serge Wilmes. On se soutient mutuellement lors des COP et on va continuer à le faire pour pouvoir répondre à ces défis globaux.»
Car si le Luxembourg est évidemment touché par le changement climatique, le Cap-Vert, comme beaucoup d’États insulaires, y est particulièrement vulnérable. Le Grand-Duché souhaite donc l’aider notamment dans sa réduction des gaz à effet de serre. «C’est à nous, États industrialisés qui sommes coresponsables, de faire le pas vers la transition énergétique.» Mais d’autres chantiers attendent encore les deux pays. «Nous avons devant nous de gros défis au niveau de l’énergie mais aussi de l’eau potable, a ajouté Carlos Alberto Ramos Varela. Nous comptons aussi sur le soutien du Luxembourg dans ce sens.»