DAKAR-2026 Le petit frère de Grégoire, qui sera, lui, copilote en Ultimate, va prendre le départ au volant dans la catégorie challenger. Un rêve de gosse.
Dans la famille Munster, on connaît bien sûr un peu mieux le grand frère, Grégoire, auteur de deux scratches l’an passé en WRC et qui a effectué deux saisons complètes dans l’élite des rallyes. S’il n’a plus de volant officiellement pour 2026, il sera malgré tout au départ du prochain Monte-Carlo, au volant d’une Ford de Jourdan Serderidis, son mécène et mentor, avec qui il est engagé sur ce Dakar-2026 en Arabie saoudite en tant que copilote.
Mais le petit frère Charles est également tombé dans la marmite du sport auto quand il était petit : «Bébé, je jouais avec des petites voitures, mon père (NDLR : Bernard, ancien champion de Belgique des rallyes) faisait des courses à l’époque. Avec mon frère, on était tous les deux motivés par le sport auto et la voiture. Moi, plus axé sur le côté technique», explique le jeune homme de 24 ans.
En 2017, quand son frère a commencé en rallye, Charles était plutôt adepte de la moto : «Vu que je n’avais pas le permis, je m’intéressais aux deux-roues.» Mais c’était reculer pour mieux sauter : «J’ai eu mes 18 ans le 2 avril. Le 3, j’ai eu mon permis, le 6, j’étais copilote de mon frère et, une semaine après, j’étais derrière un volant en compétition.»
Après des débuts en Opel Adam Cup, il intègre rapidement le programme belge d’Opel Belgique en Opel Adam électrique en rallye. Il prend part à la Coupe Stellantis en Belgique, à la Peugeot 208 Cup en France, il est sacré champion junior en Belgique et vice-champion de la Coupe Stellantis.
Doué, le garçon se signale au Spa Rallye, avec, pour sa première apparition en Rallye 2, une très belle cinquième place. Des performances qui ne sont pas passées inaperçues, puisqu’il intègre alors le junior programme de Hyundai. Avec qui il participe au championnat de France terre et au championnat de Belgique en I20 Rally2.
En 2023, il participe au Safari Classic et en 2024, il est aligné pour la première fois dans une manche de WRC2 au Kenya. Il multiplie les courses et les styles d’épreuves, à l’image d’une première épreuve en rallye-raid, la Baja Aragon, puis une seconde, avec le rallye du Maroc. Si les temps sont prometteurs, des soucis divers et variés l’empêchent de revenir avec de gros résultats.
Mais ce n’est que partie remise. L’an passé, il est au départ du Monte-Carlo en Rally2. Et après «des rallyes plic ploc», comme il aime à les appeler, il s’aligne à nouveau sur la Baja Aragon, cette fois au volant d’un Taurus T3 Max : «L’objectif était de faire un bon résultat. Et on a gagné! Ça n’a pas été facile. Il y avait pas mal de concurrence. Et en plus, dès le km 7, on a crevé et perdu trois minutes. Il fallait reprendre le temps perdu. À l’arrivée, c’était la victoire. On était surpris, mais très contents!»
On a eu pas mal de propositions pour participer au Dakar
Une préparation idéale pour les deux courses suivantes à son programme : les rallyes du Portugal et du Maroc : «Au Portugal, on voulait faire un top 5, pas évident, car il y avait des pilotes encore plus renommés comme Gonçalo Guerreiro, qui gagne tout au Portugal, ou Mattias Ekström, qui a déjà gagné sur le Dakar.»
Et finalement, l’appétit va venir en mangeant : «Une fois la course démarrée, on a remarqué qu’on était très proches d’eux. On est deuxièmes à 20 secondes de la tête après la première journée, là on se dit que la course peut prendre une autre tournure. Qu’on allait chercher une meilleure place et même un podium.» Un espoir qui sera douché le jour suivant : «On casse le bras de direction, on perd 20 minutes à réparer et repartir. On se retrouve très loin au classement.»
Mais chassez le naturel et le compétiteur revient au galop : «On a commencé à remonter. On a fait un scratch le quatrième jour et finalement on termine deuxième à 17 minutes de la tête.»
Encourageant, avant le Maroc. Où il montrera à nouveau de belles choses : «On a été réguliers, on n’a pas brûlé les étapes. Après la troisième journée, on est même passé virtuellement en tête alors que je n’avais pas roulé dans les dunes depuis un an et demi.»
Malheureusement, dans sport mécanique, il y a mécanique. Et elle va le lâcher une nouvelle fois : «Le différentiel arrière casse et 4 km après, c’était au tour du différentiel avant. On n’avait plus de puissance dans les roues. On a attendu qu’on vienne nous chercher. Le quatrième jour, on est repartis 82e.»
Mais là encore, pas question de se laisser abattre. Il remet le métier sur l’ouvrage et repart au combat : «On a essayé de dépasser pas mal de voitures. Le dernier jour, on réalise le meilleur temps de la spéciale 5 avec 3 minutes d’avance. C’était un peu dommage d’avoir eu ces problèmes, mais on a montré qu’on était rapides.»
C’est ainsi qu’il s’est retrouvé avec l’embarras du choix : «On a eu pas mal de propositions pour participer au Dakar.»
Et jusqu’au dernier moment, il a hésité : «Le jour de la clôture, l’organisation appelle chaque team. Les quatre teams m’ont appelé pour me demander si je voulais rouler pour eux. Et au final, j’ai choisi le projet KTM X-Bow powered by G Rally Team.» Il sera donc au volant d’un Buggy fermé G-Ecko de la marque G Rally Team.
Le rallye-raid, c’est beaucoup d’impro et j’adore ça!
Et d’expliquer les raisons de ce choix : «Ce qui m’a séduit, c’est qu’il s’agit d’un projet sur trois ans avec une future possibilité de devenir pilote pour une marque plus tard.» C’est donc le fait de ne pas faire un one shot, mais d’avoir un suivi assuré sur plusieurs mois avec un vrai programme et la participation à l’ensemble du championnat du monde de rallye-raid (Arabie saoudite, Portugal, Argentine, Maroc, Émirats arabes unis) qui a fait la différence pour Charles Munster. Qui a ensuite dû trouver un copilote. Et c’est le Français Xavier Pansieri, qui participera à son 12e Dakar et qui était aux côtés du pilote grand-ducal au Maroc, qui est l’heureux élu.
Quelques jours avant le début de la course, Charles Munster confiait son plaisir : «Le Dakar a toujours été une course que je rêvais de faire. Je suis plus casse-cou que mon frère. Je fais de la moto, de l’enduro, je pars avec mes potes. Le rallye-raid me botte plus que le rallye traditionnel, un peu trop cadré pour moi. Le rallye-raid, c’est beaucoup d’impro et j’adore ça.»
Quant à ses objectifs? «Je pense être prêt. J’aborde cette course comme n’importe quelle autre. Je ne me mets pas plus de pression que cela. Pour l’équipe et pour moi, il n’y a pas d’attente de résultats. Le but c’est de faire des kilomètres et de finir. Maintenant, je sais très bien qu’une fois que j’aurai mon casque sur la tête, il faudra rouler avec sa tête. Si je n’ai pas de soucis comme au Maroc ou au Portugal, on pourra faire un bon résultat au final. C’est important d’avoir une bonne position tous les jours pour bien redémarrer, et après, ça ira tout seul. Je veux finir le Dakar. Et après, s’il y a une place sur le podium, ce serait encore mieux.»
Charles Munster, arrivé sur place le 30, est monté pour la première fois dans son bolide, jeudi, le 1er janvier.
Quid de la présence de son frère? «On a pas mal parlé. Il m’a donné des conseils. Ce n’est pas un adversaire, on n’est pas dans la même catégorie.»