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Proxénétisme à Luxembourg : jusqu’à 4 ans de prison requis


Le parquet reproche aux cinq prévenus d'avoir incité les danseuses à se prostituer dans des espaces séparés de leur établissement rue de Strasbourg. (photo d'illustration AFP)

Quatre hommes et une femme sont poursuivis pour avoir incité les danseuses à se prostituer dans leur cabaret, à Luxembourg.

« Il n’y a jamais eu de prostitution. On vendait du champagne, pas des filles », s’est défendue la gérante du cabaret à la barre. Le patron conteste également l’ensemble des infractions reprochées et affirme ne « jamais avoir forcé quelqu’un à se prostituer chez lui ».

Le parquet reproche aux cinq prévenus âgés entre 29  ans et 58  ans d’avoir incité jusqu’en 2012 les danseuses à se prostituer dans des espaces séparés de leur établissement rue de Strasbourg, à Luxembourg, en abusant de leur situation précaire.

De l’enquête, il ressort que le cabaret encaissait des sommes exorbitantes pour des bouteilles de champagne. Après avoir déboursé au minimum 300  euros pour une bouteille, le client avait le droit de se rendre dans un espace séparé avec une danseuse. Lors de la perquisition menée au cabaret et au domicile des gérants en début d’année 2012, les enquêteurs avaient confisqué plus de 111  000 euros en liquide dans un coffre-fort.

Le procès s’était ouvert début décembre 2015. À l’époque, l’avocat à la défense du serveur poursuivi par ailleurs pour avoir porté des coups et occasionné des blessures à une buvetière du cabaret, avait déposé une plainte pour faux témoignage contre le témoin. Le tribunal avait décidé de suspendre le procès. Entretemps un non-lieu a été prononcé. Et le procès a pu reprendre mardi.

«Un processus bien huilé»

En fin d’audience, l’heure était aux réquisitions du parquet. « Le dossier illustre le mécanisme classique de certains bars à champagne , récapitule le représentant du parquet. C’est un processus bien huilé. Pour monter à l’étage, les clients doivent payer les bouteilles de champagne surfacturées. »

Dans son réquisitoire, il note que la plupart des victimes viennent des pays de l’Est  : « Elles sont mises sous pression. Si le quota n’est pas atteint, elles sont menacées de licenciement. »

Le parquet a fini par requérir quatre ans de prison à l’encontre du patron du cabaret et de sa femme, 30  mois à l’encontre des deux serveurs et 20  mois contre le sous-gérant qui avait seulement travaillé plusieurs mois dans le local.

Le ministère public demande également une amende, la fermeture définitive du cabaret en question, une interdiction de cabaretage pour les prévenus pour une durée de cinq ans et la confiscation de l’argent saisi. Le procès s’achève cet après-midi avec les répliques.

Fabienne Armborst

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