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Présidentielle au Portugal : deux candidats que tout oppose


(Photo : AFP)

Les deux candidats présents dimanche au second tour de l’élection présidentielle au Portugal, le socialiste modéré Antonio José Seguro et le dirigeant d’extrême droite André Ventura, affichent des personnalités et des projets politiques diamétralement opposés.

Un socialiste ancré au centre 

Antonio José Seguro, 63 ans, est un ancien secrétaire général du Parti socialiste, de tendance centriste, revenu sur le devant de la scène après une traversée du désert à l’époque des gouvernements de son rival du PS Antonio Costa (2015-2024).

En 2014, à l’issue d’une bataille fratricide, M. Seguro avait été remplacé à la tête du Parti socialiste par l’ex-Premier ministre et actuel président du Conseil européen Antonio Costa, qui lui reprochait d’être trop conciliant envers la politique d’austérité menée alors par la droite sous la tutelle des créanciers du Portugal.

Soutenu du bout des lèvres par les dirigeants socialistes actuels, sa campagne a bénéficié d’une dynamique positive pour concentrer les voix des électeurs de gauche qui craignaient de n’avoir au second tour aucun candidat de leur famille politique.

Disant représenter une gauche «moderne et modérée», Antonio José Seguro, cheveux courts et épaisses lunettes rondes, a fait un parcours classique. Leader des jeunesses socialistes au début des années 1990, il a été député puis secrétaire d’État aux Sports sous le Premier ministre Antonio Guterres, aujourd’hui secrétaire général de l’ONU.

Numéro deux d’une liste emmenée par le fondateur du PS Mario Soares, ce diplômé en sciences politiques et en relations internationales a été élu au Parlement européen en 1999.

Le centriste José Seguro a alors été contraint une première fois de se mettre en retrait alors que le Portugal était gouverné par le socialiste José Socrates, qui a conduit son pays au bord de la banqueroute avant d’être accusé de corruption.

C’est au départ de M. Socrates qu’il a pris les rênes du PS et, en tant que chef de l’opposition, a refusé de faire obstacle à la mise en œuvre de la cure de rigueur budgétaire exigée par les créanciers du Portugal en échange d’un plan de sauvetage financier.

L’artisan de la poussée d’extrême droite 

André Ventura, 43 ans, est la figure de proue de l’extrême droite portugaise, en forte progression électorale depuis qu’il a fondé le parti Chega («Assez»), devenu l’an dernier la première force d’opposition au gouvernement de droite.

Professeur de droit au visage poupin et à la barbe de trois jours, il a commencé par gagner en notoriété avec ses saillies truculentes en tant que commentateur de football à la télévision, adepte du Benfica Lisbonne.

Issu d’une famille modeste dans une banlieue populaire de la capitale portugaise, M. Ventura a brièvement fréquenté un séminaire catholique, s’est essayé à la littérature tout en travaillant en tant qu’inspecteur du fisc, avant d’user de son talent de communicant pour se lancer dans les médias, puis en politique.

Candidat aux élections municipales sous les couleurs du principal parti de centre droit portugais, il s’est davantage fait connaître en assénant à la communauté tsigane des propos xénophobes.

Dans un pays où aucun parti de droite populiste n’avait encore percé, André Ventura décide alors de quitter sa première formation politique pour fonder son propre parti, en 2019.

En promettant de s’attaquer à la corruption et à l’immigration, ou encore en se prononçant pour la castration chimique des pédophiles, ce trublion est entré au Parlement en tant que député unique de Chega la même année.

À la présidentielle de 2021, il a terminé troisième, devancé de justesse par la candidate socialiste, avec 11,9 % des suffrages.

Élection après élection, Chega a confirmé sa percée, passant de 12 députés en 2022 à 50 en 2024, puis à 60 avec près de 23 % des voix en mai dernier, devenant à la place du Parti socialiste le principal parti d’opposition au gouvernement de droite de Luis Montenegro.

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