Les futures patrouilles mixtes entre policiers luxembourgeois et roumains, annoncées pour mai prochain afin de lutter contre la mendicité organisée et la traite des êtres humains, continuent d’alimenter le débat. Alors que certaines associations ont déjà dénoncé une initiative stigmatisante, le gouvernement précise désormais le cadre de cette coopération.
Dans une réponse à une question parlementaire du député socialiste Dan Biancalana, le ministre de l’Intérieur, Léon Gloden (CSV), insiste sur le fait que les agents roumains ne disposeront «d’aucune compétence policière sur le territoire luxembourgeois». Leur présence s’inscrira dans un dispositif temporaire de coopération et d’échange d’informations avec la police grand-ducale.
Une mission limitée à six mois
Selon le ministre, les patrouilles devraient débuter en mai 2026 dans la capitale «pour une durée de six mois», avec la possibilité d’une prolongation si les deux parties en conviennent. Les policiers roumains travailleront «sous l’autorité de la police luxembourgeoise et ne mèneront pas d’enquêtes».
Leur rôle consistera surtout à «faciliter l’échange d’informations», partager des méthodes de travail et participer à certaines activités opérationnelles comme les patrouilles, notamment grâce à «leurs compétences linguistiques» et leur «connaissance du contexte social des ressortissants roumains».
Le gouvernement justifie cette coopération par la dimension internationale du phénomène. Selon le ministère de l’Intérieur, la police grand-ducale et ses homologues roumains sont confrontés à des défis similaires liés à la mendicité organisée et à de possibles situations de traite des êtres humains.
Les autorités espèrent ainsi développer «une approche interculturelle, renforcer la formation des policiers et améliorer l’échange d’informations entre les deux pays».
Des critiques persistantes
Ces précisions interviennent alors que l’association Solidaritéit mat den Heescherten a récemment dénoncé le projet. L’organisation craint que la mesure ne contribue à stigmatiser certaines populations, notamment les Roms, et estime que les discours sur la mendicité organisée «reposent souvent sur des préjugés plutôt que sur des faits établis».
Le nombre exact de policiers roumains qui seront déployés au Luxembourg n’a pas été communiqué. Le ministère invoque «des raisons tactiques et opérationnelles» pour ne pas divulguer ces informations.