Les routes luxembourgeoises ont souffert de la récente vague de froid qui a provoqué de nombreux nids-de-poule au dégel. Face à l’invasion des trous, les services des Ponts et Chaussées s’activent pour réparer les dégâts.
Les automobilistes l’ont remarqué : depuis la hausse des températures cette semaine, les nids-de-poule se multiplient sur les routes du Grand-Duché. Un phénomène loin d’être anecdotique, que confirme Ralph Di Marco, chargé de communication de l’administration des Ponts et Chaussées : «Une cinquantaine de nids-de-poule ont été réparés ces derniers jours sur les autoroutes, outre les nids-de-poule sur les autres routes à travers le pays». Et sur la cinquantaine, «une vingtaine restent à faire» à ce jour.
Le coupable est, principalement, l’hiver plus rigoureux que les années précédentes, marqué par des variations de température brusques dont la vague de froid et de neige la semaine dernière, entre le 5 et le 9 janvier. «Les nids-de-poule sont généralement causés par le gel et le dégel successifs des routes», explique le représentant de l’administration. Lorsque l’eau s’infiltre sous la chaussée durant une période de dégel, elle gèle ensuite, se solidifie et soulève la couche de roulement. À la fonte, l’eau s’écoule et laisse derrière elle une cavité fragile et sous le passage répété des véhicules, la chaussée finit alors par céder.
«Nos autoroutes ont un certain âge»
Certaines zones sont naturellement plus vulnérables que d’autres. «Là où l’eau s’écoule moins rapidement, comme dans les dépressions ou les talus, la chaussée est plus exposée», précise Ralph Di Marco. Les infrastructures vieillissantes jouent également un rôle : «Nos autoroutes ont un certain âge déjà ce qui fait que le drainage, par exemple, fonctionne moins bien, notamment sur les ponts autoroutiers».
Pour repérer les dégradations, les services des Ponts et Chaussées disposent de plusieurs canaux. Les automobilistes et les communes peuvent signaler les nids-de-poule, mais les agents de terrain restent essentiels. Les cantonniers surveillent les routes nationales et cantonales, tandis que les agents du Contrôle et information du trafic sur les autoroutes (CITA) assurent le suivi du réseau autoroutier.
Dès qu’un nid-de-poule est signalé, l’intervention se veut rapide. «Nous essayons de le réparer le plus rapidement possible, si possible le jour même», assure le porte-parole. L’urgence dépend toutefois de la taille et de la profondeur du trou, certains présentant un danger immédiat pour la sécurité routière. Les poids lourds, nombreux sur les grands axes, accélèrent par ailleurs la dégradation de la chaussée.
Deux méthodes de réparation
Contrairement aux idées reçues, il n’est pas possible de prédire précisément une hausse des nids-de-poule après une période de froid, assure Ralph Di Marco. Leur apparition dépend d’une combinaison de facteurs, notamment l’humidité, la structure de la chaussée et l’intensité du trafic.
Toujours est-il qu’une fois visible, deux méthodes sont utilisées afin de boucher le trou qui peut s’agrandir au fil du trafic. «La méthode rapide provisoire consiste à le « boucher » avec de l’asphalte froid, de l’émulsion et de l’eau.» Cette dernière technique a également l’avantage de pouvoir être appliquée même par basses températures.
Pour une solution plus durable, notamment sur les autoroutes, les équipes procèdent à «un fraisage du survêtement de la chaussée sur une certaine distance et, ensuite, un renouvellent de la couche de roulement». Cette seconde solution, qui nécessite des températures plus élevées, «est appliquée pour les autoroutes, notamment parce qu’elles doivent subir beaucoup plus de trafic, surtout avec les poids lourds».
Afin d’éviter des kilomètres de bouchons, comme sur l’A3 mercredi dernier à cause d’une voie fermée pour réparation, «les travaux sont effectués surtout la nuit, quand le trafic est moins important». Quant au coût d’une réparation, il est «impossible à définir, car cela rentre dans le budget général prévu pour l’entretien des routes», affirme Ralph Di Marco.
L’administration des Ponts et Chaussées a listé quelques conseils pour les usagers de la route qui rencontrent un nid-de-poule :
– Ne pas freiner dans un nid-de-poule : une roue bloquée subira toujours plus de dommages qu’une roue en mouvement. S’il est impossible d’éviter un trou dans la chaussée, mieux vaut relâcher la pédale de frein avant l’impact.
– Les pneus doivent être convenablement gonflés : un pneu trop gonflé risque davantage de voir sa structure endommagée tandis qu’un pneu trop mou peut amener la roue à plier ou à se briser.
– En cas de choc avec un nid-de-poule : il est conseillé de faire vérifier le parallélisme des roues, car s’il y a dérèglement, les pneus subiront une usure rapide et prématurée.
– Signaler les nids-de-poule : si vous détectez un nid-de-poule important, prière d’en informer l’administration des Ponts et Chaussées par courriel à direction@pch.etat.lu.