Il avait annoncé quitter Hospilux pour de nouvelles aventures. L’ancien secrétaire général de l’UEL a annoncé la création de Kitsune Advisory et endosse cette fois un rôle de CEO intérimaire.
Après avoir été secrétaire général de l’UEL puis directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce (clc), Nicolas Henckes était revenu à ses premières amours en reprenant les rênes de Hospilux, après avoir créé et dirigé la société Legitech. Cette fois, il se lance, à 51 ans, dans une nouvelle aventure, assez inédite, en créant Kitsune Advisory, qui offre des services de CEO intérimaire.
«Il y a beaucoup de transmissions d’entreprises qui ont lieu et qui ne se passent pas toujours très bien, parce que, justement, ce n’est pas fait de manière professionnelle», observe Nicolas Henckes. C’est à ce moment crucial de la vie d’une entreprise qu’il compte intervenir. Il estime que le potentiel est là. «Il y a aussi beaucoup de transactions d’entreprises, des entreprises qui sont rachetées par des groupes ou par des fonds de private equity. Quand une entreprise a été rachetée, je peux y intervenir pendant douze mois, la mettre au carré, et ensuite, céder la place à quelqu’un qui est peut-être plus en relation avec le business de l’entreprise», explique-t-il.
Nicolas Henckes connaît parfaitement le tissu économique du pays et voit qu’il y a toute une génération «de boomers» qui ont fondé des entreprises il y a 20, 30 ou même parfois 40 ans, qui arrivent un petit peu en bout de course et qui doivent transmettre à leurs enfants, quand c’est possible. «Les enfants n’ont pas toujours envie, n’ont pas toujours les capacités ou sont parfois encore un peu jeunes, alors je peux arriver dans l’entreprise et faciliter la transition en étant une personne neutre qui met en place les modifications, une nouvelle gouvernance». C’est un cas de figure parmi d’autres.
Nicolas Henckes crée cette société de CEO intérimaire au moment où de nombreuses entreprises vont être transmises. Et ce ne sont pas toujours les enfants qui prennent le relais. Les fonds d’investissement, comme Axiomatic par exemple, qui était actionnaire de Hospilux, peuvent faire appel à des profils de CEO par intérim pour mettre l’entreprise en conformité avec les pratiques du fonds. «Ces entreprises, avec des fondateurs qui sont là depuis 20, 30 ou 40 ans, tout remonte en général à eux. Et quand on rachète une entreprise comme ça, le patron s’en va et la structure n’est pas faite pour fonctionner sans lui», poursuit Nicolas Henckes.
Agile comme un renard
Il intervient alors dans ces phases de transition pour y mettre un peu plus de structure, un peu de digitalisation, et une gouvernance plus indépendante d’une personne unique, ce qui responsabilise d’autres collaborateurs clés de l’entreprise, avec des mises en place de comités de direction, par exemple.
«Il y a aussi beaucoup de ces entreprises qui, pendant des années, ont fait la même chose parce que ça fonctionnait bien, mais avec le changement de l’environnement économique, la concurrence qui grandit, les coûts qui augmentent, il y a quand même pas mal de choses à revoir, à remettre en question, comme passer en revue les contrats avec les fournisseurs, revoir les contrats aussi parfois avec les clients», indique-t-il.
Nicolas Henckes s’est inscrit dans quatre réseaux internationaux qui, du jour au lendemain, peuvent lui proposer une mission à l’autre bout de la France, en Allemagne ou en Belgique. Ces pays utilisent de plus en plus ce genre de service d’intérim CEO. «C’est vraiment un mouvement général qu’on voit dans les économies européennes. C’était déjà quelque chose qui se pratiquait aux États-Unis, évidemment», précise-t-il.
Nicolas Henckes construit un réseau d’apporteurs d’affaires et de personnes avec qui il peut travailler quand il rentre dans une entreprise : «Je ne peux pas tout faire moi-même, et pour certaines transformations, il faut avoir des partenaires de confiance, que je connais et qui ont les mêmes valeurs que moi». Pour l’heure, il ignore encore s’il va démarrer sa nouvelle carrière au Luxembourg ou à l’étranger, tout en souhaitant quand même avoir un premier dossier au Luxembourg.
Kitsune, qui signifie renard en japonais, «symbolise l’agilité et la vision stratégique nécessaires pour traverser ces transitions. Il ne s’agit pas seulement de combler le fossé, mais aussi de bâtir la résilience dont votre organisation a besoin pour aller de l’avant», écrit Nicolas Henckes sur son compte LinkedIn.