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Municipales en France : l’effet LFI contesté, la droite en profite


Environ 17,1 millions d'électeurs étaient appelés à voter dans 1 580 communes et secteurs. (Photo : afp)

Le second tour des municipales révèle un revers des alliances de gauche avec LFI dans plusieurs grandes villes, un bilan mitigé pour le RN et le maintien de la gauche à Paris, Lyon et Marseille.

La fin de ces municipales a déjà donné un coup d’accélérateur en vue de la présidentielle prévue dans 13 mois, avec un des principaux candidats déclarés, Édouard Philippe, qui sort renforcé par sa réélection au Havre.

Dès aujourd’hui, les présidentiables devront tirer les enseignements de ces scrutins locaux, marqués par des alliances inattendues et critiquées au second tour entre La France insoumise et les socialistes dans plusieurs grandes villes, ainsi qu’une tentative de l’extrême droite pour faire front commun avec la droite, restée dans l’ensemble vaine.

Selon les premières estimations, les accords avec le mouvement de la gauche radicale ne se sont pas révélés payants dans plusieurs villes.

À Toulouse, comme à Limoges, le ralliement des listes socialistes au candidat LFI arrivé en tête au premier tour a échoué. Dans la ville rose, Jean-Luc Moudenc (DVD) a été réélu et à Limoges, c’est le candidat des Républicains Guillaume Guérin qui l’emporte.

À Marseille, le maire sortant de gauche Benoît Payan a refusé d’emblée tout accord avec LFI et a été réélu dimanche, battant largement le candidat RN Franck Allisio.

À Poitiers, la sortante écologiste Léonore Moncond’huy, qui s’était alliée au parti de Jean-Luc Mélenchon, a été sèchement battue par le centriste Anthony Brottier, tandis que le PS s’était retiré pour contrer cette fusion.

Même chose pour une autre édile de la vague verte de 2020, Anne Vignot à Besançon, bastion historique de la gauche, qui avait réuni toute la gauche, mais s’incline face au candidat Les Républicains Ludovic Fagaut.

Également alliée à LFI, l’écologiste Jeanne Barseghian perd Strasbourg, reconquise par l’ancienne maire socialiste Catherine Trautmann.

Seules réussites du ralliement à LFI, la maire sortante socialiste Johanna Rolland conserve Nantes face au candidat LR soutenu par le bloc central, et à Lyon, l’accord des Écologistes avec LFI permet au maire sortant Grégory Doucet de conserver son siège.

Grégoire distance Dati à Paris

Les socialistes perdent plusieurs grandes villes, mais sont en passe de se maintenir largement à Lille, Rennes et surtout Paris, où Emmanuel Grégoire distance Rachida Dati, selon les premières estimations.

Le PS revendique aussi la victoire à Pau, ville de l’ancien Premier ministre François Bayrou, qui essuie un échec personnel majeur.

La droite tire son épingle du jeu, notamment là où les alliances à gauche n’ont pas convaincu. Ville socialiste, Clermont-Ferrand tombe dans l’escarcelle des républicains : Julien Bony l’emporte face à une liste menée par le maire socialiste sortant Olivier Bianchi qui avait fusionné avec LFI.

Même Tulle, ville de François Hollande, où le même type d’alliance a été conclu, bascule à droite, au détriment encore une fois du PS.

«La France insoumise fait perdre», a constaté le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, tandis que l’Écologiste Marine Tondelier reconnaissait que «les partisans des gauches irréconciliables ont gagné».

«Des dizaines» de communes RN

À l’autre bout de l’échiquier, la députée du Rassemblement national Laure Lavalette, très proche de Marine Le Pen, n’a pas réussi son pari et échoue à Toulon face à la maire sortante divers droite Josée Massi.

À Nîmes également, le RN Julien Sanchez, en tête au premier tour, est battu par la liste d’union de la gauche hors LFI menée par Vincent Bouget. Au grand dam du député RN Jean-Philippe Tanguy pour qui «le refus des fusions» de LR «a permis aux communistes de gagner un certain nombre de villes, et il y en aura d’autres ce soir».

Mais, s’est réjouie Marine Le Pen, le RN l’emporte dans des «dizaines» de communes, dont Carcassonne, Saint-Avold, Amnéville (Moselle), La Flèche (Sarthe) ou Menton.

Après Saint-Denis, deuxième ville d’Île-de-France dès le premier tour, LFI remporte une autre grande ville, Roubaix (Nord) avec le député David Guiraud, fort d’une large avance dimanche dernier.

Comme la semaine dernière, la participation a été historiquement basse à ce second tour, si l’on fait exception de celle encore plus faible de 2020, en plein Covid-19.

Elle s’affiche à environ 57 % selon les institutions de sondage, même s’il y a un sursaut dans plusieurs villes où les batailles comprenaient le RN ou LFI.

Environ 17,1 millions d’électeurs étaient appelés à voter dans 1 580 communes et secteurs, sur quelque 35000, après l’élection dimanche dernier de nombreux conseils municipaux au premier tour.

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