Nouveau directeur de MSF Luxembourg depuis le début du mois de mars, Paul Yon revient sur les futurs défis de l’association, tant au niveau local qu’international, qui fête cette année ses 40 ans de présence au Grand-Duché.
Comment avez-vous intégré Médecins sans frontières?
Paul Yon : J'ai eu la chance de beaucoup bouger avec mes parents quand j'étais enfant, de par leur travail, et donc
d'habiter
dans pas mal de pays : en Égypte, en Guinée et dans différents endroits. Du coup, j'ai eu cette envie de travailler dans l'humanitaire depuis l'âge de mes 15 ans environ, sans vraiment savoir à l'époque comment faire.
Je n'étais pas hyper fort en sciences ou en mathématiques à l'école.
On pense qu'il n'y a que des médecins, des infirmiers ou des sages-femmes chez Médecins sans
frontières,
mais ce n'est pas le cas. J'ai suivi des études d’anglais et de mandarin, puis j'ai fait deux ans de bénévolat dans différentes petites structures avant d'intégrer MSF pour la première fois en 2003 comme chef de projet.
C'est un travail passionnant qui vous fait rencontrer tellement de cultures différentes, c'est difficile d'en sortir une fois qu'on a commencé. Je fais ça depuis quasiment 25 ans dans différents endroits.
MSF s'assure que les gens sur le terrain ne restent pas trop longtemps afin d'éviter le burn-out. Parce qu'on va quand même dans des endroits où il y a des conflits armés et qu'on voit des choses assez difficiles au jour le jour. J'ai donc bougé tous les 2-3 ans.
Où êtes-vous allé durant ces années?
On m'a beaucoup envoyé au Proche et au Moyen-Orient. J'ai fait plusieurs missions en Irak, en Syrie et au Liban. J'ai eu à travailler aussi en Asie du Sud-Est et du Nord-Est dans les camps de réfugiés birmans en Thaïlande, au Myanmar, et puis, dans un contexte un peu différent, en Corée du Nord pendant deux ans.
Après, j'ai aussi travaillé dans des contextes qu'on dirait, entre guillemets, plus classiques chez MSF : au Burundi, au Soudan, au Darfour, au Tchad... Et là, je viens de passer mes cinq dernières années en Côte d'Ivoire à travailler sur des opérations dans la région, aussi bien au Nigéria qu'au Tchad ou encore en RDC. J'étais au siège de notre organisation à Abidjan.
Et c’est l’année dernière, durant une assemblée générale, que vous avez découvert MSF Luxembourg.
Ça fait un moment qu'on se connaît. J’ai rencontré pas mal de collègues de MSF au Luxembourg dans différentes réunions et j'ai eu la chance de pouvoir intervenir lors de l'assemblée générale de MSF Luxembourg l'année dernière, en effet.
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