L’ancien ministre du Travail et des Sports Georges Mischo sera assermenté ce mardi à la Chambre des députés. Ses dernières sorties médiatiques ne vont pas jouer en sa faveur.
Ses récentes sorties dans différents médias nationaux vont le précéder. Autant dire que les propos de Georges Mischo n’ont pas fait sourire, sauf peut-être dans les chaumières des députés socialistes qui ont franchement ri, selon Georges Engel, invité dans la matinale de RTL radio lundi matin. Dans les rangs du CSV, c’est plutôt la gêne qui les a envahis.
L’ancien ministre du Travail et des Sports a accumulé les déboires depuis sa nomination, mais dans ses dernières interviews, il a rejeté la faute sur les autres. Il a reconnu avoir commis des erreurs comme celle, par exemple, d’avoir trop longtemps fait confiance aux fonctionnaires, dont certains auraient mal fait leur travail, notamment pour «protéger (leur) ministre», a-t-il déclaré la semaine dernière sur les ondes de RTL. Il a présenté ses excuses lundi matin, cette fois au micro de 100,7, mais en ce qui concerne les syndicats, il persiste et signe.
Les syndicats OGBL et LCGB ont fait front commun contre le gouvernement, et en particulier contre Georges Mischo. Dans une lettre adressée au Premier ministre, Luc Frieden, début novembre, l’Union des syndicats avait sévèrement critiqué le ministre du Travail, le jugeant «inapte» et «incompétent» pour son poste et l’accusant de saboter le dialogue social. En résumé, les syndicats réclamaient le départ du ministre afin de pouvoir retrouver de la sérénité.
Aujourd’hui, Georges Mischo reproche aux syndicats de n’avoir pas eu le courage de lui dire tout cela en face. Comme Luc Frieden avant lui, il juge cette lettre indécente, en dessous de la ceinture et n’est pas disposé à reconnaître des erreurs commises dans l’exercice de ses fonctions. Les syndicats (CGFP compris) avaient claqué la porte du Comité permanent du travail et de l’emploi (CPTE) en novembre 2024 parce que le ministre avait remis en cause le monopole des syndicats représentatifs dans la signature des conventions collectives. Pour les syndicats, le ministre Mischo avait une notion très limitée du «dialogue constructif» et tendait même à mépriser les centrales syndicales.
Georges Mischo avait jugé que la prise de position des syndicats n’apportait à ses yeux «aucune plus-value» et qu’il n’était là «que pour écouter les différentes positions», après quoi, «il prendrait ensuite seul une décision quelles que soient les positions défendues par les différentes parties au sein du CPTE». Une façon de procéder «inacceptable» pour les syndicats, qui n’avaient encore jamais vu le CPTE réduit «à un simple forum de discussion».
Depuis, le gouvernement a mis de l’eau dans son vin et finalement Georges Mischo a été contraint à la démission, face à l’accumulation de dossiers.
Contre le congé collectif
À côté de l’état lamentable dans lequel il a laissé le dialogue social est venu se greffer le dossier du musée du Sport. Georges Mischo, à l’initiative du projet, a signé un accord préalable avec la société IKO Real Estate pour installer le musée sur l’ancien site de la halle des turbines, dans le quartier Rout Lëns à Esch.
Cet accord passé avec la société d’Eric Lux, pour un montant de 28,4 millions d’euros (4,8 millions pour l’achat du terrain et du bâtiment, 20,7 millions pour la rénovation et 2,9 millions pour les équipements), prévoit que l’État s’engage à ne pas chercher «d’autres lieux pour le musée du Sport pendant la période du contrat et à ne pas accepter de demandes ou à examiner d’autres offres». Georges Mischo n’a pas informé le ministre des Finances de tous les détails de cet accord, ce qui a poussé Gilles Roth à geler le projet, qui, pour la nouvelle ministre des Sports, Martine Hansen, n’est pas une priorité.
Pour Georges Mischo, les ennuis avaient déjà commencé en août 2024 quand il s’était dressé contre le congé collectif dans la construction que ni les syndicats ni le patronat ne remettaient en question. Mais l’ancien ministre, lui, le jugeait obsolète, provoquant une première polémique. Les autres suivront.
Poussé à la démission en décembre dernier, il a réapparu dans la presse. En s’exprimant maladroitement ces derniers jours, Georges Mischo a refait parler de lui en se drapant dans un rôle de victime pas toujours bienvenu. L’opposition ne fera pas de cadeau à celui qui sera assermenté ce mardi à la Chambre des députés. En attendant, il l’a bien fait rire.
Beaucoup plus discret ces dernières années, un autre ancien ministre, Marc Hansen (DP), sera également assermenté ce mardi, après le retrait de Fernand Etgen.