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Marcher pour «le respect de nos droits, pas des privilèges»


Le thème des inégalités de santé a été choisi «en lien avec l’actualité» explique Milena Steinmetzer. (Photo : fabrizio pizzolante)

La marche féministe du 8 mars place la santé au cœur de ses revendications. Avec ce thème, la JIF dénonce les inégalités de soins et appelle à une mobilisation solidaire pour les droits des femmes.

«Plus il y a d’injustices, plus nous sommes motivées à nous mobiliser», affirme Milena Steinmetzer, membre de la plateforme Journée internationale des Femmes (JIF) et représentante de l’OGBL. Malgré les tensions géopolitiques actuelles, la JIF se dit encore plus déterminée à défendre les droits des femmes et la solidarité internationale.

Ce dimanche 8 mars, la plateforme féministe placera la santé au cœur de la marche qui mènera de la place de Paris au Knuedler, pour demander «le respect de nos droits, pas des privilèges», selon Emilie Kaiser, du Planning familial.

Au-delà de l’accès aux soins, le thème renvoie plus largement aux conditions de vie et aux inégalités qui touchent les femmes et personnes minorisées. Milena Steinmetzer explique ce choix «en lien avec l’actualité sur l’inscription de l’IVG dans la Constitution et les discussions sur notre système de santé». À long terme, ces inégalités produisent des écarts importants en matière de santé et de sécurité économique, «notamment à l’âge de la retraite».

La mobilisation défend à ce titre un système de santé «universel, public et solidaire», garantissant un accès effectif aux soins «peu importe d’où l’on vient, qui on est… Il ne devrait pas y avoir de discrimination là-dessus», porte Milena Steinmetzer.

La jeune femme explique, par exemple, qu’«il existe des biais médicaux dans la recherche et dans le fonctionnement de notre médecine». Emilie Kaiser illustre cette réalité par le fait qu’au Luxembourg, «une femme vit 85 ans, un homme, 81», mais que la durée de vie «en bonne santé se situe pour les deux autour de 60 ans».

Bien-être professionnel, santé sexuelle…

Parfois, il faut attendre très longtemps pour avoir un accès à des soins psychologiques», regrette Milena Steinmetzer. La représentante de l’OGBL souligne que les inégalités se logent aussi dans le bien-être professionnel. Des études comme «Quality of Work» montrent ainsi que «presque une femme sur deux présente des risques élevés de burn-out».

La santé sexuelle et reproductive occupe également une grande place dans les revendications. Le droit de disposer de son corps est présenté comme un principe fondamental, impliquant un accès égalitaire et respectueux aux soins gynécologiques et aux services de santé reproductive.

Milena Steinmetzer insiste sur l’importance de «l’inscription de l’IVG dans la Constitution pour vraiment mettre en place le droit à notre santé» et son accès universel et gratuit. Pour ce qui est de l’inscription de l’IVG dans la loi fondamentale, son vœu est en passe d’être exaucé, étant donné qu’un premier vote sur ce point aura lieu ce mardi à la Chambre des députés. Emilie Kaiser ajoute à cela la nécessité de «développer une information claire» sur ces sujets encore trop peu explicités, selon elle.

Enfin, la mobilisation met en évidence l’impact des violences sexistes et sexuelles sur la santé. Milena Steinmetzer souligne la nécessité d’une action globale, reposant à la fois sur «de la prévention» et «une prise en charge correcte des victimes» ainsi que sur un accès aux soins «sans discrimination».

«5 000 personnes» en 2025

Au-delà des revendications politiques, la marche féministe représente un moment de mobilisation collective. Elle s’inscrit dans un contexte international marqué par des tensions et des remises en cause des droits des femmes. Milena Steinmetzer note une «progression de l’antiféminisme» observée dans plusieurs pays et rappelle la dimension solidaire du mouvement : «On est toujours contre la guerre, d’autant plus que ce sont les femmes et les enfants les premières victimes.»

La JIF se montre optimiste pour l’édition 2026 après le succès de 2025, qui avait rassemblé «plus de 5000 personnes» lors d’«un samedi très ensoleillé», rappelle Milena Steinmetzer. Toutes espèrent cette même météo et une participation similaire, où figurait «une moitié d’hommes» : une forte présence masculine que la plateforme explique par le contexte international, certains voulant «montrer qu’ils soutiennent les femmes» face aux menaces pesant sur leurs droits.

Pour soutenir le mouvement, rendez-vous à Luxembourg dimanche à 14 h place de Paris, pour une marche qui traversera ensuite l’avenue de la Liberté et le pont Adolphe, puis se terminera au Knuedler avec des animations musicales telles que la fanfare féministe, Shani Baby et la chorale militante.

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