Si la capitale atteint un nouveau sommet avec 137 696 résidents en 2025, sa vitesse de croissance n’a jamais été aussi basse depuis des années, freinée par un exode vers les autres communes du pays et une immigration qui peine à compenser.
Du quartier de Bonnevoie-Sud à celui de Beggen, au nord : où vivent les habitants de la capitale et qui sont-ils ? Comme chaque année, la Ville de Luxembourg vient de publier un rapport détaillé sur l’état de sa population à partir de chiffres arrêtés au 31 décembre 2025. Ces derniers rendent compte de la tendance démographique, de l’origine des habitants ou encore de la répartition démographique par quartier. Analyse des chiffres clés.
Une croissance qui ralentit encore
Avec un total de 137 696 habitants à l’issue de l’année 2025, la capitale a gagné 1 488 habitants en un an. Il s’agit là d’un nouveau record du nombre d’habitants, comme chaque année pratiquement depuis les années 1990. Le cap symbolique des 100 000 habitants a été passé en 2012.
Néanmoins, cette hausse est moins importante qu’auparavant. Bien que la population continue de croître, le rythme annuel moyen d’augmentation observé entre 2012 et 2022 se situait plutôt entre 2 000 et 4 000 nouveaux résidents. Entre 2010 et 2016, la croissance annuelle atteignait de 2 à 3 %, avec un record de 4 264 nouveaux habitants en 2022.
Depuis ce pic, un ralentissement certain est observé : 1,46 % en 2023, 1,11 % en 2024 et 1,09 % en 2025. La population n’en demeure pas moins jeune et active puisque la pyramide des âges est la plus large entre 25 et 45 ans, soit la catégorie la plus présente dans la capitale.
Les résidents partent, les étrangers arrivent
Comme c’est le cas depuis 2020, le solde migratoire interne reste négatif. L’an passé, 4 798 personnes ont quitté une commune luxembourgeoise pour s’installer dans la capitale et 8 377 résidents ont fait le chemin inverse.
Malgré tout, la population continue d’augmenter. D’une part, cela s’explique par le solde naturel qui reste positif au fil des années. En 2025, les 1 277 naissances prennent le pas sur les 604 décès par exemple. Depuis cinq ans, le solde naturel est toujours positif, aux alentours de 700.
Cependant, l’immigration internationale reste le principal moteur de la croissance. Tandis que les résidents sont, en moyenne, 5 000 à quitter Luxembourg pour l’étranger depuis cinq ans, les étrangers comblent largement ces départs. En 2025, ils sont 13 687 à s’y être installés, un chiffre dans la moyenne de ces dernières années. Le solde migratoire est néanmoins en baisse, en étant passé de 1 426 en 2023, à 1 044 en 2024 et 898 en 2025.

Mouvements de la population en 2025. (Illustration : vdl)
168 nationalités
En 2025, les pourcentages de résidents d’origine luxembourgeoise et étrangère restent stables : 30,52 % de Luxembourgeois (42 020) et 69,48 % d’étrangers (95 676). Le nombre de nationalités présentes est lui aussi équilibré, avec un total de 168.
Il y a cependant un peu d’évolution pour le nombre de ressortissants de certaines nationalités.
Parmi les Européens, le nombre de Portugais continue de reculer, chutant de 12 132 résidents en 2020 à 10 795 en 2025. La communauté portugaise reste, malgré tout, la deuxième communauté étrangère. En première place se trouvent les Français dont l’effectif est stable (20 638) et au pied du podium se trouve la communauté italienne qui est, elle, en croissance (de 8 831 en 2020 à 10 261 en 2025).
En ce qui concerne les ressortissants en provenance d’autres continents, leur nombre est légèrement en augmentation depuis l’après-Covid. La population asiatique a bondi de 5 942 en 2020 à 8 856 en 2025. La population africaine a presque doublé sur la même période, passant de 3 000 à 5 405 aujourd’hui, tandis que les résidents américains sont également en hausse, de 2 845 à 3 542.

Répartition de la population par continent d’origine. (Illustration : vdl)
Les quartiers à la loupe
Parmi les 24 quartiers qui divisent la ville, les cinq plus denses regroupent près de la moitié de la population. Bonnevoie-Sud (13 428 habitants), Belair (13 331), le Limpertsberg (11 593), la Gare (11 292) et le Kirchberg (10 982) représentent en effet plus de 40 % des résidents.
Par rapport à 2024, le classement des quartiers par nombre d’habitants a quelque peu évolué. Tandis que le «top 4» reste identique, le Kirchberg poursuit son ascension en se hissant à la 5e place, au détriment de Gasperich. Cents a également remplacé Merl à la 9e place et Dommeldange (16e) a aussi dépassé Eich. Les trois derniers sont, eux, les mêmes que l’an passé, à savoir : Clausen (1 050 habitants), Grund (983) et, enfin, Pulvermühl (386).
Concernant la répartition démographique des quartiers, la moyenne est de 30 % de Luxembourgeois et 70 % d’étrangers. Les quartiers avec le plus de résidents étrangers sont ceux de la Gare (81,59 %), de Neudorf-Weimershof (74,83 %) et du Kirchberg (74,50 %). À l’inverse, les quartiers avec le plus de Luxembourgeois sont Cents (50,1 %), Grund (43,7 %) et Hamm (43,1 %).
Dans l’ensemble, les quartiers de la ville basse (Grund, Pfaffenthal) et les quartiers périphériques de l’est (Cents, Hamm) ont une structure de population plus ancrée localement.