Depuis ce 1er janvier 2026, de nouvelles interventions légères en dermatologie et en ophtalmologie sont possibles dans les antennes hospitalières.
Le nouveau texte de loi entre en vigueur en plein bras de fer entre l’Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD), la CNS et la ministre de la Santé sur une libéralisation plus importante des soins de santé. Selon Carole Hartmann (DP), l’ajout de la dermatologie et de l’ophtalmologie sur la liste des prestations qui peuvent être proposées en dehors des murs d’un hôpital ne peut être qu’«un début».
Son parti est clairement favorable à une séparation des cabinets de soins ambulatoires et des hôpitaux. Autrement dit, à l’abandon du concept d’antennes, qui proposent depuis 2023 des soins dans quatre domaines : dialyse, hospitalisation de jour non chirurgicale, imagerie médicale et oncologie. Depuis le 1er janvier, s’y ajoutent donc les petites interventions dermatologiques et la chirurgie de la cataracte.
Le CSV de la ministre Martine Deprez est prêt à suivre son partenaire de coalition sur le chemin vers un renforcement de la médecine libérale. «On ne veut rien enlever aux hôpitaux, mais proposer au patient une prise en charge plus simple, avec à la clé une réduction des temps d’attente. L’idée est de soulager les hôpitaux dans les domaines où cela est sensé, sans risquer une perte de qualité», résume Françoise Kemp, également rapporteuse du projet de loi, adopté à l’unanimité le 18 décembre, en marge du vote sur la réforme des pensions.
Une liste élargie pour la mi-2026
L’élue chrétienne-sociale rappelle la volonté de la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale d’identifier avec tous les acteurs concernés les autres types de soins ambulatoires qui pourront, à terme, aussi être offerts dans des cabinets libéraux, sans lien avec un hôpital. Un catalogue doit être prêt pour la mi-2026.
Dans un communiqué, diffusé le 24 octobre dernier, Martine Deprez avait pris l’engagement de ficeler un projet de loi destiné à «encadrer une ouverture plus globale des activités du secteur hospitalier vers le secteur libéral, afin de rendre notre système de soins encore plus performant en le transformant et en l’adaptant aux réalités constatées, sur la base de l’innovation, de la qualité médicale, de la sécurité des patients et de la responsabilité des acteurs».
«Le médecin doit pouvoir exercer librement son métier, sans lien avec un hôpital et sans contraintes, afin de prendre en charge le patient au plus vite et de manière adéquate», souligne Alexandra Schoos (ADR). Le Parti pirate plaide également pour une augmentation de l’offre de soins ambulatoires. Sven Clement estime que la hausse des antennes permettrait de «décharger les hôpitaux et leur personnel, déjà en surchauffe».
«Il est positif que la proximité des soins augmente, mais il est clair que l’ouverture envisagée des soins ambulatoires ne pourra pas être totale, afin de protéger les patients et le personnel, qui, dans le privé, ne bénéficierait plus du même statut. La santé ne doit pas devenir un commerce», souligne le député socialiste Georges Engel. «La question fondamentale reste de savoir où, à travers le pays, de nouvelles antennes seront implantées afin d’utiliser au mieux nos ressources limitées», note Djuna Bernard (déi gréng). En maintenant le concept des antennes hospitalières, l’extension de l’offre ambulatoire serait toutefois, selon Marc Baum (déi Lénk), «absolument justifiée, importante et nécessaire».
La prochaine étape sera la mise en place d’un cadre juridique pour la création de sociétés de médecins.
Le nombre de lits hospitaliers revu à la hausse
L’extension de l’offre extrahospitalière s’accompagne d’un relèvement de la capacité hospitalière maximale en vue de 2040.
Le total de lits pourra augmenter de 598 unités pour arriver à 3 745 lits théoriquement disponibles. Le nombre de lits aigus passe de 2 350 à 2 745 unités (+395), celui de lits de moyen séjour de 710 à 840 unités (+130) et celui de lits longue durée de 87 à 160 unités (+87). Parmi les lits aigus figurent 200 lits de réserve sanitaire, qui sont mobilisés en cas de crise majeure (accident majeur, attentat, pandémie, etc.).
L’ajustement de la planification hospitalière renforce de manière significative les services de psychiatrie, avec la création d’unités dédiées aux mineurs et aux patients nécessitant une prise en charge de longue durée. Le Centre hospitalier neuro-psychiatrique sera autorisé de passer de 180 à 240 lits. Le Rehazenter pourra passer de 100 à 150 lits.