Sharon March, membre et ancienne présidente des Republicans Overseas Luxembourg, réagit quant à la politique de Donald Trump et sur la crise que traversent actuellement les États-Unis.
Quel bilan faites-vous après cette première année du second mandat de Donald Trump?
Sharon March : Je pense que Donald Trump a accompli beaucoup de choses. Il a pris des initiatives dans les secteurs les plus importants de tout pays comme la politique économique et fiscale, avec en conséquence, une croissance réelle et une augmentation des investissements. Plusieurs milliards de dollars d’investissements nationaux et étrangers, environ 9 500 milliards, sont attendus sur les deux à trois prochaines années. Sur la sécurité aux frontières et l’immigration, les Nations unies et tous les pays, surtout après la Seconde Guerre mondiale, ont affirmé que les frontières et la souveraineté nationale devaient être respectées. Trump a fait de grands progrès dans ce domaine. Enfin sur l’énergie et la politique étrangère : comme vous le savez, il a parlé d’indépendance énergétique des États-Unis et de l’Europe, ainsi que des dépenses de l’OTAN.
Que pensez-vous de son attitude concernant l’acquisition du Groenland? Êtes-vous favorable à ce que les États-Unis acquièrent ce territoire?
On peut voir cette question sous plusieurs angles. Il y a le point de vue européen, mais aussi le point de vue américain. Les États-Unis sont géographiquement plus proches du Groenland et y ont, par le passé, joué un rôle de protection. Là-bas, les habitants ne seraient pas opposés à un rattachement aux États-Unis, mais souhaitent surtout l’indépendance. Concernant Trump et l’acquisition du Groenland, je pense que c’est mal compris : il ne veut pas réellement l’acquérir, mais s’assurer que les personnes qui souhaitent attaquer les États-Unis ou l’Europe n’aient accès pas au Groenland. C’est un point géographique crucial en matière de sécurité.
Selon vous, Trump affaiblit-il les États-Unis sur la scène internationale?
Je pense qu’il fait un très bon travail pour les intérêts américains. La scène internationale est complexe pour tout dirigeant. Les opinions changent vite et le rôle d’un homme politique est de prendre des décisions difficiles. Je pense que le président Trump cherche à rendre le monde un peu plus sûr, qu’il soit admiré ou non.
Beaucoup de personnes qui protestent ne savent pas réellement pourquoi elles le font
À propos de Minneapolis, que pensez-vous de la manière dont les évènements y sont gérés par l’administration Trump?
À première vue, cela ne semble pas positif. Les États-Unis ont un problème depuis 30 à 40 ans, qui a atteint un point culminant en 2025-2026. Beaucoup de personnes qui protestent ne savent pas réellement pourquoi elles le font, et beaucoup sont payées pour participer. C’est quelque chose que l’Europe n’a pas encore connu à grande échelle. Il est problématique que des personnes participent à des manifestations sans connaître la situation locale, simplement avec des banderoles, en faisant du bruit, sans réel engagement. À Minneapolis, ces protestations ont été largement organisées par des ONG. Les États-Unis sont en réalité 50 pays réunis et traverser les frontières d’un État pour manifester dans un autre reste un acte illégal.
Quelle est votre opinion sur l’action de l’ICE ? Cette agence doit-elle être maintenue par Trump?
L’ICE est une agence fédérale légale, elle applique simplement la loi. Si vous entrez aux États-Unis sans documents légaux et sans statut de réfugié reconnu, vous n’avez pas le droit d’y rester. Essayez d’entrer illégalement en Belgique : tôt ou tard, vous serez retrouvé et devrez partir. Chaque pays a besoin de frontières souveraines.
Selon vous, la politique migratoire actuelle devrait-elle être repensée?
Politiquement, cela ne donne pas une bonne image. Mais Trump a été élu sur cette promesse : se débarrasser des quelque 40 millions de migrants illégaux, qui représentent une charge financière énorme. Ils utilisent un système auquel ils n’ont pas contribué, tandis que d’autres vivent dans la rue. Je pense qu’il faut reconsidérer le fait que des ONG protestent contre quelque chose de légal. En revanche, s’assurer que les personnes présentes aux États-Unis puissent contribuer à la société est essentiel. L’image négative est volontairement créée.
Quelles sont les causes des profondes divisions actuelles aux États-Unis?
Cela se construit depuis les années 1950, s’est accentué dans les années 1960, et rien n’a jamais été fait pour y remédier. Les États-Unis sont un pays de métissage. Pour résumer : on ne peut pas avoir un village de cinq personnes et en accueillir soudainement300 sans perte de cohésion. Les divisions viennent du fait que certaines personnes sont éduquées à détester leur voisin. Tant que les gens ne comprendront pas ce qui se passe réellement, ces divisions persisteront.
Parlez-vous de politique avec vos compatriotes ou évitez-vous le sujet?
Je n’ai jamais évité un sujet inconfortable. En revanche, j’évite de parler à ceux qui ne veulent pas écouter.
Craignez-vous les élections de mi-mandat en novembre?
Ai-je peur? Non. Quel que soit le résultat légal, je l’accepte. Je pense que Trump a de bonnes chances de succès, car ses politiques bénéficient à tous les Américains, dans les 50 États. Être patriotique, c’est accepter le résultat légal.