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LGBTIQ+ dans l’éducation : une obligation non négociable


«La communauté LGBTIQ+ est une réalité de notre société et donc aussi une réalité dans les écoles», a rappelé la ministre Yuriko Backes. (Photo : archives lq/julien garroy)

Les députés ont été informés des actions menées par Yuriko Backes et Claude Meisch en matière de diversité des genres dans les écoles et lycées. Jusqu’aux toilettes unisexes.

La dernière question posée par la députée socialiste Francine Closener résume la position du gouvernement. «J’ai entendu le cas d’un élève qui a demandé à quitter le cours d’éducation sexuelle parce qu’il se sentait mal et que cela ne correspondait pas aux valeurs que lui inculquaient ses parents. L’autorité des parents peut-elle être supérieure à celle de l’école? Comment doit réagir l’enseignant dans ce cas précis?», questionne-t-elle.

Le ministre de l’Éducation nationale est sans appel : «L’enseignant doit chercher à discuter avec l’élève ou le CePAS (NDLR : Centre psycho-social et d’accompagnement scolaires) peut s’en charger (…). Il y a une obligation de suivre les cours et de passer les examens qui s’y rapportent. Il n’y a pas matière à négocier». Il n’existe pas de dispense possible, et si l’école ne peut pas imposer aux parents de penser autrement, ils doivent comprendre que ce sont bien les programmes qui sont appliqués.

Mardi, un an après les pétitions concernant les thématiques LGBTIQ+ dans l’éducation, les députés ont pris connaissance des actions menées par le ministère de l’Égalité des genres et de la Diversité et le ministère de l’Éducation nationale. «La communauté LGBTIQ+ est une réalité de notre société et donc aussi une réalité dans les écoles», a rappelé la ministre Yuriko Backes. Alors que le gouvernement fait tout pour rendre visible cette communauté, les discours de haine se sont amplifiés depuis le débat des deux pétitions publiques, qui avaient récolté chacune plus de 10 000 signatures. Opposants et partisans continuent toujours à s’affronter sur les réseaux sociaux et les commentaires qui sont apparus mardi sur certains forums prouvent à suffisance que la partie n’est pas gagnée pour faire accepter la diversité dans l’école.

Les députés, au contraire, sauf Fred Keup de l’ADR, défendent l’approche gouvernemental, même quand il s’agit de ne plus préciser le genre sur les portes des toilettes dans les halls sportifs. Ce sera déjà le cas au nouveau lycée technique du Centre et ce sera la norme pour toutes les nouvelles constructions éducatives et sportives ou les extensions de l’existant.

Le député ADR estime que dans la société, il doit y avoir 50% de gens qui sont pour et autant qui sont contre. Il en déduit que c’est pareil pour les enseignants. «Il y a des valeurs qui viennent des parents, pour qui il n’existe que deux sexes, et l’école arrive avec des enseignements différents de ces valeurs. Avez-vous du respect pour ces autres valeurs?», interroge Fred Keup. La ministre Yuriko Backes lui rappelle qu’il est question ici de haine, de discrimination et des droits des LGBTIQ+, et que «tout le monde a le droit au même respect», dit-elle en ajoutant que «les enfants doivent grandir avec la notion que les gens sont différents, mais avec les mêmes droits». Fred Keup conseille au gouvernement de ne pas trop en faire parce qu’il craint «une forte réaction» de la part de ceux qui ne partagent pas cette vision des choses.

Les urinoirs disparaissent

Le nouveau système des toilettes et des vestiaires dans les halls sportifs l’interpelle de la même manière et il se demande s’il a bien compris. «Oui, il n’y aura plus d’urinoirs», lui confirme un fonctionnaire. Le député socialiste Georges Engel trouve que c’est une très bonne chose, parce qu’après tout «il n’y a pas de toilettes séparées pour les hommes et les femmes à la maison». En revanche, il se demande si les jeunes qui préfèrent utiliser une cabine de douche séparée ne vont pas être «stigmatisés».

Claude Meisch explique que dans la mesure du possible, les nouveaux établissements scolaires et sportifs devront respecter ces nouveaux principes, tels que la mise en place de vestiaires diversifiés offrant plusieurs niveaux d’intimité, cabines individuelles avec ou sans douche, aménagements sanitaires non genrés avec cabines WC fermées, lavabos communs et espaces de retrait avec banc et miroir.

Concernant la formation des enseignants sur les thématiques LGBTIQ+, les équipes du ministère indiquent que les formations sont globalement très bien perçues, même si le nombre de participants varie d’une année à l’autre, vu que le CePAS propose également une large palette de formations.

Concernant le matériel didactique, il est adapté aux différentes tranches d’âge des élèves et le ministre Claude Meisch a encore précisé qu’il comptait rencontrer annuellement la communauté LGBTIQ+ pour échanger avec elle et recevoir un retour sur la réalité du terrain.

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