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L’État a déboursé 14,5 millions d’euros pour racheter le site Liberty Steel de Dudelange


Les différents sites verront l'implantation d'entreprises artisanales et d'activités liées à la défense. (Photo : hervé montaigu)

En faillite depuis fin novembre 2024, le site de Liberty Steel n’avait pas encore trouvé de repreneur. Le curateur de la société a finalement accepté l’offre de l’État, qui souhaite y développer de nouvelles activités industrielles.

À l’abandon depuis maintenant plus de trois ans, le site dudelangeois de Liberty Steel, dont une partie a commencé à être démantelée, peinait à trouver un repreneur, notamment depuis que le groupe turc Tosyalı s’était retiré des négociations au printemps dernier. Au cours de l’été, le gouvernement avait alors déposé une offre auprès du curateur avec l’objectif de réaménager le site. La proposition a finalement été acceptée, ce qui a poussé les députés socialistes Dan Biancalana et Mars Di Bartolomeo à demander des précisions sur le montant de ce rachat et les activités envisagées par le gouvernement.

Dans sa réponse, le ministre de l’Économie, Lex Delles (DP), a révélé que l’État avait proposé 14,5 millions d’euros TTC pour récupérer le site. «L’offre a été soumise à plusieurs conditions dont celle du maintien en état ainsi que le désintéressement de tous les créanciers privilégiés, notamment les créances salariales et le solde à rembourser à l’ADEM.» L’implantation d’un Handwierkerhaff, un regroupement d’entreprises artisanales, est prévue sur le site ELO qui devrait être reconstruit suivant les principes de la densification des zones d’activités économiques.

«Cette implantation du Handwierkerhaff se fera en plusieurs phases intermédiaires, l’objectif final étant la création de surfaces densifiées supplémentaires répondant aux besoins de l’artisanat», précise le ministre. Le site HDG quant à lui devrait accueillir des activités économiques relevant du secteur de la défense, notamment le Defence Campus. «De manière générale, le ministère de l’Économie veille à mettre des surfaces à la disposition d’entreprises qui génèrent de l’emploi et présentent une opportunité pour le développement économique national.»

Pas de priorité pour les anciens salariés

L’avenir des anciens travailleurs de Liberty Steel inquiétait également les parlementaires, qui souhaitaient savoir s’ils auraient un accès prioritaire aux futurs emplois créés. Le Code du travail prévoit effectivement une priorité de réembauche durant un délai d’un an à compter
de la date de son départ de l’entreprise. «Cependant, il convient de noter que cet article ne s’applique pas en l’espèce parce que la faillite de Liberty Steel en novembre 2024 n’a pas eu pour conséquence des licenciements, mais des cessations de plein droit des différents contrats de travail», précise Lex Delles.

Aucune mesure n’est donc prévue pour que les anciens travailleurs de Liberty Steel aient un accès prioritaire aux emplois.

Des difficultés croissantes

En mai dernier, le retrait fracassant du repreneur turc Tosyali a été vécu comme une véritable douche froide par les 130 salariés que compte encore l’usine Liberty Steel de Dudelange, comme pour les syndicats. «Avec le retrait définitif de Tosyali, on est face à une catastrophe, à une échelle qu’on n’avait pas connue jusqu’ici au Luxembourg», soupirait alors Stefano Araujo, le secrétaire central de l’OGBL.

Lors d’une réunion d’urgence organisée mercredi 21 mai, les ministres Lex Delles et Georges Mischo (Travail) ont conclu avec les syndicats OGBL et LCGB qu’il était indispensable de trouver une solution pour les travailleurs, victimes de bout en bout de cet échec collectif. Lors de cette entrevue, un accord de principe sur l’ouverture du droit à la préretraite-ajustement pour les salariés éligibles avait été établi et la possibilité de la mise en place d’une convention avec le curateur de la faillite avait été évoquée.

Début décembre, les syndicats accusaient le gouvernement d’avoir fait volte-face sur la question des préretraites. «Après plusieurs mois de concertation et des engagements clairs, les deux ministres et leurs conseillers invoquent désormais de prétendus obstacles juridiques», dénonçaient-ils.

Derrière ces tractations administratives, des femmes et des hommes font face à des difficultés croissantes. Victimes d’abord des agissements de leur ancien employeur, puis déçus par le retrait d’un éventuel repreneur, les anciens salariés de Liberty Steel cumulent perte d’emploi et absence de perspectives professionnelles. Pour beaucoup d’entre eux, la préretraite représenterait «la seule issue digne», estiment l’OGBL et le LCGB, qui ajoutent que malgré leur expérience et le manque de main-d’œuvre dans l’industrie luxembourgeoise, ces travailleurs peinent à retrouver un emploi.

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