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Les psychologues du Luxembourg attendent toujours une réglementation


Actuellement au Grand-Duché, n'importe qui peut ouvrir un cabinet et se dire psychologue. (Photo : adobe stock)

Avec la pétition lancée par un citoyen pour réglementer la profession, la Société luxembourgeoise de psychologie espère relancer les négociations avec la ministre de la Santé.

Cinq ans déjà que les psychologues du pays se battent, en vain, pour obtenir un cadre réglementaire autour de leur activité.

Car, contrairement à la plupart des autres pays européens, le Grand-Duché n’a toujours pas légiféré en la matière, permettant à n’importe qui de s’attribuer le titre de psychologue, d’ouvrir librement son cabinet et de recevoir des personnes en consultation.

Ce qui n’est pas sans risque, rappelle Marc Stein, président de la Société luxembourgeoise de psychologie (SLP) : «Nous recevons régulièrement des signalements de la part de personnes qui finissent par se poser des questions face à des tarifs exorbitants ou des prises en charge qui leur semblent bizarres.»

Avec parfois des conséquences graves : «Sans la formation et les compétences adéquates, il est compliqué d’accompagner des personnes en grande détresse. J’ai en tête le cas d’une femme qui a fini par mettre fin à ses jours. L’une de ses amies nous avait questionnés a posteriori sur le profil de son praticien.»

Une liste pour se repérer

L’association, qui compte 630 membres, n’a malheureusement aucun pouvoir. En l’absence de contrôle étatique, elle a néanmoins mis en place, avec ses propres moyens, une liste de psychologues dont l’expertise est reconnue.

«Nous examinons les candidatures au sein de notre commission d’adhésion pour contrôler les diplômes. On demande cinq ans d’études, soit 300 ECTS, l’équivalent d’un bachelor suivi d’un master en psychologie», précise Pascal Recchia, secrétaire de la SLP. «Et tous nos membres s’engagent à appliquer le code de déontologie.»

Une initiative louable, qui n’empêche pas certains de ces psychologues autoproclamés de poursuivre leur activité en cas de refus. D’où la nécessité d’instaurer un contrôle par les autorités.

Cela permettrait également de disposer de statistiques sur ce secteur frappé par une pénurie. «Connaître exactement le profil de chacun – social, éducation, sport, santé, travail, etc. – constituerait une plus-value», note Marc Stein.

Différences entre les professions dédiées à la santé mentale au Luxembourg. (source : cns)

En 2023, à l’issue des élections législatives, la SLP avait bien obtenu une première victoire à travers la promesse de «réglementer la profession de psychologue» inscrite dans l’accord de coalition du nouveau gouvernement CSV-DP. Mais depuis une première rencontre «constructive» en juin 2025, la ministre de la Santé, Martine Deprez, est aux abonnés absents.

«On avait bon espoir que le dossier avance. Nous avions convenu de nous revoir à la rentrée de septembre, mais il n’y a eu aucune suite malgré nos demandes répétées», déplore le président de la SLP, qui indique avoir appelé le ministère encore ces derniers jours.

Une pétition lancée

Début février, les membres de la SLP ont été contactés par un jeune citoyen déterminé à faire bouger les lignes en soumettant une pétition publique sur le site de la Chambre des députés. «Ce n’est pas notre initiative, mais cette pétition défend nos revendications, donc nous la soutenons. Peut-être pourra-t-elle remettre la question dans le débat public?»

Intitulée «Réglementation et protection du titre de psychologue au Luxembourg», la pétition introduite par Brix Wilmes réclame l’obligation d’obtenir une autorisation d’exercer pour tout psychologue, basée sur des qualifications minimales claires, et la mise en place d’un système de contrôle afin de garantir la qualité des prestations et de protéger les patients contre les abus.

À ce jour, elle compte quelque 700 signataires sur les 5 000 nécessaires pour rencontrer les députés.

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