Une centaine d’enfants âgés de huit à douze ans ont participé, jeudi, à la nouvelle édition du DigiRallye de Bee Secure, un évènement visant à la sensibilisation aux usages du numérique.
Le campus scolaire Geesseknäppchen, à Luxembourg, était joyeusement animé par une centaine d’enfants venus de tout le Grand-Duché, jeudi matin. Tous participaient à une mission imaginée et mise en place par le Service national de la jeunesse (SNJ) à l’occasion de la nouvelle édition du DigiRallye de Bee Secure, l’initiative gouvernementale qui vise à sensibiliser à l’usage raisonné et responsable des outils numériques.
Organisé deux fois par an, depuis 2015, l’évènement cible les enfants des maisons relais âgés de huit à douze ans. Cette 19e édition a pour particularité de jouer la carte de l’absence d’écran. «Il s’agit, aujourd’hui, de les amener à réfléchir aux risques qu’ils peuvent rencontrer sur internet via des ateliers totalement analogues durant lesquels ils sont confrontés aux défis présents sur les réseaux sociaux et plus généralement dans le monde numérique», expose Elise Laera, chargée de projets à Bee Secure.
Une journée sans écran
Un parti pris qui permet de rendre concrets des sujets comme le cyberharcèlement, la sécurité des données ou encore le développement de l’esprit critique. «On commence à les informer tôt car certains utilisent les téléphones de leur grand frère ou de leur grande sœur, jouent aux jeux vidéo…», détaille, Elise Laera.
La mission créée pour ce DigiRallye confronte les enfants à une coupure de courant géante. Tous doivent explorer les usages numériques… sans électricité. Ce n’est qu’une fois qu’ils auront parcouru l’ensemble des six ateliers concoctés par les équipes de Bee Secure qu’ils pourront remettre en marche le courant grâce à une affiche interactive. À 10 h, dans la grande salle du forum, une exclamation de surprise se fait entendre au moment où, après un court décompte, les lumières s’éteignent dans l’immense pièce. Le top départ est lancé et les six groupes d’enfants se dirigent chacun vers une salle afin de se mesurer à un défi.
Travailler ensemble
La collaboration est au centre de bon nombre de ces activités. Parmi les plus remarquable, on retrouve un atelier dont le principe est la construction d’une tour. «C’est un travail d’équipe, tout le monde a son importance dans le montage et surtout, personne ne peut être exclu», explique Elise Laera. Un peu plus loin, les enfants apprennent la programmation de façon ludique. «L’un d’entre nous a les yeux bandés, il représente le robot. Nous, nous devons coder en plaçant des feuilles au sol pour lui indiquer une destination à suivre», explique Théo, âgé de dix ans. «On connaissait déjà le principe du code», renchérit Tim, 11 ans.
À un autre étage de la structure, un groupe travaille sur le principe de «livre de l’amitié» dont les pages contiennent des photos et des informations personnelles. «Avec cet exemple, on met les enfants face aux problèmes de sécurité de données», décrit la chargée de projets. «C’est un parallèle avec les réseaux sociaux sur lesquels on publie et on partage énormément de nos données sans nous poser beaucoup de questions. Rapidement, on perd la main sur ces datas.»
Choisir et réfléchir
Plusieurs angles autour du numérique sont abordés lors de cette journée de sensibilisation, dont l’esprit critique. Dans l’une des salles du forum, il est demandé aux enfants de prendre position et de s’exprimer sur un sujet ou une situation. Un exercice qui leur permet, d’une part, de s’affirmer mais aussi, de l’autre, d’observer la diversité des points de vue et «que certains mots peuvent blesser», ajoute Elise Laera. Dans le même ordre d’idées, les petits participants s’amusent, courent et rigolent en imaginant des tendances virales sur les réseaux sociaux. Ils ont le choix entre plusieurs stations et décident eux-mêmes ce qu’ils ont envie de faire ou pas.
À la fin de la journée, les enfants ont pu, via une affiche interactive, réactiver symboliquement l’électricité, grâce aux notions qu’ils ont acquises durant l’ensemble de la journée. Des règles qui les incitent, par exemple, à réfléchir avant de cliquer, à faire des pauses régulières lorsqu’ils utilisent des écrans et à ne pas divulguer leurs informations personnelles.