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Le réseau Visupol élargi : 48 nouvelles caméras à Differdange


Le parc Gerlache à Differdange, dans un quartier présenté comme prioritaire en matière de sécurité, est désormais surveillé par le réseau Visupol. (Photo : hervé montaigu)

C’est un projet de longue date qui vient de se concrétiser : les rues du centre-ville de Differdange sont désormais surveillées à distance par la police de la ville de Luxembourg.

Pour la première fois, le réseau Visupol s’étend à d’autres communes que la capitale. Le système de vidéoprotection a été officiellement inauguré ce vendredi au parc Gerlache à Differdange, un quartier présenté comme prioritaire en matière de sécurité. Après plusieurs années de préparation, le dispositif marque l’aboutissement d’un projet politique et technique de longue haleine, mené en étroite collaboration avec la police et les autorités compétentes en matière de protection des données.

Au total, 48 caméras ont été installées. «Ça fait deux ans qu’on est en train», rappelle Guy Altmeisch, le bourgmestre de Differdange, soulignant que le projet s’inscrit dans une démarche entamée de longue date. «Depuis six ans, je me bats pour les avoir. Maintenant, cela fait deux ans et demi que je suis en fonction, le moment est venu de concrétiser ce projet», déclare le socialiste, commissaire de police à la retraite.

Le responsable communal insiste sur le respect strict du cadre légal ayant entouré le déploiement du système. «Tout a été fait en respectant les lois, notamment l’utilisation et la protection des données, et en respectant toutes les demandes, en coopération avec la police locale, la police régionale, la direction de la police», s’enorgueillit-il, évoquant également les délais nécessaires à l’obtention des autorisations et des moyens budgétaires.

Renforcer la sécurité du quotidien

L’objectif affiché de Visupol est avant tout d’améliorer le sentiment de sécurité dans l’espace public. «C’est afin d’augmenter le sentiment de sécurité pour les habitants du quartier. Pour tous : les jeunes, les moins jeunes, pour tous les citoyens», souligne Guy Altmeisch. Il évoque également les difficultés rencontrées par certains habitants par le passé, notamment des personnes âgées qui «n’osaient plus sortir le soir quand il faisait nuit».

Selon lui, la vidéoprotection doit permettre à chacun de se réapproprier les espaces publics, y compris les aires de jeux et les zones de promenade. «Il y avait des gens qui avaient un sentiment d’insécurité», rappelle-t-il, en référence à des situations de consommation de drogue et de trafic ayant marqué le quartier. «Ce sont mes 35 ans d’expérience dans la police qui parle!»

Guy Altmeisch tient toutefois à rappeler que Visupol ne constitue qu’un élément d’un dispositif plus large. «Il n’y a pas que les caméras pour la sécurité», insiste le bourgmestre, citant notamment le travail de prévention dans les écoles, l’action des travailleurs de rue présents «de 8 heures du matin jusqu’à 10 heures du soir», ainsi que l’implication des offices sociaux et des différentes forces de police. «C’est un ensemble qui doit fonctionner, sinon ça ne marche pas», appuie-t-il.

Un outil de prévention et de preuve

Du côté de l’État, le projet s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’équilibre entre sécurité et libertés individuelles. «On ne fixe pas des règles pour restreindre la liberté, mais pour la garantir», souligne Léon Gloden, le ministre des Affaires intérieures, présent à l’inauguration. «Sans sécurité, il n’y a pas de liberté dans l’espace public», ajoute-t-il, mettant en avant le double rôle du système : la prévention et la répression, en fournissant des éléments de preuve en cas d’infraction.

Depuis 2021, le nombre d’affaires où des images issues du système de vidéoprotection déployé dans la capitale ont été exploitées est en nette augmentation, passant de 460 à 638 cas, notamment dans des dossiers de vandalisme, de trafic de stupéfiants, de cambriolages ou de violences urbaines.

Sur le plan législatif, une loi adoptée en octobre dernier simplifie les procédures d’autorisation pour l’installation de caméras dans l’espace public. Le ministre des Affaires intérieures, Léon Gloden, estimait que le cadre précédent était «excessivement lourd», freinant l’extension rapide du réseau. Differdange en a fait les frais. Cette réforme prévoit notamment la participation obligatoire de la Commission consultative des droits de l’homme pour garantir le respect des libertés fondamentales.

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