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Le Luxembourg compte de plus en plus de jeunes


Avec des études supérieures plus longues, les jeunes arrivent sur le marché de l’emploi et fondent une famille de plus en plus tard. (Photo: archives editpress/didier sylvestre)

D’après les résultats de son recensement, le Statec a dressé un portrait de la jeunesse au Luxembourg. Une population en perpétuelle transition.

Est-on jeune jusqu’à 25, 30, 40 ou 50 ans ? Chacun a sans doute sa propre réponse à la question. Mais s’il est difficile de se voir vieillir, il est également de plus en plus compliqué de définir la jeunesse ainsi qu’un âge limite tant les bouleversements de la société ont fortement transformé les parcours de vie. Grâce au chiffre de son dernier recensement, le Statec essaye néanmoins de dresser une image de la jeunesse luxembourgeoise entre 2011 et 2021. Et pour saisir au mieux cette population aux nombreuses facettes, l’institut a décidé d’élargir ses critères d’âge de 25 à 39 ans.

Des jeunes de plus en plus nombreux

La première tendance qui se dessine est liée à la forte dynamique migratoire que connaît le Grand-Duché. Entre 2011 et 2021, la part des personnes nées à l’étranger est passée de 38,9 % à 49,2 %. «La population totale a ainsi augmenté de plus de 130 000 personnes, soit une hausse de 25 %», explique le Statec. Parmi ces nouveaux arrivants, on compte bien évidemment des jeunes dont la population a logiquement augmenté avec une croissance de près de 62 000 personnes en 10 ans. «Cependant, en raison du vieillissement de la population, la proportion des jeunes a légèrement diminué, passant de 51,4 % en 2011 à 50,5 % en 2021.» SI l’on s’intéresse de plus près au moins de 20 ans, l’impact migratoire est en revanche moins présent. «En 2021, moins d’un quart des jeunes de moins de 20 ans (23,9 %) sont nés à l’étranger, la majorité est née au Luxembourg, analyse le Statec. Cela dit, une part importante de ces jeunes est issue de familles immigrées.»

Mais cette augmentation globale des jeunes ne s’explique pas que par les phénomènes migratoires. Parmi les moins de 40 ans, 166 384 étaient nés au Luxembourg en 2011 contre 184 984 en 2021. «Cependant, comme la croissance des jeunes nés à l’étranger est plus rapide, la part des natifs du Luxembourg a diminué, passant de 63,1 % à 56,8 %.» Les pays d’origine de ces jeunes sont le Portugal, qui reste une part importante de l’immigration, même si l’on note une baisse, la France et l’Italie.

Des vies professionnelle et familiale toujours plus tardives

C’est un phénomène qui est constaté depuis de nombreuses années. Avec l’augmentation de la durée des études, l’entrée dans la vie active, et par conséquent dans la vie familiale, se fait de plus en plus tard. Les chiffres du Statec confirment cette tendance. L’âge médian de fin d’études des hommes est situé autour de 22,5 ans, contre 23,5 pour les femmes, l’âge du premier emploi a ainsi avancé d’un an depuis 2011. «Au-delà de 30 ans, seuls 3% des hommes n’entrent pas dans la vie active, notamment pour des raisons médicales ou d’invalidité, précise le Statec. Pour les femmes, les 10% d’inactives observées au-delà de l’âge de 30 ans sont avant tout des mères de famille se consacrant à la garde de leurs enfants, un choix plus fréquemment observé dans les familles d’expatriés vivant au Luxembourg.»

La parentalité a suivi le même chemin. L’âge médian pour quitter le foyer parental est de 26 ans pour les femmes et 27 ans pour les hommes, tandis qu’à 28 ans, la moitié des femmes vivent en couple, contre 31 ans pour les hommes. Enfin, l’âge médian pour avoir au moins un enfant à charge est de 32,5 ans chez les femmes et de 35 ans chez les hommes.

Les lusophones fondent une famille plus tôt

Si les transitions vers la vie professionnelle et familiale se font de plus en plus tard, on note des différences culturelles. Les lusophones se distinguent par exemple par une précocité marquée sur ces sujets. Entre 22 et 26 ans, 76,5 % des hommes lusophones ont un emploi, contre seulement 42,8 % des germanophones. De même, chez les femmes de 33 à 37 ans, 78,1 % des lusophones ont au moins un enfant à charge, contre 50,1 % des italophones.

Des ménages diversifiés

Les jeunes connaissent également de nombreux types de ménages, plus diversifiés que leurs aînés. Si leur enfance se passe généralement au sein d’une famille composée d’un couple, les choses se complexifient quand il s’agit de quitter le foyer. On note alors une multiplication des types de ménages, en particulier entre 25 et 34 ans, avec une forte proportion de personnes vivant seules ou en colocation. Les couples sans enfant sont aussi très nombreux. «Au-delà de l’âge de 30 ans, le couple avec enfant devient progressivement majoritaire, même si les autres modes de vie se maintiennent», conclut le Statec.