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Le Grand-Duché réaffirme son soutien indéfectible à l’UNRWA


Xavier Bettel a salué le travail de Philippe Lazzarini et les équipes de l'UNRWA malgré les obstacles sur leur chemin. (Photo : editpress/ julien garroy)

En visite officielle au Grand-Duché, Philippe Lazzarini, commissaire général de l’UNRWA, a reçu un hommage appuyé de Xavier Bettel alors que l’agence de l’ONU engagée en Palestine ne cesse d’être attaquée par Israël.

«Être considérés comme des boucs émissaires, devenir persona non grata, être tenus pour responsables des maux de toute une région, perdre des collaborateurs tués, avoir une pression permanente et des moyens qui se réduisent», voici autant de raisons pour Xavier Bettel de rendre hommage à son invité du jour, Philippe Lazzarini. Ce dernier, de nationalité suisse et italienne, s’est déplacé au Grand-Duché vendredi en sa qualité de commissaire général du programme de l’Organisation des Nations unies pour l’aide aux réfugiés de Palestine : l’UNRWA.

Au sein du conflit israélo-palestinien, cet acronyme est plus qu’un organisme humanitaire. Comme évoqué par le vice-Premier ministre luxembourgeois, l’UNRWA est la cible de critiques, pressions et dommages depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 : «Il était logique pour certains que l’UNRWA soit responsable, si ce n’est presque auteur, de ce qu’il s’est passé». L’État hébreu avait en effet affirmé que l’agence de l’ONU était complice du Hamas et que douze de ses employés auraient participé au 7-octobre, après quoi une quinzaine de pays donateurs avaient annoncé en janvier 2024 suspendre leurs aides financières pour l’agence.

 

«L’UNRWA veut la paix plus que personne»

Après ses accusations avancées sans preuves, Israël a ensuite adopté des lois à la Knesset, son parlement, afin d’interdire les activités de l’UNRWA sur son territoire et rompre avec elle toutes relations diplomatiques. «Le commissaire Nazzarini était presque le chef d’une organisation terroriste mais quand je confrontais nos homologues israéliens à la vérité, ils avaient peu d’arguments.» Rendu public en avril 2024, l’audit mandaté par l’ONU pour évaluer l’activité de l’organisme a finalement donné raison aux pays qui, comme le Grand-Duché, avaient décidé de ne pas suspendre leur financement.

«Les enquêtes l’ont démontré, l’UNRWA n’est pas l’auteur, ni l’idéologue derrière les attaques et, au contraire, l’UNRWA veut la paix plus que personne». Le vice-Premier ministre a également évoqué ses trois déplacements en Palestine en 2024 durant lesquels «j’ai pu m’imaginer ce que serait une Palestine sans l’UNRWA,  il n’y aurait pas de soins, pas d’éducation». «Nous l’avons bien vu avec la distribution de nourriture. Ne pas la donner à l’UNRWA a eu pour conséquences que des gens meurent pour essayer d’avoir à manger.»

En évoquant le droit international, Xavier Bettel a également tenu à saluer la mémoire des 390 membres de l’organisme tués depuis le début du conflit en octobre 2023, tout en déplorant la démolition du siège de l’agence à Jérusalem le 20 janvier dernier. «Nous continuerons à aider tant que nous le pouvons» a-t-il promis.

 

Un futur bureau à Luxembourg

Face à ce plaidoyer pour son organisme, Philippe Lazzarini a chaudement exprimé «une profonde gratitude pour le Grand-Duché, pour son soutien et sa solidarité auprès des Palestiniens». Preuve en est, la réception du commissaire général à la Chambre des députés par la Commission des affaires étrangères ainsi que le Grand-Duc Guillaume. «Nous avons un partenariat diplomatique, politique et financier qui montre qu’en Europe, nous n’avons pas complètement le sens de la solidarité. Merci au Luxembourg d’être un aussi bon partenaire» a-t-il salué.

La relation devrait même se renforcer. L’installation d’un bureau de l’UNRWA dans la capitale a été officialisée. «Nous avons un projet de partenariat sur la question des archives digitales de l’organisation et de la cybersécurité qui est train de prendre forme» a annoncé le commissaire général, sans donner de date ni plus de précisions. «En venant ici, l’objectif est de laisser un héritage et préserver l’histoire des réfugiés palestiniens, jusqu’au jour où nous aurons un état et des institutions palestiniennes en mesure de reprendre cet héritage.»

Sur place, le représentant de l’agence a assuré que, «malgré toutes les contraintes, nous sommes toujours très actifs». En Cisjordanie, les écoles et centres de santé gérés par l’UNRWA restent ouverts et comptent près de 4 000 employés. Dans la bande de Gaza, ils sont 12 000 à travailler pour la santé publique, l’éducation, l’accès à l’eau potable ou encore la gestion des déchets. Concernant le cessez-le-feu, «il n’a de cessez-le-feu que de nom» alerte Philippe Lazzarini qui cite «des multiples violations, 500 morts dont 100 enfants et des agressions quotidiennes de colons en Cisjordanie».

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