Accueil | A la Une | Le duo Georges Engel – Maxime Miltgen prend les rênes du LSAP

Le duo Georges Engel – Maxime Miltgen prend les rênes du LSAP


Georges Engel et Maxime Miltgen vont mener le LSAP vers les échéances électorales de 2028 et 2029. (Photo : fabrizio pizzolante)

Réuni en congrès ce samedi, le LSAP s’est doté d’une nouvelle direction et d’un programme fondamental présenté comme une «boussole» pour retrouver le pouvoir après les législatives de 2028.

Sur le coup de 10h, Francine Closener et Dan Biancalana, en poste depuis 2022, ont pu clamer «Mission accomplie». Ils venaient d’obtenir la décharge des 300 militants réunis à Luxembourg-Hollerich lors de leur dernier congrès national comme coprésidents. Trois heures plus tard, les deux dirigeants sont remontés sur la scène de la discothèque «Encore» pour officialiser leur succession. Le député et ancien ministre Georges Engel prend le relais aux côtés de Maxime Miltgen, présidente sortante des Femmes socialistes et conseillère à Luxembourg.

Un des enjeux de la matinée était le score des deux nouveaux leaders du LSAP. Georges Engel a obtenu le soutien de 90,4 % des délégués, contre 78,48 % pour Maxime Miltgen. La direction du parti est complétée par le nouveau vice-président Max Molitor (90,4 %). Le secrétaire général Sacha Pulli (93,04 %) a été confirmé à son poste.

Un très large soutien des militants

La mission fixée à l’équipe dirigeante renouvelée est claire : ramener le LSAP au pouvoir après les élections législatives d’octobre 2028. La base d’un futur succès électoral doit être le nouveau programme fondamental, adopté samedi par 91 % des militants présents au congrès. Rien de révolutionnaire dans ce document de douze pages, mais, selon Sacha Pulli, il constitue une «boussole qui nous donne une orientation, surtout en ces temps de bouleversements et de transformations».

Dans les différentes interventions, le terme de «boussole» est revenu à plusieurs reprises. Le «courage» a été un autre mot-clé des discours, notamment celui de Maxime Miltgen. «Pour pouvoir mettre en œuvre notre vision et nos idéaux sociaux, nous avons besoin d’un parti fort, porté par ses membres. Vous êtes notre boussole. Les meilleures idées ne sont pas imposées du haut vers le bas, mais viennent de la base, de celles et ceux qui sont engagés tous les jours sur le terrain», a affirmé la nouvelle coprésidente.

«Nous avons assumer une certaine radicalité»

«Pour défendre nos convictions, nous avons besoin de courage : le courage de proposer des solutions concrètes, de tenir un discours clair et, oui, d’assumer une certaine radicalité, dans le meilleur sens du terme. La radicalité de s’attaquer à la racine du problème», renchérit Maxime Miltgen. Elle plaide aussi pour le «courage de remettre en question certains privilèges», notamment ceux «de personnes qui vivent exclusivement de leur patrimoine, de grands héritages ou de leur foncier». «La richesse se transmet d’une génération à l’autre, la pauvreté aussi», déplore-t-elle.

Sacha Pulli clame que la justice fiscale doit être une des priorités. «Il n’est plus acceptable que ceux qui se lèvent tous les jours pour aller travailler sont imposés cinq fois plus que ceux qui vivent de leur patrimoine. Le capital improductif et les héritages doivent être imposés de manière progressive», développe le secrétaire général en s’appuyant sur le programme fondamental.

Les rares discussions lors du congrès ont tourné autour de formulations concernant le «capitalisme débridé», un terme finalement ajusté dans la version allemande de la feuille de route socialiste.

En prévision des rendez-vous électoraux de 2028 (législatives) et 2029 (communales et européennes), la coprésidence, élue pour un mandat de trois ans, se dit prête à pleinement assumer ses responsabilités. «Notre parti doit être celui qui se profile comme alternative claire, forte et sociale. Une alternative avec des propres idées et solutions, avec une vision pour notre pays», énumère Maxime Miltgen.

«Nous ne reculons pas devant le conflit»

Les vieilles recettes, qui seraient appliquées par le gouvernement au pouvoir, ne feraient qu’«aggraver» les problèmes existants. «On doit s’engager sur de nouveaux chemins que nous avons omis d’emprunter jusqu’à présent. Cela vaut particulièrement pour nous qui ambitionnons à changer les choses», avance la coprésidente. Pour le CSV et au DP «l’opportunisme est devenu la nouvelle boussole.»

«Le CSV et le DP nous rendent comme opposition la vie facile. Il faut que le gouvernement, très libéral, prenne au sérieux les besoins des gens et ne s’occupe pas seulement de quelques heureux élus», ajoute Georges Engel.

Après le logement et l’éducation, le LSAP compte se positionner davantage sur le travail dans les mois à venir. «Deux autres dossiers vont être abordés, mais je veux garder un peu le suspense. Dans leur ensemble, il s’agira de nos points forts pour la prochaine campagne électorale», évoque encore le nouveau chef de file du Parti socialiste.

«Nous ne vous promettons pas que ce sera simple, mais nous vous promettons de prendre clairement position. Nous ne reculons pas devant le conflit. Nous défendons nos convictions et n’allons laisser personne de côté», clament ensemble Georges Engel et Maxime Miltgen, avant de conclure : «Si nous faisons bloc, nous sommes une force pour promouvoir le changement et la justice sociale».

Newsletter du Quotidien

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez tous les jours notre sélection de l'actualité.

En cliquant sur "Je m'inscris" vous acceptez de recevoir les newsletters du Quotidien ainsi que les conditions d'utilisation et la politique de protection des données personnelles conformément au RGPD.