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L’ADR continue de nager à contre-courant


Les ténors de l’ADR, Alexandra Schoos et Fred Keup (au c.), gardent le sourire. Ils siègent à la Chambre aux côtés de Jeff Engelen (à g.), Dan Hardy (2e de g.) et Tom Weidig.

Le parti d’opposition, renforcé lors des derniers scrutins, assume son rôle de formation «inconfortable», que ce soit par rapport à la réforme des pensions, la liberté d’expression ou la guerre en Ukraine.

Lors des élections législatives d’octobre 2023, l’ADR a décroché cinq mandats, permettant de dépasser un de ses ennemis jurés, déi gréng. La même année, le parti a réussi à renforcer son assise dans les communes. Et puis, Fernand Kartheiser a réussi à obtenir, en juin 2024, un tout premier siège pour l’ADR au Parlement européen.

Ces succès n’auraient pas été possibles sans le soutien inconditionnel des membres. «C’est grâce à vous que nous pouvons envisager l’avenir avec confiance, un avenir qui verra l’ADR consolider son importance au sein de notre société», soulignait déjà l’invitation au congrès, organisé hier matin à Clervaux. Ils étaient quelque 150 à avoir fait le déplacement dans l’Oesling.

«L’ADR va continuer à grandir et restera un partenaire fiable sur la scène politique luxembourgeoise. Nous sommes inconfortables, mais constructifs», clame Alexandra Schoos, élue présidente lors du congrès de mars 2024, en succession à Fred Keup.

Trois thématiques ont dominé les interventions des ténors du parti : les propositions pour rendre viable le système des retraites, la défense inconditionnelle de la liberté d’expression et les négociations de paix entamées entre les États-Unis et la Russie afin de mettre fin à la guerre en Ukraine.

Alexandra Schoos a répété devant les membres de l’ADR les propositions soumises lors du récent débat à la Chambre sur les pensions. Pour rappel, l’ADR plaide pour relever progressivement les cotisations de 8 % à 9 %, sur une décennie, entre 2026 et 2036, soit 0,1 % par an. Si l’âge légal de départ à la retraite resterait maintenu à 65 ans, le parti réformateur envisage d’augmenter d’un an les seuils pour une retraite anticipée : de 57 à 58 ans et de 60 à 61 ans. Une nouvelle fois, cette évolution se ferait sur 12 ans, soit un mois supplémentaire à prester sur cette période.

L’ADR aurait ainsi été le seul parti à mettre sur la table des mesures concrètes. Des mesures nécessaires pour sortir du «piège de la croissance», une autre thématique majeure défendue par l’ADR. Pour financer les pensions à long terme, il faudrait que le Luxembourg dispose en 2070 de 1 715 000 employés afin d’assurer le versement de 745 000 retraites. «Cela est inimaginable et je pense que personne ne veut d’un tel scénario», avait clamé la députée et présidente du parti à la tribune de la Chambre. 

Kartheiser défend la position de Trump

Le chef de fraction Fred Keup s’est lui attaqué au LSAP et à déi gréng, qui traiteraient l’ADR de parti de tous les dangers. Or, en démocratie, il faudrait «accepter tous les avis» en «respectant ses concurrents politiques». «Il faut respecter et promouvoir la liberté d’expression, même si les avis divergents ne conviennent pas à tous», avait déjà défendu Fred Keup lors d’un récent débat à la Chambre sur le renforcement de la démocratie. Hier, il a même estimé que «l’ADR est le parti le plus démocratique de tous».

Fernand Kartheiser voit également la liberté d’expression en danger. Il renvoie vers la réglementation européenne sur les services numériques, le «Digital Services Act». La transposition de ce paquet législatif ficelé par la Commission européenne doit être adoptée ce mercredi par la Chambre des députés.

Le député européen de l’ADR s’est bien davantage fait remarquer avec sa position sur la guerre en Ukraine. Il avait préparé le terrain dès vendredi, lors d’une intervention sur la chaîne de son parti, «ADR-Tëlee». Ce ne serait pas un «instinct impérialiste» qui aurait amené la Russie à agresser son voisin. Kiev et les pays occidentaux auraient manqué à «respecter» certains traités. Il a aussi défendu la position du président américain Donald Trump, qui ne parle plus de «guerre d’agression», mais d’une «guerre par procuration entre les États-Unis et la Russie».

Aujourd’hui, l’UE chercherait «à construire une crise» pour justifier le réarmemement. De plus, les pays européens sont accusés de «bloquer» les efforts des États-Unis et de la Russie pour négocier un accord de paix. Fernand Kartheiser critique le refus de lever les sanctions, demande de Moscou pour signer un cessez-le-feu.