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La Fedil dénonce «une spirale salariale destructrice d’emplois»


La Fedil et son directeur, René Winkin, s'opposent à toute revalorisation structurelle du salaire minimum. (Photo : archives lq/fabrizio pizzolante)

La Fédération des industriels fustige une possible hausse du salaire minimum. La crise de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient devrait définitivement enterrer une revalorisation.

Le 10 mars, la Fédération des artisans était la première montée en premier pour dénoncer toute augmentation «politique» du salaire social minimum. L’association patronale avait notamment avancé qu’une augmentation structurelle aurait avant tout un effet sur les prix : 59 % des entreprises affirment dans une enquête qu’elles devraient augmenter leurs prix, ne pouvant absorber cette hausse sans gains de productivité. Dix-sept pour cent réduiraient en outre le nombre de leurs salariés non qualifiés, une situation d’autant plus problématique que le chômage augmente.

Autre chiffre avancé : entre les indexations automatiques et les réévaluations régulières, le salaire minimum aurait déjà augmenté de 17 % en trois ans et de près de 40 % depuis 2016.

Pour éviter une surcharge financière des entreprises, la Fédération des artisans a émis deux revendications assez radiales : geler le montant du salaire social minimum pour les personnes non qualifiées et abolir le salarie minimum pour travailleurs qualifiés.

Depuis cette sortie remarquée, la donne économique s’est dégradée en raison de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Un conflit qui s’étend toujours plus à l’ensemble du Moyen-Orient. Jeudi, les attaques mutuelles contre les sites de production de pétrole et de gaz dans les pays du Golfe se sont ajoutées au blocage du détroit d’Ormuz.

«Dans ce contexte marqué par l’incertitude, la Fedil souligne dans un communiqué, diffusé jeudi soir, «l’importance d’anticiper ensemble avec le gouvernement les effets sur l’inflation et sur l’activité économique, et de préparer à temps des mesures correctives». En marge du sommet européen, le Premier ministre, Luc Frieden, avait mis en perspective des mesures ciblées si les citoyens et les entreprises se voient confrontés à une «hausse substantielle» des prix de l’énergie. Le moment d’agir ne serait cependant pas encore venu.

«Aucune contrainte européenne»

En attendant, la Fédération des industriels se veut très claire sur la question du salaire social minimum. Elle affirme s’opposer «résolument» à l’augmentation structurelle réclamée par le camp syndical.

«Inquiétée par la grande insécurité qui plane sur le marché de l’emploi, la Fedil met en garde contre les signaux particulièrement négatifs et non désirables que susciterait une prolongation des discussions actuelles et des spéculations superflues. Le gouvernement doit rapidement clarifier sa position», peut-on lire dans le communiqué précité.

Le ministre du Travail, Marc Spautz, a précisé ce vendredi à nos confrères de RTL et de la radio 100,7 que le gouvernement n’avait pas encore tranché la question (lire ci-dessus). La Fedil met en garde l’exécutif formé par le CSV et le DP : «S’il envisageait d’amplifier davantage la spirale salariale destructrice d’emplois dans le secteur privé, il devrait pleinement assumer ses responsabilités dans la suite.»

La Fédération des industriels note aussi qu’«aucune contrainte européenne» n’oblige le Luxembourg à revoir à la hausse son salaire minimum. Une éventuelle compensation financière, une option qui serait étudiée par le gouvernement (lire également ci-dessus), ne serait pas suffisante pour compenser le lourd impact sur les entreprises.

Le camp patronal, tout comme les syndicats, est convié mercredi prochain à une nouvelle réunion bilatérale avec le ministre Spautz.

 

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