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Fusillade de Villerupt : «J’ai cru à un attentat», dit une témoin devant la cour


(Photo : archives/Le Républicain lorrain)

La peur d’«un attentat», un jeune «miraculé» et des séquelles, physiques ou psychologiques : la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle se penche mercredi sur les répercussions, pour les témoins et les victimes, de la fusillade de Villerupt en 2023 qui avait fait cinq blessés, dont trois grièvement.

«J’ai cru à un attentat», a raconté devant la cour une habitante de Villerupt aujourd’hui âgée de 41 ans, qui a assisté à l’arrivée du tireur sur les lieux, alors qu’elle attendait son bus. En cette fin d’après-midi ensoleillée du 13 mai 2023, la témoin dit avoir vu un homme vêtu de noir, au visage encagoulé, débarquer sur la place centrale de cette ville de 10 000 habitants, à hauteur du porche d’un immeuble, lieu connu pour abriter un point de deal.

«J’ai bloqué sur l’arme qu’il avait dans les mains», une «arme longue», s’est-elle souvenue. «J’ai crié, j’ai eu peur, j’ai pris mon fils, je suis partie en courant au commissariat» à quelques dizaines de mètres, a-t-elle raconté.

«On est à Villerupt, pas à Chicago» a rappelé le président de la cour, Paul Hiernard, avant de demander à l’accusé sa réaction face à ce témoignage. «Je comprends sa réaction, c’est légitime», a répondu l’accusé, Abdelkrim Bellot, 40 ans, qui comparaît pour «tentative d’assassinat».

Durant l’enquête, l’accusé avait reconnu être à l’origine des tirs – une vingtaine de coups avaient été tirés – et expliqué qu’il avait voulu venger l’humiliation récente de l’un de ses frères, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.

Au premier jour de son procès mardi, il est cependant revenu sur ses déclarations, ne reconnaissant «pas avoir tiré, ni avoir eu l’arme entre les mains».

Les cinq victimes, quatre hommes et une femme âgés de 17 à 30 ans, ont conservé de cette fusillade des blessures importantes et des séquelles, a détaillé mercredi devant la cour le médecin légiste.

«Pour un néophyte, on pourrait croire au compte rendu d’un attentat?», lui a demandé le magistrat. «On a vu des attentats avec des armes du même type», a-t-il répondu.

Parmi les victimes, Kenzo, 17 ans à l’époque et 20 ans aujourd’hui, est un «miraculé», a souligné son avocat, Me Thomas Kremser. Il a survécu, mais se déplace aujourd’hui en fauteuil roulant après avoir reçu «une balle d’arme de guerre dans la tête». «C’est rare», a confirmé l’expert.

Le verdict est normalement attendu vendredi, mais pourrait intervenir jeudi.

 

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