Les Rout Léiwen ont sombré à Saint-Gall en première période. Climatisation instantanée après l’enflammade de la Suède…
Samedi soir, après la victoire contre la Suède, il n’a pas fallu trop pousser Luc Holtz pour qu’il évoque, à son goût, le «plus beau match des Rout Léiwen» de son vivant : «bon, je n’ai que 55 ans, je ne sais pas ce qui s’est passé avant». Nous, on sait ce qu’il s’est passé… après. Une mi-temps calvaire à Saint-Gall, contre la Suisse, où n’ont surnagé qu’un Christopher Martins qui a cherché à mettre de l’impact pour réveiller ses coéquipiers et un Vincent Thill frustré de jeu en Azerbaïdjan et qui a cruellement besoin de se défouler.
Mais le Luxembourg a frôlé la catastrophe totale entre 20 h 45 et 21 h 30, sur cette pelouse qui a longtemps été le terrain de jeu de Mario Mutsch (qui pendant ce temps s’éclatait avec ses U19 en Tchéquie, où il a battu la Croatie pour la gloire ). Et 17 ans après le miracle du Letzigrund, la FLF a pris un retour de bâton inattendu, se retrouvant menée 3-0 quand elle aurait pu l’être 5-0 à la pause, sans un but annulé pour un hors-jeu très limite (17e) et un arrêt un peu miraculeux de Moris seul face à Ndoye (41e).
Cela n’effacera pas l’apathie d’une défense presque totalement remaniée par rapport à samedi. Vargas est très tranquille entre C. Martins et Mahmutovic pour faire 1-0 (9e), Jans redonne le ballon et Korac se fait avoir par Embolo pour un pénalty aux responsabilités partagées (2-0, 12e), les deux hommes de la charnière centrale oublient de rentrer dans leurs duels et M. Martins a littéralement déserté son couloir droit sur le 3-0 (29e). L’illustration de tout ce qu’il ne faut absolument pas faire contre une nation classée 20e mondiale et qui, si elle n’a gagné aucun de ses huit derniers matches, n’a aussi joué dans l’intervalle que des monstres (Angleterre, Espagne…) ou presque.
Au moins, l’attaque fait un peu plus le boulot
L’impression est quand même tenace qu’hier, ce n’était pas tant la Nati qui était très au-dessus que le Grand-Duché qui était très en-dessous. Ce n’est pas la première fois qu’une vague d’euphorie se transforme en dramatique effet boomerang (il y a eu par exemple le précédent du match nul 0-0 contre les Bleus à Toulouse, enchaîné avec le calvaire de Stockholm 8-0, en 2017) et l’enthousiasme des moments de grâce devra peut-être désormais commencer à attendre la confirmation pour s’exprimer pleinement. Il aurait été dommage d’être privé de cette leçon et ne pas voir Korac profiter de se retrouver seul face à Mvogo pour réduire le score de la tête sur le seul bon ballon offensif distillé par Sinani, hier (24e) est presque une bonne nouvelle : rien n’a adouci l’évidence. C’était bien un plantage en règle.
Il n’empêche, au terme d’une deuxième période assez insignifiante, voir en revanche Sinani réduire le score sur un pénalty arraché par la vivacité de Curci (3-1, 88e) fait du bien. Si la défense s’est plantée, au moins le secteur offensif a-t-il multiplié les bonnes nouvelles en ce mois de mars. De la présence fascinante d’Embolo au retour hargneux de Thill en passant par la puissance déstabilisante de Curci, l’enthousiasme de Luc Holtz ne repartira pas complètement douché. Dans la tempête, son équipe ne s’est pas entièrement disloquée. En 2024, ç’aurait sûrement été une autre histoire.