Le Mudam offre à l’artiste sud-africain sa plus grande exposition jusqu’alors, dévoilant une œuvre qui, si elle trouve ses racines dans des tourments personnels, s’en affranchit grâce à une pratique libre, collective et sensible.
Igshaan Adams n’a pas totalement digéré l’histoire avec son passé. Il s’émeut ainsi aux larmes devant une tapisserie brodée dédiée à sa grand-mère adorée ou s’étrangle en évoquant la violence d’un père. Avec lui, le pouvoir guérisseur de l’art, expression chère à tout un milieu mais souvent utilisée à la légère, prend tout son sens : il lui a permis de se réinventer et d’étouffer en partie ses fantômes intérieurs pour, comme il dit, simplement «vivre en paix». Et, par la même, de trouver un chemin loin des conflits qui le tiraillaient, lui, l’enfant «ni noir, ni blanc», citoyen de seconde zone dans une Afrique du Sud encore sous apartheid. Lui, le garçon coincé entre deux religions, l’islam et le catholicisme. Lui, enfin, le jeune homme du ghetto de Bonteheuwel, quartier du Cap où la question de l’homosexualité se règle dans les humiliations. Ce qui lui fait dire : «Je préfère imaginer combien le futur pourrait être beau que de comprendre combien fut sombre le passé».
«Se déverrouiller, se laisser aller»
Il est pourtant passé par là, cherchant à briser la solitude et les disparités par le collectif, le clan. Le ...
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