Le 5e rapport de l’Observatoire Social d’Esch-sur-Alzette dresse les tendances démographiques dans la Métropole du fer et permet d’éclairer les choix politiques de la commune.
«Ce rapport fait un bilan complet de la situation de la population à Esch», énonce le bourgmestre d’Esch-sur-Alzette. Secondé notamment par l’échevin aux affaires sociales, Bruno Cavaleiro, Christian Weis a présenté le 5e rapport de l’Observatoire social, qualifié de véritable «boussole» au service de l’action publique.
D’un point de vue général, ce rapport confirme un regain démographique à Esch-sur-Alzette après un recul observé entre 2020 et 2022. Entre 2022 et 2024, la population communale a augmenté de 1 280 habitants, une croissance principalement concentrée dans les quartiers en développement que sont Zaepert et Universitéit.
Cette évolution confirme l’attractivité de la ville, mais elle s’accompagne d’une segmentation territoriale de plus en plus marquée entre des quartiers jeunes et dynamiques et d’autres plus anciens confrontés au vieillissement de leur population.
«Nous devons construire»
Les dynamiques migratoires – la diversification de la population se poursuit, avec «plus de 120 nationalités» – participent à ces transformations. Après une période de repli, le solde migratoire redevient positif en 2023, à un niveau proche de 2019, tandis que les mobilités internes et externes diminuent. Cette baisse des flux traduit une stabilisation résidentielle, mais également la tension du marché immobilier.
«Il est clair que nous devons construire et encore construire nous-mêmes, et mettre à disposition plus de logements sociaux», pose Christian Weis. Cet enjeu central du rapport montre un ralentissement des transactions immobilières, au nombre de 221 en 2024, avec la poursuite de la hausse des loyers, qui figurent parmi les plus élevés de la région Sud. En cinq ans, ils ont augmenté de 13,87 euros par m2.
Malgré une augmentation de 94 logements locatifs abordables entre 2019 et 2024, la demande progresse plus rapidement que l’offre, entraînant un allongement des délais d’attente et une pression des publics les plus vulnérables.
Sur le plan économique, Esch-sur-Alzette conserve un certain dynamisme, porté par la diversité de son tissu économique. Toutefois, la crise du secteur de la construction entraîne une baisse significative de l’emploi, tandis que le chômage progresse, notamment chez les personnes âgées de 50 ans et plus et dans certains quartiers (Universitéit, Dellhéicht et Neiduerf).
Une situation sociale contrastée
Si le revenu brut moyen augmente, les inégalités demeurent marquées selon le genre, la nationalité et le lieu de résidence. 1 609 personnes ont déposé, en 2023, une demande auprès de l’office social, un chiffre en hausse, tout comme celui du recours à l’aide sociale d’urgence. Des dynamiques qui témoignent d’une précarité persistante pour une partie de la population.
Le rapport met aussi en lumière l’impact du vieillissement de la population sur les services. La hausse du recours aux dispositifs d’aide à domicile, de mobilité adaptée et de prévention de l’isolement l’illustre.
Parallèlement, il met en avant les progrès en matière de participation démocratique, notamment l’augmentation des inscriptions des résidents étrangers grâce à la suppression de la clause de résidence de cinq ans pour les étrangers.
Enfin, l’ouvrage se termine par un volet sanitaire. Une nette baisse des polluants atmosphériques «régulièrement mesurés» continue de s’observer. Par contre, les populations scolaires de la commune présentent des signes de santé plus négatifs en termes d’obésité ou de surcharge pondérale et en matière de vaccination : un lien entre de tels signalements et le caractère défavorisé des quartiers d’habitation est observable.
Le bourgmestre Christian Weis conclut que l’Observatoire social «sert vraiment à la politique».