En 2024-2025, les résidents ont produit en moyenne 154 kg de déchets ménagers en mélange par an. C’est une baisse de 9 kilos par rapport à la dernière étude portant sur 2021-2022.
Les résidents du pays produisent de moins en moins de déchets ménagers en mélange, c’est-à-dire ceux recueillis dans la poubelle noire. C’est ce que révèle la 7ᵉ analyse nationale des déchets portant sur 2024-2025 et présentée ce mardi par l’administration de l’Environnement.
Pour réaliser cette étude, 15,6 tonnes de déchets municipaux ménagers provenant de 15 communes ont été décortiquées. Parmi eux : des plastiques, du papier, des métaux, des textiles, des déchets alimentaires, des produits d’hygiène ou de cosmétiques. «Ces communes ont été sélectionnées de manière à constituer un échantillon représentatif de l’ensemble du pays», précise l’administration de l’Environnement.
Dans cette analyse, on apprend qu’en moyenne chaque habitant du Luxembourg a produit 154 kg de déchets par an en 2024-2025. Un chiffre important mais qui est en baisse de 9 kg par rapport à la dernière analyse portant sur 2021-2022. Ces années-là, les résidents du pays avaient produit 163,2 kg de déchets par an. En dix ans, la baisse est plus spectaculaire. En effet, par rapport à 2013-2014, où chaque habitant produisait 223,2 kg de déchets, la baisse est de 70 kg.
Comment explique-t-on cette réduction? «C’est lié en partie à une meilleure sensibilisation de la population. Elle se rend compte qu’il n’y a que des choses à gagner en faisant un bon tri», souligne Anne Majerus, directrice adjointe de l’administration de l’Environnement. Pour elle, ces bons chiffres s’expliquent aussi par les efforts réalisés par les communes.
«Elles proposent à tous les citoyens différentes poubelles de tri. Il y a dix ans, elles ne disposaient pas toutes, par exemple, de poubelles de biodéchets. Aujourd’hui, presque toutes en proposent. L’accès au centre de ressources est aussi plus simple et les infrastructures de collecte dans le pays sont également plus nombreuses.»
Un autre facteur joue également en faveur du tri : le principe pollueur-payeur. Dans certaines communes, les résidents payent l’enlèvement de la poubelle noire en fonction de son poids. Avec ce système, l’administration de l’Environnement a constaté «une réduction des déchets en mélange. Chaque habitant produit environ 27 kg de déchets ménagers en moins par an.» Ces détritus jetés dans les poubelles noires sont incinérés, puis, après un prétraitement, sont mis en décharge à Flaxweiler.
Trop de biodéchets dans les poubelles noires
Si les résultats sont plutôt positifs, le point noir de cette analyse est la part des biodéchets dans la poubelle noire. D’après l’administration de l’Environnement, ils représentent 37% du poids des contenants qui ne sont pas destinés au recyclage. Cela représente près de 57 kg par personne et par an. Parmi ces biodéchets, près de 35% sont des déchets alimentaires évitables, comme par exemple les charcuteries, les fromages entamés ou emballés ou encore les fruits et légumes toujours consommables.
«C’est dommage qu’ils se retrouvent là, car il y a une poubelle dédiée à ces biodéchets, qui seront ensuite transformés en compost ou en biogaz (…). On aimerait encourager les citoyens à l’utiliser davantage», souligne Anne Majerus.
Autre amélioration à réaliser : la réduction de la quantité de papiers et de cartons présents dans les poubelles noires. Après une forte diminution en 2021-2022, une forte augmentation (+48%) est à noter dans la dernière analyse. Les autorités rappellent que «les sacs en papier propres ou légèrement sales doivent être déposés dans la collecte de papier afin d’être recyclés».
L’administration de l’Environnement note que dans les villes, les biodéchets, le papier, le carton, ou les emballages ou produits d’hygiène sont plus nombreux dans les poubelles résiduelles. Elle en tire la conclusion que «plus la densité de la population est élevée et moins le tri est respecté».
La prochaine analyse des déchets sera réalisée dans trois ans. L’administration de l’Environnement appelle les habitants du pays à continuer leurs efforts. «La sensibilisation reste essentielle pour éviter le plus possible le gaspillage alimentaire (…). La jeune génération est beaucoup plus impliquée dans cette démarche. Il y a des cours dans les écoles fondamentales ou les lycées. Souvent, ce sont les enfants qui disent à leurs parents : « Attention, ce déchet ne va pas dans cette poubelle »», sourit Anne Majerus.
Déchets textiles : une quantité stable
Alors que la fast fashion connaît un succès fulgurant en Europe et au Luxembourg, les déchets textiles sont-ils de plus en plus nombreux? À en croire les chiffres de l’administration de l’Environnement, pas vraiment. En effet, en 2024/2025, 5,48 kg de vêtements ou textiles se sont retrouvés dans les poubelles résiduelles. Soit un petit peu plus qu’en 2021-2022 (5,44 kg).
«C’est quelque chose qui est maîtrisé. il y a une nouvelle obligation au niveau européen maintenant pour les textiles, qui porte sur la mise en place d’une filière de responsabilité élargie des producteurs, comme c’est le cas pour les batteries ou déchets électroniques. On est en train de parler avec le secteur pour voir comment il va mettre en œuvre cette obligation.»