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Eaux de dégivrage du Findel rejetées : le gouvernement était informé «depuis 2021»


Des mesures ont été entreprises ces dernières années pour protéger un peu plus l'eau. (Photo : archives editpress/didier sylvestre)

Les eaux de dégivrage du Findel polluent-elles encore les cours d’eau? Le ministre Serge Wilmes dresse le bilan de la situation.

«Le dégivrage des avions est un processus utilisé pour enlever la neige, la glace ou le givre des ailes et du fuselage d’un avion, indique Lux-Air sur son site. «Il s’agit d’une procédure de sécurité importante qui doit être effectuée avant chaque vol» de manière intensive entre novembre et avril au Luxembourg. Oui mais voilà, ce dégivrage utilise un mélange de propylène glycol, qui se retrouve ensuite dans les eaux alentours. Un phénomène qui n’est certes pas nouveau, mais sur lequel une question parlementaire permet de faire le point.

Le gouvernement était informé «depuis 2021» de l’ampleur de l’impact des eaux de dégivrage de l’aéroport de Findel sur les cours d’eau environnants. C’est ce qui ressort de la réponse du ministre de l’Environnement, Serge Wilmes, à la question du député ADR Michel Lemaire sur le sujet.

Dans sa question parlementaire, Michel Lemaire évoquait des «pollutions graves» touchant notamment le ruisseau Stackelgesgriecht, à proximité de la zone protégée du Birelergronn. Il s’interrogeait sur la conformité de ces rejets au droit national et à la directive-cadre européenne sur l’eau.

Dans sa réponse datant de lundi, Serge Wilmes rappelle que «l’administration de la Gestion de l’eau connaît l’ampleur de l’impact de ce rejet depuis 2021». Il renvoie surtout au cadre légal existant : la loi modifiée du 22 décembre 2004 relative à la mise en conformité de l’assainissement de l’aéroport, qui prévoit «les moyens pour l’extension et l’amélioration du réseau d’eaux usées de l’aéroport».

Un programme a ainsi été défini. Il comprend, entre autres, la modernisation du réseau d’assainissement et de la gestion des eaux pluviales, avec la création de bassins de rétention et l’amélioration des canalisations. Les eaux issues de ces bassins sont dirigées vers les stations d’épuration de Luxembourg et d’Uebersyren.

Parmi les réalisations citées par Serge Wilmes : l’agrandissement du bassin S1 situé en amont du Birelergronn dans le bassin versant de la Syre (de 19 000 à 36 000 m³ en 2008), la construction du bassin S2 implanté près des parkings P7 et P10 d’une capacité de 9 500 m³, dont la mise en service est annoncée pour le premier semestre 2026, ainsi que d’autres ouvrages et des travaux de modernisation du drainage de la piste.

Contact régulier avec l’exploitant

Le ministre précise que «depuis 2021, l’administration de la Gestion de l’eau est en contact régulier avec l’exploitant de l’aéroport» afin que «les mesures nécessaires soient mises en œuvre efficacement pour améliorer la situation et réduire l’impact sur les eaux».

Quant à la conformité au droit environnemental national et européen et à d’éventuelles sanctions, la réponse ministérielle se limite à renvoyer aux éléments exposés dans la première partie, sans mention explicite d’amendes ou de mesures coercitives à l’encontre de l’exploitant.

À court terme, l’exécutif indique poursuivre le programme prévu par la loi de 2004. Le bassin S2 doit entrer en service dans les prochains mois. Des travaux sont également en cours sur le bassin S1. Le ministre mentionne le nettoyage des dépôts, l’inspection de la membrane d’étanchéité, avec identification et réparation de plusieurs perforations et l’aménagement de l’ouvrage de sortie.

En parallèle, un «camion de pulvérisation moderne» est utilisé depuis l’an dernier afin de réduire la consommation de produit de dégivrage sur la piste. Lux-Airport récupère aussi le glycol tombé au sol lors du dégivrage des avions au moyen de balayeuses, avant de l’acheminer vers différentes stations d’épuration. Selon le gouvernement, ces mesures permettent de «réduire sensiblement la quantité d’eau chargée» dirigée vers la station d’Uebersyren.

Le réseau d’assainissement fait par ailleurs l’objet d’une surveillance et d’un entretien continus, les problèmes étant «corrigés aussi rapidement que possible». La question de l’impact écologique au Birelergronn reste toutefois suivie de près par les organisations de protection de la nature et les autorités.

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