Dans un moment suspendu entre ciel et Terre, des élèves du lycée Vauban ont échangé en direct avec l’astronaute Sophie Adenot, en orbite à bord de la Station spatiale internationale, transformant une prouesse technique en expérience inoubliable.
Tic-tac, tic-tac. Mercredi après-midi, dans l’amphithéâtre Jeanne-Moreau du lycée Vauban, le temps s’est comme... suspendu. À 16 h 46 très précisément, chacun retient son souffle, les yeux rivés sur Claude et son émetteur radio trônant au cœur de la pièce.
«Appel général, appel général», répète le fidèle radioamateur, membre de l’association de Kayldall depuis plus de 40 ans. L’exercice n’est pas une première pour lui, mais l’enjeu, cette fois, est de taille. Les fronts perlent, les smartphones sont levés, braqués vers la scène... Tous sont prêts à capturer ce qui pourrait bien devenir un «moment historique». Pour le lycée Vauban comme pour le Luxembourg.
Claude était aux manettes pour gérer l'appel. (Photo : Fabrizio Pizzolante)
Huit appels au total sont lancés. Quelques secondes à peine, qui paraissent pourtant une éternité pour la centaine d’élèves, parents et professeurs massés dans la salle. Puis, soudain, trois mots viennent briser le silence et libérer une salle entière : «Bonjour au Luxembourg!»
Cette voix venue d’ailleurs, c’est celle de Sophie Adenot. Mais pas depuis un bureau parisien ni une base terrestre. Depuis l’espace. Depuis la Station spatiale internationale, en orbite à plus de 400 kilomètres au-dessus de nos têtes, filant à près de 28 000 km/h.
Rendez-vous compte : 28 000 km/h, soit 7,8 km par seconde. À cette allure, un trajet Paris-Lyon serait avalé en une minute à peine. Une vitesse vertigineuse, presque impossible à concevoir, qui rend l’échange encore plus irréel.
Douze minutes dans les étoiles
Derrière cette prouesse se cache un travail de longue haleine. À la manœuvre : Jérôme Metzel, professeur de physique au lycée Vauban, épaulé par l'Association des radioamateurs du Kayldall ainsi que par l’ARISS (Amateur Radio on the International Space Station).
«J’avais déjà réalisé un appel similaire avec Thomas Pesquet il y a quelques années. Lorsque j’ai appris qu’un astronaute belgo-luxembourgeois, Raphaël Liégeois, et une astronaute française allaient partir à bord de l’ISS, j’ai voulu saisir cette opportunité pour créer un événement ici, ...
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