Depuis dix ans, Digital Inclusion œuvre pour l’intégration de tous dans la société à travers l’informatique et le numérique. À l’occasion de cet anniversaire, célébré le 6 mars dernier, le président et fondateur, Patrick de la Hamette, revient avec Louise Racké, assistant manager, sur toutes ces années d’engagement.
Comment est née Digital Inclusion?
Patrick de la Hamette : Cela commence il y a un peu plus de dix ans, en 2015. Il y avait alors de grands mouvements migratoires issus de la Syrie, de l'Afghanistan et de l'Irak. Beaucoup de gens sont arrivés en Europe de l'Ouest vers la fin de 2015 et c'est là que j'ai rencontré pour la première fois dans ma vie des gens de Syrie, notamment un jeune étudiant ingénieur. Je suis moi-même ingénieur, donc il y avait une sorte de fraternité, mais aussi une curiosité de voir comment étaient logés les réfugiés au Luxembourg.
C'est dans cet esprit que je me suis lancé, j'ai visité d’autres réfugiés dans un camp à Esch, et puis j'ai vu qu'il n'y avait pas d'infrastructures informatiques. Les gens avaient de vieux smartphones, mais pas d'ordinateurs. Sauf une personne qui avait un ordinateur portable. Cette personne, je l'ai aidée à avoir du wifi, j'ai acheté une grande antenne pour qu’elle puisse capter le Wifi Free d’Esch. Ça, c'est un moment clé.
J'ai également vu qu'il avait des logiciels pour apprendre le français et moi-même je lui ai téléchargé des vidéos d’apprentissage. Et là, un constat m’est apparu : les gens qui sont dans ces foyers, s'ils ne sont pas équipés en informatique, manquent de grandes opportunités.
J’ai aussi remarqué qu'avec l'ordinateur on peut accélérer l'apprentissage des langues. Tous les réfugiés voulaient apprendre le français le plus rapidement possible, mais comme vous pouvez l'imaginer avec l'arrivée simultanée d'un si grand groupe, les listes d'attente sont devenues longues. En revanche, avec un ordinateur portable et un logiciel, on peut apprendre à son rythme. La troisième idée était que les réfugiés eux-mêmes ont les capacités d'aider, surtout pour réparer le matériel. Ces gens ont même des aptitudes pour des petites réparations qui vont au-delà de ce qu'on voit au Luxembourg, parce qu'ici, dans la plupart des cas, c’est moins ...
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