La volonté d’ArcelorMittal de délocaliser une partie de ses fonctions support en Inde et en Pologne pourrait menacer 1 150 emplois au Luxembourg. Les syndicats demandent au Premier ministre de convoquer en urgence une réunion avec la direction.
Le comité d’entreprise européen d’ArcelorMittal a été informé, le 29 janvier, du lancement d’une étude portant sur une analyse des fonctions support. Celle-ci pourrait aboutir à une délocalisation vers l’Inde et la Pologne, un projet envisagé depuis plusieurs mois par le groupe et qui pourrait menacer plusieurs milliers d’emplois en Europe et notamment au Luxembourg.
Cette fameuse étude commandée par ArcelorMittal porte sur un champ d’action comprenant 5 600 emplois en Europe, dont 1 150 emplois au Luxembourg. Un chiffre qui, s’il ne représente pas le nombre de postes qui sera effectivement supprimé, inquiète l’OGBL et le LCGB. «À ce jour, les syndicats n’ont pas connaissance de l’impact éventuel sur le nombre d’emplois qui pourrait réellement être supprimé, mais il est clair que la brutalité de cette annonce a totalement indigné les syndicats européens», affirment les deux organisations.
Éclaircir les zones d’ombre
Depuis octobre 2025, les syndicats luxembourgeois, le gouvernement et la direction d’ArcelorMittal mènent des négociations afin de renouveler l’accord tripartite arrivé à échéance. «Ces négociations sont menées dans un contexte complexe, marqué par une conjoncture européenne et mondiale incertaine et très concurrentielle. De plus, la direction générale d’ArcelorMittal peine à s’affirmer clairement et en détail sur ses engagements globaux.»
L’OGBL et le LCGB ont en outre eu connaissance «d’un échange privilégié» entre le Premier ministre et le directeur général d’ArcelorMittal concernant cette situation compromettante pour les emplois au Luxembourg. En réaction à cette information et au vu des annonces faites au niveau européen ainsi que de leur impact potentiel sur le Luxembourg, l’OGBL et le LCGB ont adressé une lettre à Luc Frieden pour lui demander la tenue urgente d’une réunion tripartite Sidérurgie, sous sa présidence, afin d’éclaircir les zones d’ombre.
«Le modèle tripartite permet depuis des décennies de pérenniser les activités sidérurgiques dans le pays ainsi que tous les emplois afférents, soulignent les syndicats. Il est indispensable que le gouvernement mette tout en œuvre afin de garantir la poursuite du modèle luxembourgeois qui nous est tant envié.»
L’OGBL et le LCGB affirment également s’opposer fermement à toute délocalisation qui pourrait mettre en péril l’emploi, les compétences et l’avenir de la sidérurgie luxembourgeoise.