Une nouvelle version du diplôme d’aptitude professionnelle (DAP) sera proposée en seulement un an à la rentrée prochaine. Baptisée «1re DAP», la formation est axée sur la pratique pour sept métiers de l’artisanat et de l’industrie.
Apprendre un métier en un an, voici l’objectif annoncé par une nouvelle formule du diplôme d’aptitude professionnelle (DAP) présentée lundi par Claude Meisch, ministre de l’Éducation nationale. «Normalement, on choisit la voie d’un DAP après la classe de cinquième, en fonction de ses performances scolaires, vers l’un ou l’autre métier. Désormais, il sera possible d’ouvrir cette porte vers la formation professionnelle après le bac», résume le ministre.
Intitulée 1re DAP, cette nouvelle voie ne remplace pas le DAP traditionnel en trois ans, car elle est destinée aux diplômés de fin d’études secondaires, qu’elles soient classiques ou générales, ainsi que les détenteurs d’un diplôme de technicien, ou équivalent. Sa mise en place est prévue à partir de la rentrée scolaire 2026-2027 en tant que projet pilote et se déclinera en sept formations : cuisiner, pâtissier-chocolatier-confiseur-glacier, esthéticien, mécanicien d’usinage, menuisier, gestionnaire qualifié logistique et pépiniériste paysagiste. Pour chacune d’entre elles, six places sont prévues à ce jour.
Un «parcours très intensif»
L’avantage de la 1re DAP est principalement d’éviter de suivre les trois années de formation nécessaires pour un DAP classique. «On veut offrir une formation adaptée et raccourcie sur un an parce que, jusqu’à présent, tous ceux qui voulaient faire une formation professionnelle après leur bac devaient retourner avec ceux qui font leur classe de 5e à l’âge de 15 -16 ans et devaient faire l’intégralité des trois ans», présente Claude Meisch.
Puisqu’ils seront diplômés de fin d’études secondaires ou qu’ils auront déjà entamé un parcours dans le supérieur, les futurs élèves de 1re DAP sont exemptés des modules d’enseignement général (langue, mathématiques, sport, éducation citoyenne, etc.) compris dans le DAP en trois ans. Grâce à cela, ils gagneront ainsi deux ans et pourront «se consacrer pleinement à la formation pratique et technique» qui sera proposée en français et allemand, hormis la formation de pépiniériste-paysagiste.

La 1re DAP se lance avec les formations de menuisier, esthéticien, mécanicien d’usinage,
cuisinier, gestionnaire qualifié en logistique, pâtissier-chocolatier-confiseur-glacier et pépiniériste-paysagiste. (Photo : archives lq/ julien garroy)
Le ministre ne cache pas que les sept formations professionnelles en un an disposeront donc d’un «parcours très intensif, très challengeant», avec environ 35 à 40 heures hebdomadaires et des stages sur le temps des vacances scolaires. À noter qu’en 1re DAP, comme en DAP, les élèves réaliseront obligatoirement un projet intégré final (PIF) afin d’obtenir leur diplôme et que des mesures de rattrapage sont également prévues.
Concernant les profils, Claude Meisch s’attend à une certaine diversité : «Il peut y avoir celui qui a travaillé pendant dix ans mais qui tend à se réorienter, celui qui a essayé l’université mais qui a constaté que ce n’est pas son monde ou celui qui a toujours voulu devenir cuisiner mais qui voulait passer son bac».
Sept formations sur trois sites
Pour le lancement de cette formation en tant que projet pilote, les sept disciplines proposées ont été choisies en concertation avec les Chambres des métiers, de commerce, de l’agriculture et des salariés. «Nous les avons choisis, car ce sont des métiers qui sont très prometteurs, très cherchés aussi et qui sont accessibles aux bacheliers qui n’ont pas les prérequis techniques.»
D’une pierre deux coups, les chambres professionnelles espèrent ainsi attirer plus de jeunes et des jeunes doublement qualifiés, puisqu’ils seront, au moins, diplômés d’un baccalauréat et de 1re DAP. «Combiner le bac avec une formation professionnelle ouvre toutes les opportunités possibles, c’est aussi avantageux pour les jeunes que les entreprises», se réjouit le ministre.

Six places sont, à ce jour, prévues pour les sept formations de 1re DAP. (Photo : archives lq/fabrizio pizzolante)
Ce dernier, confiant dans cette nouvelle offre, estime que «nous aurons tout à fait le nombre suffisant de candidats, voire peut-être beaucoup plus». En cas de saturation, le représentant de l’Éducation nationale assure que «des critères objectifs seront définis pour faire le tri» et qu’«en cas de demande, nous sommes en mesure de multiplier les classes disponibles».
Ce qui est certain, c’est que les préinscriptions sont d’ores et déjà lancées en ligne sur le site premiere-dap.men.lu afin d’intégrer l’un des trois sites qui accueillent une classe de 1re DAP. Le Centre national de formation professionnelle continue (CNFPC) d’Esch-sur-Alzette hébergera les formations d’esthéticien, de gestionnaire qualifié en logistique, de mécanicien d’usinage et menuisier. Le CNFPC d’Ettelbruck aura, lui, la formation de cuisiner et celle de pâtissier-chocolatier-confiseur-glacier, tandis que le lycée agricole de Gilsdorf proposera le cursus de pépiniériste-paysagiste.
Informations. Site : premiere-dap.men.lu. Courriel : premiere-dap@sfp.lu. Tél. : (+352) 247-85239.