CHAMPIONNATS DU MONDE DE CYCLO-CROSS Lucinda Brand a remporté à 36 ans son deuxième titre devant ses compatriotes néerlandaises Ceylin Alvarado et Puck Pieterse. Marie Schreiber a pris la dixième place.
Le suspense n’a pas plané bien longtemps à Hulst où le public néerlandais n’avait d’yeux que pour ses Oranje. Rapidement au fil des difficultés, alors que Marie Schreiber grignotait place après place pour passer du 17e au 11e rang à la mi-course, le trio composé de Lucinda Brand, Ceylin Alvarado et Puck Pieterse se détacha.
On le supposait par avance, mais ces trois filles-là ne se sont pas contentées d’une course d’équipe, la concurrence étant ce qu’elle est aux Pays-Bas, plus forte nation de cyclo-cross chez les femmes. Mais leurs rivales n’ont jamais pu suivre une cadence infernale menée par le trio néerlandais.
Si Puck Pieterse perdait finalement sa deuxième place après une cabriole dans un dévers, Lucinda Brand écrasait les pédales, plus forte que jamais au terme d’une saison qu’elle aura dominée de la tête et des épaules. Sa dixième place une semaine plus tôt en Coupe du monde à Maasmechelen n’était qu’un simple accident, ou mieux, un bon calcul pour tromper ses rivales. Elle n’avait pas participé le lendemain à la dernière manche à Hoogerheide, mais qu’importe, avec ses huit succès précédents, elle était assurée de remporter le classement final.
Brand parfaitement au point
Pour ces championnats du monde de Hulst, elle était manifestement parfaitement au point. Mais encore fallait-il qu’elle se sorte des embûches d’un parcours rendu glissant par les pluies de la nuit précédente. Lucinda Brand tomba elle aussi à mi-course, ce qui permit à Ceylin Alvarado de revenir en trombe.
Le duo de tête ne se fit pas de cadeau. Finalement la fin de course permit à Lucinda Brand de conclure en beauté, comme en 2021. «C’est formidable de remporter la course la plus importante de la saison. Quand tout se passe si bien, on a forcément envie de gagner les Mondiaux aussi. Bien sûr, je suis soulagée, mais ce soulagement aurait été encore plus grand si je n’avais pas déjà remporté le titre mondial. Gagner ici, devant mon public, c’est vraiment fantastique. C’est tellement spécial. Il y avait tellement de monde pour m’encourager, bien plus que les cinq membres du staff habituels», apprécia la nouvelle championne du monde, qui succède ainsi au palmarès à sa jeune compatriote Fem van Empel, lauréate de 2023 à 2025 et déjà à la retraite à 23 ans pour cause de saturation mentale.

Les Mondiaux de Hulst ont offert aux organisateurs un podium 100% néerlandais avec de gauche à droite Ceylin Alvarado, Lucinda Brand et Puck Pieterse (Photo : AFP).
Pendant ce temps-là, Marie Schreiber s’accrochait du mieux possible à son dixième rang, pas infamant après une saison difficile où elle passa le plus clair de son temps à courir après la forme après une cascade de pépins. Si au mieux, la Luxembourgeoise avait été neuvième dans l’avant-dernier tour, à seulement quinze secondes du podium, son abnégation à rester dans le coup faisait plaisir à voir.
Elle restait dans le sillage d’un groupe composé de la Hongroise Blanka Vas, de la Française Amandine Fouquenet, de la Suissesse Jolanda Neff, de l’Anglaise Zoe Bäckstedt ou encore des Néerlandaises Shirin Van Anrooij et Manon Bakker. Pour elles, l’ordre des places s’est joué dans le tout dernier tour. Cela laisse penser que dans une saison sans anicroche, elle pourra jouer le podium à l’avenir.
Schreiber : «Je suis un peu rentrée dans le rouge»

Marie Schreiber a réalisé une belle course soldée par une dixième place (Photo : Hugo Barthélemy/FSCL).
La championne nationale, vice-championne du monde l’an passé à Liévin pour sa dernière saison en espoirs, ne voltigeait pas sur le parcours où elle s’était imposée en Coupe du monde en décembre 2024. Elle n’était pas non plus plantée, loin de là. Elle luttait avec courage et entrain, un bon signe pour l’avenir.
Sa dixième place dans ce contexte est donc assez satisfaisante. «C’était un parcours très difficile, peut-être le plus difficile de la saison. Beaucoup de gens pensaient que je devais gagner ici avec sept minutes d’avance, parce que j’avais gagné ici l’année dernière», glissait-elle, amère, bien après l’arrivée.
«Mon départ n’a pas été très bon. Mais ce n’était pas parce que je n’étais pas bonne, c’était à cause de la malchance. Je n’ai pas bien passé les premiers virages et j’ai été ralentie. Dans le dernier tour, je suis un peu rentrée dans le rouge. Il n’y a pas eu de course cette saison où j’étais aussi épuisée à la fin. Aujourd’hui, c’était bien, il m’a manqué peut-être un à deux pour cent. Je n’étais pas loin du groupe qui se battait pour le podium», constatait encore la Luxembourgeoise qui va profiter de sa bonne forme de cette fin de saison pour s’aligner dans les dernières épreuves du calendrier, comme à Maldegem mercredi, où elle s’était imposée l’an passé.
De notre envoyé spécial à Hulst,
Denis Bastien
Élite femmes : 1. Lucinda Brand (NED) en 49’16 »; 2. Celyn Alvarado (NED) à 27″; 3. Puck Pieterse (NED) 51″; 4. Blanka Vas (HON) 58″; 5. Amandine Fouquenet (FRA) 57″; 6. Jolanda Neff (SUI) 1’02 »; 7. Zoe Bäckstedt (GBR) 1’05 »; 8. Manon Bakker (NED) 1’11 »; 9. Shirin Van Anrooij (NED) 1’20 »; 10. Marie Schreiber (LUX) 1’37 »; 11. Krystina Zemanova (RTC) 2’05 »; 12. Hélène Clauzel (FRA) 2’12 »; 13. Inge van der Heijden (NED) 2’17 »; 14. Aniek van Alphen (NED) 2’19 »; 15. Annemarie Worst (NED) 2’21″…