La stupeur et l’incompréhension règnent au Limpertsberg après l’attaque au couteau survenue mardi. Un homme de 27 ans a poignardé deux jeunes femmes, dont une mortellement, avant d’être interpellé.
«Que s’est-il passé ici?», me demandent trois lycéens. Ils ne sont pas les seuls à chercher à savoir ce qui s’est joué mardi en début d’après-midi dans cet immeuble du haut de l’avenue de la Faïencerie à Luxembourg-Limpertsberg. Seule certitude à ce stade, une femme est décédée et une autre est gravement blessée.
La première était une agente immobilière de 35 ans. Cette habitante de Guénange originaire de Meurthe-et-Moselle effectuait la visite d’un appartement en location. Elle aurait succombé des suites de ses blessures. Elle aurait été poignardée à de nombreuses reprises, selon nos informations. L’autre victime est une habitante de l’immeuble âgée de 36 ans. Il s’agirait de la sœur du propriétaire de l’appartement en question, toujours selon nos informations.
L’autre jeune femme «l’a échappé belle», lance une dame à une voisine. Aucune des deux ne souhaitera en dire davantage. La police technique et les enquêteurs de la police judiciaire, sur place ce mercredi en fin de matinée, non plus. Une voisine habitant l’immeuble d’en face tente de se renseigner auprès de moi sur l’agression.
Pendant que nous échangeons quelques mots, une patrouille de police entre dans la maison voisine. Un agent balaye le garage du faisceau de sa lampe de poche. «La clôture a été endommagée», m’indique la voisine d’en face. Effectivement, un des pans présente un trou béant. Cet élément a-t-il un lien avec l’attaque au couteau ou ne s’agit-il que d’une coïncidence?
Pour le moment, faute de pistes concrètes, on ne peut que spéculer sur les circonstances de l’agression. Les deux victimes auraient-elles surpris un cambrioleur ou la défunte jeune femme a-t-elle été victime d’un dessein plus sombre?
Un habitant de l’immeuble n’était pas à son domicile au moment des faits. Une dame venue déposer un bouquet de diverses fleurs blanches devant l’entrée de l’immeuble repart aussi sec. «Pas de photo, s’il vous plaît!», lance un collègue de la jeune femme décédée. Il dépose un bouquet de tulipes blanches sur une des marches menant à l’entrée de l’immeuble avant de se recueillir longuement en silence sur le trottoir d’en face.
Une vision incongrue alors qu’un livreur dépose un paquet devant la porte de l’immeuble, que les passants tracent leur chemin comme si de rien n’était. Hormis les trois bouquets de fleurs, rien ne témoigne du drame qui s’est produit ici la veille. La police n’a pas posé de scellés sur la porte, ni de rubans rouge et blanc, les véhicules de la police technique sont banalisés…
Une instruction en cours
Mardi jusqu’en début de soirée, quand un cortège de voitures de police a traversé les faubourgs sirènes hurlantes, la capitale était en état de siège. Les lumières bleues des gyrophares éclairaient différents axes et les deux tons résonnaient dans l’air. L’auteur présumé du crime, un jeune homme de 27 ans, avait pris la fuite à bord d’une voiture, percutant une BMW au passage.
Il a été arrêté entre Bridel et Strassen, au lieu-dit Fräiheetsbam, alors qu’il avait abandonné son véhicule. Il a été présenté à un juge d’instruction ce mercredi après-midi et une instruction judiciaire a été ouverte pour assassinat, meurtre, tentative de meurtre et coups et blessures volontaires, selon un communiqué du parquet.
Mardi après-midi, la possible implication d’une deuxième personne avait été évoquée. Or il a pu être établi qu’aucune autre personne n’était impliquée dans les faits, précise le parquet, qui ajoute qu’aucun lien familial n’existe entre l’auteur présumé et les deux victimes. Son audition par le juge d’instruction et les divers devoirs d’enquête encore en cours devraient permettre aux autorités judiciaires de reconstituer le déroulement exact du crime et de dégager un mobile.
En attendant, rappelle le parquet, la présomption d’innocence est de mise.
Le maire de Guénange réagit
Bien qu’il n’ait que très peu d’informations sur le dossier, Pierre Tacconi, le maire de Guénange, a réagi : «Bien sûr qu’on est sous le choc, qui ne le serait pas…» L’édile ajoute qu’il ne connaissait pas personnellement la victime. «Peut-être qu’elle ne faisait que dormir à Guénange et qu’elle travaillait au Luxembourg, beaucoup font ça.» Il attend des informations complémentaires des autorités luxembourgeoises.
Sophie Kieffer
avec Benjamin Ecuyer
(Le Républicain lorrain)