La ministre de l’Agriculture est revenue, ce mardi, sur la contamination des pommes du pays par des pesticides.
Le 20 janvier, le Méco demandait au gouvernement d’agir, après la confirmation de la contamination de pommes luxembourgeoises à un cocktail de pesticides. La ministre de l’Agriculture, Martine Hansen, avait alors répondu qu’il n’existait «aucun risque pour le consommateur».
Ce mardi, une question parlementaire du député Ben Polidori revient sur cette problématique et plus particulièrement sur l’évaluation des risques sur la santé des jeunes enfants. Le parlementaire cite le rapport du PAN Europe : 90% des pommes conventionnelles d’Europe ne sont pas adaptées aux enfants de moins de 3 ans selon les réglementations de l’UE.
La ministre reconnaît explicitement que l’effet cumulatif des cocktails de résidus sur les jeunes enfants est «une problématique scientifique non encore entièrement résolue au niveau européen». Le Luxembourg «soutient dès lors le développement de méthodes transparentes et scientifiquement fondées pour mieux informer et protéger les groupes les plus vulnérables», écrit-elle. Quant au mélange de pesticides, il est impossible de savoir précisément quels pesticides sont utilisés conjointement, faute de données suffisamment détaillées dans le SER, précise-t-elle.
«L’ALVA ou une autre autorité luxembourgeoise examine-t-elle la toxicité de ces cocktails de pesticides?», s’enquiert Ben Polidori. Le Luxembourg ne dispose d’aucun organisme national d’évaluation des risques propres, contrairement à l’Allemagne ou aux Pays-Bas, lui répond Martine Hansen. Le pays s’appuie entièrement sur les études de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui «réalise depuis des années des évaluations cumulatives des risques tenant compte des mécanismes d’action communs et des effets additifs, et servant de référence pour toutes les autorités alimentaires européennes», indique-t-elle.
Les parents sont-ils bien informés, demande encore le député. Quelles initiatives le gouvernement a-t-il prises pour les guider «dans le choix de fruits et de produits alimentaires sains et moins contaminés»? Après avoir rappelé que «les fruits et légumes mis sur le marché conformément à la législation européenne et nationale en vigueur sont, par définition, considérés comme sûrs et bénéfiques pour la santé», Martine Hansen cite des initiatives concrètes en cours : un guide pour les crèches, une campagne des «1000 premiers jours» et le carnet de maternité.
La réponse ne mentionne toutefois pas la question des polluants chimiques éternels (TFA) dans les eaux et la chaîne alimentaire, ni celle de la contamination des poussières dans les foyers luxembourgeois soulevées par le Méco.