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Décès de Colette Flesch : «Le Parti démocratique perd une dirigeante, une mentor et une amie»


Colette Flesch. (Photo : archives editpress)

Colette Flesch est décédée à l’âge de 88 ans. Elle a été la première femme bourgmestre de la ville de Luxembourg et fut vice-Première ministre du gouvernement de Pierre Werner.

Colette Flesch s’est éteinte dans la nuit de mardi à mercredi à son domicile. Née le 16 avril 1937 à Dudelange, elle a été la première femme bourgmestre de la ville de Luxembourg en 1970, à l’âge de 32 ans. Elle est resté en poste jusqu’en 1980. De 1980 à 1984, elle a été la vice-Première ministre du gouvernement de Pierre Werner, où elle a occupé le poste de ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur, de la Coopération, de l’Économie, des Petites et Moyennes entreprises et ministre de la Justice.

De 1990 à 1999, elle a été la directrice générale de l’Information, de la Communication et de la Culture et de l’Audiovisuel à la Commission européenne. Comme femme politique, elle a servi à de nombreux postes, à la fois au gouvernement et au sein du Parti démocratique et de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe.

L’émotion était vive au Parti démocratique qui lui a rendu un vibrant hommage. Le Luxembourg perd en effet une de ses figures les plus marquantes de son histoire récente. «Plus que toute autre femme, Colette Flesch a marqué la vie politique et la lutte pour l’égalité des femmes dans ce pays ces dernières décennies», explique le parti. «Le Parti démocratique perd une dirigeante, une mentor et une amie qui lui ressemblait et qui a profondément influencé son histoire», ajoute le texte.

Le Parti démocratique souligne qu’au niveau national, elle était reconnaissante d’avoir pu contribuer à des réformes majeures : l’abolition de la peine de mort, la légalisation de l’avortement, l’introduction des soins palliatifs et la dépénalisation de l’euthanasie. En tant que ministre de l’Économie, elle s’est investie dans le sauvetage de l’industrie sidérurgique, rappelle le DP, avant d’ajouter que la réforme des droits civiques des femmes mariées lui tenait particulièrement à cœur. «Le Parti démocratique est en deuil. Mais il est aussi heureux d’avoir compté une femme aussi exceptionnelle dans ses rangs.»

Émotion à l’hôtel de ville de Luxembourg

La Ville de Luxembourg a également rendu hommage à Colette Flesch. La bourgmestre Lydie Polfer a adressé ses condoléances à la famille et aux proches de la disparue au nom des élus de la capitale. «C’est avec une émotion profonde que j’ai appris la disparition de Madame Colette Flesch, écrit Lydie Polfer. Avec elle, le Luxembourg a perdu une femme politique dont l’engagement exceptionnel a marqué durablement notre pays et notre capitale.»

Première femme à occuper la fonction de bourgmestre de la Ville de Luxembourg, de 1970 à 1980, «elle était une figure déterminante dans la modernisation de notre capitale et a ouvert la voie à une nouvelle génération de responsables politiques». Lydie Polfer ajoute : «En ce moment de deuil, nous nous souvenons d’une femme éminemment respectée dont le parcours et l’engagement, notamment en faveur de l’égalité des genres ou encore de la libéralisation de l’avortement, demeurent des références pour les générations futures.»

Un livre de condoléances mis à disposition

La Ville de Luxembourg annonce qu’un livre de condoléances sera mis à disposition à l’Hôtel de Ville, du jeudi 22 au mardi 27 janvier 2026 (tous les jours de 8h00 à 17h00, et le samedi de 8h00 à 12h00). Les citoyens sont invités à y laisser leurs messages de sympathie en mémoire de Colette Flesch.

Colette Flesch était aussi une sportive accomplie. En tant qu’escrimeuse, elle a participé en individuel aux Jeux olympiques de 1960, 1964 et 1968.

En décembre 1968, elle avait été élue pour la première fois à la Chambre des députés lors d’une élection anticipée. Elle a siégé à la Chambre des députés de 1969 à 1980, puis de 1984 à 1989 et de 2004 à 2009, et au Parlement européen de 1969 à 1980, de 1984 à 1985, de 1989 à 1990 et de 1999 à 2004. En 1976, elle a été la secrétaire générale du Parti démocratique. Elle en est devenue la présidente de 1981 à 1989. Elle a également été présidente de l’Institut européen des itinéraires culturels (IEIC).

En 1940, elle avait fui le pays et le régime nazi avec sa famille pour se réfugier à Brive-la-Gaillarde. Elle perdra son père au cours de ce voyage. La famille reviendra au Luxembourg après la guerre. Dans une interview publiée en 2023 sur RTL, elle déclarait que «l’immigration et notre société inclusive sont des éléments du succès de notre économie et de celui du pays». Elle a également déclaré que nous ne devrions «jamais abandonner l’Europe».

La rédaction du Quotidien présente ses plus sincères condoléances à sa famille.

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