Bien que l’alcool reste la première substance incriminée dans les infractions routières au Luxembourg, le dépistage des stupéfiants se développe progressivement.
Si l’alcool est la deuxième cause de mortalité sur les routes après la vitesse, la consommation de stupéfiants représente quant à elle 4 % des accidents de la route. La police réalise régulièrement des contrôles d’alcoolémie sur les routes du pays, notamment ordonnés par le parquet. Mais quid des contrôles des produits stupéfiants ? En réponse à une question du député de l’ADR, Tom Weiding, la ministre de la Justice, Elisabeth Margue, le ministre de l’Intérieur, Léon Gloden, et la ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Martine Deprez, ont livré quelques données chiffrées.
Depuis la légalisation du cannabis récréatif en 2023, le parquet de Luxembourg a ordonné trois contrôles de drogues et le parquet de Diekirch, deux. «Si des indices montrent, lors d’un contrôle, qu’une personne a consommé de la drogue, les tests de dépistage nécessaires sont également réalisés», notent les trois ministres. Ils précisent également que ces contrôles ne sont pas différenciés d’une région de police à l’autre. Chaque région réalise des actions de contrôle à la fois préventives et répressives.
Mais alors, combien d’infractions routières en lien avec un test de drogue positif ont-elles été constatées au cours des trois dernières années ? En 2024, 349 procès-verbaux, dont 29 avec retrait de permis de conduire, ont été réalisés. En 2025, les retraits de permis et procès-verbaux ont été plus nombreux (365 dont 52 retraits de permis). Cette année, la police a déjà dressé 212 procès-verbaux et 37 retraits de permis.
Un total de 5 745 procès-verbaux dressés pour l’alcool
À contrario, les infractions routières en lien avec l’alcool constatées ces trois dernières années ont été beaucoup plus nombreuses que celles liées aux stupéfiants. Entre 2024 et 2026, la police a dressé un total de 5 745 procès-verbaux — dont 3 859 ont entraîné un retrait de permis de conduire — et a délivré 764 avertissements taxés, avec un pic d’activité enregistré en 2025 (2 238 PV et 1 499 retraits). Les contrôles d’alcoolémie ordonnés par le parquet ont, eux, ciblé 18 322 personnes en 2024 (649 tests positifs sur 159 contrôles), 21 223 personnes en 2025 (622 tests positifs sur 166 contrôles), et 13 034 personnes jusqu’en juillet 2026 (379 tests positifs sur 123 contrôles).
Les trois ministres précisent que les tests de drogues et d’alcool «ne proviennent pas seulement des contrôles d’alcoolémie ordonnés par le parquet, mais peuvent aussi provenir d’interventions dans le cadre d’accidents ou de signalements via le Centre national d’intervention (CIN)».
Et pour les médicaments ?
Il n’existe pas de test spécifique pour les médicaments. Mais si, lors d’un contrôle, il n’y a aucun indice d’alcool ou de drogue, mais que le conducteur présente des signes indiquant un autre abus, un «examen médical» est effectué.