La ministre de la Santé informe que l’approvisionnement en cannabis thérapeutique était interrompu pendant plusieurs semaines courant 2025.
Ces dernières années, le Luxembourg a été confronté à plusieurs reprises à des ruptures de stock de cannabis médical, entraînant des interruptions dans la prise en charge thérapeutique des patients», rappelle Sven Clement dans sa question parlementaire soumise le 22 janvier dernier à la ministre, Martine Deprez.
Le député ajoute que les causes de ces ruptures ont été diverses : difficultés d’approvisionnement chez les fournisseurs, problèmes liés au changement de prestataire, incidents de production, ainsi qu’une demande ayant progressé plus rapidement que prévu.
Trois produits restent autorisés
Ces problèmes ont-ils persisté en 2025? Dans sa réponse, la ministre de la Santé indique que les patients ont, une nouvelle fois, subi des ruptures ponctuelles d’approvisionnement.
Entre début février et début mars, le cannabis à ratio équilibré (THC/CBD) n’était pas disponible. De la mi-octobre à la mi-novembre, le cannabis médicinal riche en CBD — sans effet psychotrope — a, à son tour, fait défaut.
Cette seconde rupture s’expliquerait par la péremption du stock de cannabis et par un retard d’environ deux mois dans l’acheminement d’une nouvelle livraison
Par contre, les trois extraits huileux contenant du THC ou du CBD ont été disponibles tout au long de l’année en quantité suffisante. «Et les réserves sont bien remplies», précise la ministre.
L’offre en cannabis médicinal autorisée au Luxembourg se limite aujourd’hui aux trois produits précités. Depuis le 1er janvier 2025, la prescription de fleurs de cannabis riche en THC est interdite. En 2024, ce sont 783 patients qui profitaient d’un traitement à base de ce type de cannabis.
Martine Deprez avançait, à la mi-novembre 2024, plusieurs raisons qui ont motivé sa décision, dont le risque d’abus. «Une importante consommation de cannabis peut constituer de grands dangers. De plus, aucune conclusion médicale ne prouve l’efficacité de ce traitement. Le dosage et l’administration s’avèrent également difficiles», ajoutait la ministre chrétienne-sociale.
Pas de cultivation au Luxembourg
Au départ, la division de la pharmacie de la direction de la Santé avait proposé d’interdire dans son intégralité l’usage de cannabis médicinal à fleurs séchées. Il a été décidé de faire de 2025 une année de transition afin «d’évaluer les besoins et adapter, le cas échéant, le programme» de cannabis médicinal.
Pour l’instant, les patients souffrant de pathologies chroniques, d’un cancer ou de sclérose en plaques peuvent encore se faire prescrire du cannabis riche en CBD – également menacé d’interdiction -, le cannabis à ratio équilibré (THC/CBD) et les extraits huileux, sans oublier les médicaments conventionnels.
Selon la ministre, une rupture de livraison pour les fleurs de cannabis riche en CBD pourrait avoir lieu courant février.
«Actuellement, les hôpitaux délivrent les dernières sommités aux patients», précise Martine Deprez. Une nouvelle livraison doit arriver au plus tard ce vendredi 20 février.
Le gouvernement précédent avait envisagé la culture de cannabis médicinal au Luxembourg. Ce projet devrait rester lettre morte.
Dans l’accord de coalition conclu entre le CSV et le DP, aucune autre avancée majeure en la matière n’est annoncée.
Chaque ménage reste toutefois autorisé à cultiver – pour l’usage récréatif strictement personnel – jusqu’à quatre plants de cannabis.