À l’occasion de la Journée mondiale de l’AVC, l’association Blëtz asbl fait le tour des hôpitaux du pays pour sensibiliser les gens et les aider à reconnaître les signaux d’une attaque cérébrale.
C’est la première cause de décès chez les femmes et la troisième chez l’homme. Chaque année, les accidents vasculaires cérébraux causent plusieurs millions de morts et, avec quatre personnes victimes d’un AVC tous les jours, le Luxembourg est loin d’être épargné. Malgré ce constat, les attaques cérébrales restent peu connues du grand public. C’est pour remédier à ce problème que Chantal Keller, elle-même victime d’un AVC en 2007, a créé Blëtz asbl : afin de sensibiliser les gens et leur apprendre les bons réflexes.
À l’occasion de la journée mondiale de l’AVC, ce jeudi 29 octobre, l’association a décidé de faire cette semaine le tour des hôpitaux du pays pour rappeler deux messages essentiels : face à un AVC, chaque minute compte et une grande partie de ces accidents peut être évitée. Mais pour y arriver, encore faut-il identifier les signes avant-coureurs afin de réagir le plus rapidement possible.
Également appelé attaque cérébrale, l’AVC survient lorsqu’un vaisseau sanguin du cerveau est obstrué par un caillot ou se rompt. Une partie du cerveau n’est alors plus irriguée et, privée d’oxygène, subit très vite des lésions. «Cela survient de manière brutale, précise Chantal Keller. Si vous avez des symptômes depuis deux ou trois jours, ce n’est pas un AVC.» C’est d’ailleurs de là que vient le nom de son association. «Blëtz signifie éclair parce que ça arrive très vite.» Confusion, difficulté à parler ou à comprendre les autres, vertiges, paralysie d’un membre ou d’une partie du corps… Ces symptômes, s’ils surviennent brutalement, ne doivent pas être pris à la légère et mieux vaut appeler immédiatement le 112. Car plus la prise en charge sera rapide, plus les séquelles seront limitées.

Mercredi, Blëtz asbl était aux Hôpitaux Robert Schuman pour une de leurs journées d’information.
Des habitudes simples pour limiter les risques
Mais c’est surtout l’entourage qui doit être vigilant. «On ne se rend pas compte quand on fait un AVC», précise Chantal Keller. Il faut donc compter sur ses proches qui peuvent utiliser le test FAST pour retenir la marche à suivre (lire encadré). Mais il est également possible de prendre quelques habitudes simples pour prévenir les risques. «Il faut avoir un mode de vie sain», résume le docteur Adrien Verstraete, neurologue au sein des hôpitaux Robert Schuman.
Une alimentation équilibrée, riche en fruits et en légumes mais aussi pauvre en sel, ainsi qu’une activité physique régulière font ainsi une réelle différence. «Il faut aussi éviter de fumer, d’être en surpoids ou de boire trop d’alcool.» Enfin, limiter le stress et veiller à la qualité de son sommeil ainsi qu’à son taux de cholestérol contribuent également à protéger sa santé. «Le fait d’avoir eu un premier AVC est le premier facteur de risque, le second étant l’âge, continue Adrien Verstraete. Ce sont deux facteurs sur lesquels on ne peut pas jouer, alors on surveille particulièrement les autres.»
Pour repérer rapidement les signes d’un AVC et se souvenir de comment réagir, il existe un moyen mnémotechnique : le test FAST. Celui-ci rappelle les quatre étapes permettant d’identifier un début d’accident:
- F comme Face (visage) : un côté du visage s’affaisse-t-il?
- A comme Arm (bras) : la personne a-t-elle du mal à lever un bras?
- S comme Speech (parole) : son élocution est-elle confuse ou inhabituelle?
- T comme Time (temps) : ne pas perdre une seconde et appeler le 112.
Une fois en contact avec les secours, il est important de leur donner l’heure exacte des symptômes ainsi que les antécédents médicaux et le traitement actuel de la victime. En attendant leur arrivée, il faut tenter de dégager les voies respiratoires et éviter toute alimentation, aussi bien liquide que solide.
Si ces conseils paraissent simples, de nombreuses personnes sont encore mal informées. «Beaucoup d’entre elles viennent nous voir trop tard.» Et contrairement aux idées reçues, les jeunes font de plus en plus partie des victimes. «L’AVC ne connaît pas d’âge, tout le monde peut être touché», affirme Chantal Keller. «Nous avons un patient de 32 ans actuellement en salle», ajoute Adrien Verstraete. Il n’est donc jamais trop tôt pour s’informer.