Vingt-quatre heures avant tous ses concurrents pour le titre, le FCD03 s’est assuré de rester devant en l’emportant sur le terrain du Racing (0-2).
C’est terrible un double champion en titre, parce que ça a appris à vous déchiqueter le moral en une petite, minuscule, opportunité. Et ça vous laisse vivre avec vos regrets.
Le RFCU pourrait en effet déjà mener au score au moment où, sur un coup franc de Rauch contré par le mur et qui monte haut avant de retomber aux alentours des six mètres, Mfoumou jaillit seul pour reprendre le ballon façon kung-fu (0-1, 33e).
Differdange n’a alors rien produit de réellement enthousiasmant et s’en est même remis assez largement au talent du meilleur portier du pays, Felipe Ventura, sauvé par le manque de précision de Stolz sur une tête décroisée (8e). Mais c’est le portier brésilien qui est l’auteur d’une claquette d’ogre pour repousser une autre tête de Stolz, puissante, qui allait filer sous sa barre (11e), puis d’une détente désespérée devant sa ligne pour contrarier, en deux temps (parade main droite, récupération du ballon main gauche), un coup de casque bien placé de Diakhité (39e). Deux parades qui fabriquent les futurs champions quand ils ont un match un peu plus compliqué qu’un autre.
Leandro, brillant et… expulsé
Équilibré par le retour d’un Leandro omniprésent devant la défense, Differdange regarde le Racing produire le jeu, mais lui plantera un deuxième coup de poignard sur une action sublime, juste avant la pause. Rauch, en appui sur Franzoni, qui crée la profondeur nécessaire en une passe lumineuse, va trouver Hadji. Redevenu chirurgical cet hiver, l’avant-centre contrôle avec calme, puis croise son plat du pied, qui finit au fond avec l’aide du poteau (0-2, 42e).
Contre un Differdange qui maîtrise de nouveau à peu près tout ce qui se passe sur le terrain, il n’y a plus grand-chose à faire, une fois mené de la sorte. Et la deuxième période n’offre plus grand-chose, parce que le FCD03 n’en a tout simplement pas envie. Tout en sérénité, le leader frôle encore le montant du but de Ruffier, sur un jaillissement premier poteau de Mfoumou (72e), puis le 0-3 sur deux face-à-face de Buch perdus devant Ruffier (80e, 83e).
Matubanzila, lancé en profondeur mais en bout de course, bien placé mais trop pressé, ratera alors l’opportunité d’offrir au RFCU une fin de match sous tension, en expédiant son tir du pied gauche (79e). Mais ce que gagnera le FCD03 en tranquillité, il le perdra en certitudes pour la semaine prochaine : après avoir commis une petite faute, Leandro pousse un ballon qu’il aurait mieux fait de laisser sagement à l’adversaire. Deuxième jaune. Il ratera Rodange la semaine prochaine.
Le Racing est encore largement dans cette phase où il doit retrouver un rythme d’équipe de niveau supérieur pour se permettre d’aborder ce genre de défaite avec la rage au ventre. On l’a senti, au coup de sifflet final. Tout en frustration contenue, Sébastien Grandjean a donné le ton et personne n’est sorti des clous dans son sillage : «Aujourd’hui, on n’est pas battu par une bonne équipe, mais par le métier. On aurait pu les battre et ils le savent. C’est le métier qui fait la différence.»
C’est exactement l’analyse qu’en fait son latéral, Abdou Diakhité. «Nous, il nous a manqué le réalisme. En face, ils l’ont eu. On a su s’imposer, mais eux, ils ont su être efficaces.»
Le Racing était au contrôle. Ils étaient au-dessus de nous
Élégance de champion, condescendance du leader, les paroles disaient la même chose aussi côté FCD03, qui n’en a rien à faire d’avoir remporté un match à l’économie. Geoffrey Franzoni par exemple : «On n’était pas très bons et on marque sur deux occasions, alors que des fois, il nous en faut dix.» Ou Kevin D’Anzico : «C’est cela que fait un champion : il gagne des matches même quand il ne joue pas bien, même s’il n’est pas super efficace. Le Racing était au contrôle, ils étaient au-dessus de nous, mais c’est nous qui avons fait ce qu’il fallait.»
Reste une question à trancher, celle de ce nouveau système differdangeois, pas totalement à la fête samedi soir mais qui continue à marquer sans encaisser de buts en ce début d’année. «On ne sait pas s’il va rester en place, glisse Franzoni. Mais on est pas mal dedans. Nos deux attaquants marquent, on n’encaisse pas. Donc…»