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«Beaucoup d’élèves abandonnaient les cours de musique à cause du solfège»


La nouvelle réforme a été présentée lundi par Claude Meisch, ministre de l'Éducation nationale. (Photo : fabrizio pizzolante)

Face au désamour croissant pour le solfège traditionnel, le Luxembourg transforme l’apprentissage de la musique.

L’enseignement musical se modernise au Grand-Duché. Lundi, le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch, a présenté la nouvelle réforme sur l’apprentissage de la musique au Luxembourg. Elle concerne notamment le solfège. Cet enseignement obligatoire va subir quelques changements dès la rentrée scolaire 2026/2027.

Première nouveauté : le parcours de formation sera organisé sur cinq années et sera accessible dès l’âge de six ans. L’objectif derrière cette réforme est d’intéresser le plus possible la jeune génération. «C’est un cours très théorique et la méthode était un peu trop ancienne. Nous avons constaté que beaucoup de jeunes abandonnaient les cours de musique à cause du solfège. Il fallait donc une réforme plus adaptée et qui donne envie aux enfants d’y aller au-delà des années qui étaient obligatoires», explique Micky Thein, coordinatrice du groupe de travail en charge de la réforme du solfège.

Autre changement de cette réforme : les modalités d’évaluation. Elles reposaient jusqu’à présent sur deux épreuves devant un jury. Désormais, les élèves devront effectuer un seul examen. «Un tiers de la note sera basé sur l’évaluation continue de l’élève tout au long de l’année», précise le ministère de l’Éducation nationale dans son communiqué. «On veut mieux valoriser le travail accompli par les élèves. C’est un mode d’évaluation qui correspond davantage à la réalité d’un musicien puisque nous ne sommes pas sur scène pour jouer des études techniques», indique Micky Thein, également directrice de l’école de musique de l’UGDA.

Cette nouvelle réforme donnera également une place importante à la voix et au mouvement corporel. «On apprend par la voix. Si on sait chanter juste, on peut dire 80% du travail est fait. Et c’est quelque chose de très important dans l’enseignement d’un instrument», précise Micky Thein.

 « Dans 150 ans, est-ce qu’on écoutera toujours Taylor Swift?»

Une nouvelle réforme qui complète un autre projet élaboré en 2022 : celle de la gratuité d’une partie des cours de musique pour les moins de 18 ans. «Notre objectif principal était surtout de démocratiser l’enseignement musical, de le rendre accessible à toute couche sociale et à toute la population. On a observé que la musique était quelque chose de très appréciée chez les jeunes», explique Claude Meisch. En effet, d’après le ministère de l’Éducation nationale, près de 3 000 nouveaux élèves se sont inscrits à des cours de musique en quatre ans. Ils étaient 19 644 en 2022 et sont désormais 22 650 en 2026.

Un engouement qui reflète aussi une tradition bien réelle au Luxembourg. «Il n’y a pas de fêtes familiales ou publiques sans musique. Quand il y a une kermesse, il y a toujours un cortège avec la musique locale», souligne Claude Meisch. Un attrait pour la musique qui s’observe également par le nombre conséquent d’infrastructures.

Le pays dispose, en effet, de trois conservatoires (Ettelbruck, Esch-sur-Alzette, Luxembourg) et de nombreuses associations musicales. «Nous, par exemple, au sein de notre école qui couvre 51 communes dans le pays, nous avons environ 7 000 élèves inscrits (…). Chaque année, il y a de la demande», précise Micky Thein. Une demande croissante, mais quel est l’instrument le plus plébiscité? «Sans conteste, c’est le piano», note-elle.

Une tradition qui doit aussi s’adapter à la musique actuelle. «On écoute toujours la musique de Beethoven, de Bach. Dans 150 ans, est-ce qu’on écoutera toujours Taylor Swift? En tant qu’enseignants, on doit aussi s’adapter à ces changements et analyser d’autres types de musique», soutient Micky Thein.

Alors, bien que seuls 3% des élèves s’orienteront vers une voie professionnelle, la grande majorité d’entre eux continuera à écouter de la musique dans son quotidien. «C’est quelque chose qui est partout et qui donne beaucoup de compétences dans la vie en général (…). En tant que musicienne, c’est le plus beau hobby du monde», conclut la directrice l’école de musique de l’UGDA.

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