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[Basket] Du rêve au cauchemar


Anne Simon et les Luxembourgeoises ont vécu un vrai cauchemar, ce dimanche au Monténégro. (Photo : FIBA)

Les basketteuses luxembourgeoises ont subi une terrible défaite, dimanche à Topolica (86-53). Un revers aux lourdes conséquences puisqu’elles échouent malheureusement d’un rien dans leur tentative de se qualifier pour l’Euro.

C’était le match d’une vie. Après un parcours quasi sans-faute avec seulement une défaite en cinq matches, les Luxembourgeoises avaient l’occasion d’écrire l’histoire en se qualifiant pour le championnat d’Europe, cet été. Malheureusement, elles suivront l’événement à la TV.  

On savait que la donne serait complètement différente. Certes, jeudi soir les Luxembourgeoises avaient signé une sorte d’exploit en allant écraser la Bosnie. Mais finalement ces dernières auront traversé cette qualification comme des fantômes. Clairement l’équipe la plus faible du plateau, on se doutait qu’il ne faudrait pas compter sur une défaite contre la Suisse pour aller chercher une historique qualification européenne.

Proche du scénario catastrophe

Ce dimanche, alors que, comme prévu, les Helvètes ne faisaient qu’une bouchée des Bosniennes, c’est donc au Monténégro que Magaly Meynadier et ses coéquipières devaient aller forcer leur destin. Avec trois possibilités : une première place avec une victoire ou une défaite de 10 pts ou moins, une deuxième place, éventuellement qualificative avec une défaite entre 11 et 23 pts. Et une troisième place en cas de défaite de 24 pts ou plus.  

D’entrée, on a tout de suite compris que l’opposition n’aurait rien à voir avec ce qu’elles ont connu à Sarajevo. Certes, le chaudron attendu, voire espéré n’était pas au rendez vous, avec un hall sportif quasiment vide. Mais sur le parquet, ça ne rigolait pas. D’entrée, Natasha Mack, nouvelle Américaine qui évolue habituellement en WNBA chez les Phoenix Mercury, a fait parler ses 191 cm sous la toise. Véritable rempart infranchissable pour des Luxembourgeoises qui, il faut le rappeler, évoluent sans Ehis Etute et ne bénéficient pas non plus de la taille d’une Cathrin Wolff par exemple. 

On ajoute à cela que l’adresse des Monénégrines n’a rien à voir avec celle, plus que famélique, des Bosniennes et c’est ainsi qu’on assiste à un début de rencontre complètement à l’avantage des locales (10-0). Qui enfilent les paniers de loin, se gavent au rebond pour finir le premier quart avec 19 longueurs d’avance et, au passage, un superbe 6/12 de loin (31-12).  

En face le Luxembourg souffre. Les joueuses de Mariusz Dziurdzia éprouvent toutes les peines du monde à s’enfoncer dans la raquette et quand parfois elles y parviennent, elles se font soit punir par les géantes adverses ou manquent complètement leur tir. À ce moment, on est plus proche du scénario catastrophe avec la défaite de 24 pts ou plus. 

Encore jouable à la pause

Mais s’il y a bien une qualité qu’on peut reconnaître à Lisy Hetting, qui disputait le tout dernier match de sa carrière internationale et ses copines, c’est la résilience. Certes, elles ne sont pas devant leur public, oui, l’adversaire est beaucoup plus fort que la Bosnie, effectivement, elles sont plus grandes et plus physiques. Mais leur coeur, leur envie et leur motivation n’ont rien à envier à celles des joueuses grand-ducales.  

Un drive réussi de Lisy Hetting, un premier missile longue distance signé d’Anne Simon, meilleure joueuse de toutes les rencontres disputées jeudi, des filles qui se jettent comme des mortes de faim sur tous les ballons, une adresse insolente des Monténégrines un peu en berne. Et on a droit à un match! L’écart se stabilise autour de la dizaine de points, passant même parfois sous cette barrière synonyme de première place. Et à la pause, même si les Luxembourgeoises sont toujours derrière (37-26), on a moins l’impression d’un match totalement déséquilibré.  

Malgré des chiffres qui penchent clairement en faveur des joueuses des Balkans avec notamment 9/17 à deux pts (53%) contre 9/23 (39%) au Luxembourg alors qu’à trois points, k’adresse est clairement retombée côté Monténégro (6/20) alors que, comme face à la Bosnie, elle est toujours aussi famélique pour les visiteuses (1/7).  

Dans ces conditions, les 11 pts d’écart ne sont finalement pas grand-chose. Et on se dit qu’il y a peut-être moyen de faire mieux. Beaucoup mieux. 

Une déferlante après le repos

Mais à la reprise, malgré une embellie avec un – rare – panier de loin signé Amanda Cahill et un écart un temps sous les fameux dix points, c’est bien le Monténégro qui repart à l’assaut. Les missiles à trois points continuent de pleuvoir à l’envi. Et la question n’est soudain plus de savoir si le Luxembourg pourra passer sous ces dix points. Mais plutôt s’il pourra éviter une véritable correction.  

A dix minutes de la fin, l’écart est en effet passé à +23 (64-41) et bientôt +25 et +27 sous l’impulsion de Mack. Amanda Cahill stoppe l’hémorragie mais les Monténégrines répliquent immédiatement à longue distance. Malheureusement, le match le plus important de l’histoire du basket luxembourgeois tourne à la punition. Les tentatives grand-ducales sont désespérées alors qu’en face, ça joue bien, ça joue vite. Et avec Mack qui enfile les paniers comme des perles on atteint vite les +30. Et même +31. 

Il y a le feu dans la maison Luxembourg. Et c’est tout sourire que Mack peut retourner se reposer. Anne Simon remet un panier mais les Monténégrines ne ratent plus rien. Même quand Isi Etute est servie parfaitement sous le cercle, elle se fait contrer.

Trois minutes à jouer, -32 (81-49) et balle pour le Monténégro. La situation est pratiquement désespérée. Encore deux points de plus singés Pesic, cette fois, c’est sûr, les Luxembourgeoises ne parviendront pas à éviter la défaite de +24. Galvanisées, les Monténégrines, qui savent qu’elles vont terminer à la première place et se qualifier directement pour l’Euro, ne lâchent rien.

Le match se termine dans la douleur pour des joueuses grand-ducales qui ne méritaient pas ça. Mais en ce dimanche, il n’y avait tout simplement pas photo.