La plongée des températures cette semaine en dessous de -5 °C a presque fait doubler le nombre d’interventions de l’ACL, établissant un record inédit.
La vague de froid qui a frappé le Luxembourg entre le lundi 5 et le jeudi 8 janvier a mis à rude épreuve les automobilistes… et les services de dépannage! L’Automobile Club du Luxembourg (ACL) a d’ailleurs enregistré un pic d’interventions, jamais vu jusqu’à présent. Franck Maas, responsable de la promotion des solutions de mobilité à l’ACL, assure avoir «atteint un nouveau record».
Dès le lundi 5 janvier, lors des premières baisses en dessous de -5 °C, l’ACL a recensé 265 interventions. Franck Maas rappelle «la moyenne annuelle tourne autour de 140 dépannages par jour», autrement dit, l’activité a presque doublé en 24 heures. Les jours suivants, la pression est «restée très forte» avec 222 interventions le mardi, 178 le mercredi, et enfin 183 sorties, le jeudi. À partir de ce vendredi, le responsable de l’ACL pense retrouver «une moyenne normale».
Principales victimes : les batteries
La principale cause de panne durant ces quatre jours de froid a été la batterie. Le froid met en effet à mal les accumulateurs, surtout lorsqu’ils sont «déjà anciens ou fragilisés».
Contrairement à ce que beaucoup pensent, les voitures électriques n’ont pas été épargnées. «Même les voitures 100% électriques ont une batterie 12 volts comme les thermiques. Et si cette batterie est trop faible, la voiture ne démarre pas non plus», explique-t-il.
Le froid n’empêche donc pas la batterie de traction de fonctionner, mais il peut immobiliser le véhicule à cause de cet élément indispensable à l’électronique et au démarrage. «Après les batteries, nous avons été appelés pour des collisions et en troisième les pneus», poursuit Frank Maas.
Les pneus quatre saisons restent «un compromis»
Cette vague de froid a d’ailleurs permis de rappeler l’importance des pneus hiver. «Pour être vraiment efficace sur la neige, un pneu d’hiver doit avoir au moins 4 millimètres de profil», insiste Franck Maas. «Ce sont les petites lamelles dans la sculpture qui assurent la traction, et lorsqu’elles sont trop usées, l’adhérence chute fortement.»
Les pneus quatre saisons, de plus en plus populaires, restent «un compromis», pour le responsable de l’ACL. «Ils ne seront jamais aussi efficaces qu’un vrai pneu d’hiver dans ces conditions», prévient-il, même s’ils sont autorisés au Luxembourg dès lors qu’ils portent le marquage d’un symbole de montagne ou M+S pour Mud + Snow, soit boue et neige. Si vos quatre pneus ne respectent pas ces critères, vous pouvez être sanctionné d’une amende de 74 euros, assortie d’une potentielle immobilisation du véhicule.
Des pannes en début ou fin de journée
Les dépannages ont surtout eu lieu le matin, au moment où les automobilistes tentaient de démarrer leur véhicule, ou en fin de journée après le travail. Une fois le moteur lancé, l’alternateur recharge la batterie, ce qui permet en général de rouler sans problème. «Dès que le moteur est en marche, la voiture ne sera normalement plus en panne, sauf en cas de problème avec l’alternateur», précise tout de même Franck Maas.
Toutes les régions n’ont pas été touchées de la même façon. «C’est surtout autour de Luxembourg et dans le sud du pays que nous avons eu le plus d’interventions», indique le responsable de l’ACL. L’Est et le Nord ont été «nettement moins concernés».
Toujours «avoir le contrôle du véhicule»
Outre l’équipement, le comportement du conducteur est aussi déterminant. «il faut vraiment adapter sa vitesse aux conditions», souligne Franck Maas. La distance de freinage peut être «jusqu’à quatre fois plus longue que sur route sèche», ce qui impose de réduire sa vitesse et d’augmenter les distances de sécurité. Si la route devient soudainement trop glissante, «le code de la route est clair», énonce Frank Maas : «Il faut dans chaque situation avoir le contrôle du véhicule. Si ce n’est plus possible, il faut s’arrêter».
Même si les températures ont commencé à remonter depuis ce vendredi 9 janvier, l’hiver est encore long. Cet épisode et ce record d’interventions ont montré à quel point quelques jours de froid intense suffisent à désorganiser la mobilité. Franck Maas conclut à ce sujet qu’«il faut vraiment adapter sa vitesse aux conditions, car elles peuvent changer d’un kilomètre sur un autre».