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Arnaque à la cryptomonnaie : un retraité perd 70 000 euros


Désireux de s’initier au monde de la cryptomonnaie, un retraité d’un village de la métropole messine est tombé dans le piège. (Photo : rl/lionel vadam)

Entre février et novembre 2025, l’homme de 78 ans est tombé sous l’emprise psychologique de faux experts en cryptomonnaie.

Un terrible engrenage. Tout débute en février 2025. Robert* (78 ans) tombe sur une émission de télévision consacrée à un univers totalement inconnu pour lui, la cryptomonnaie. À l’écran, une femme témoigne de ses fructueux placements. Intrigué, cet ancien cadre d’une société d’énergie mosellane, résidant dans un village de la métropole messine, effectue une recherche sur internet. Un site l’invite à laisser son numéro de téléphone. Le retraité n’y voit guère malice et laisse son 06. Le contact est noué comme le nœud d’une corde dont il ne parvient, toujours pas, à se défaire. En l’espace de neuf mois, et deux arnaques, Robert va perdre la bagatelle de 70 000 euros. Mais pas seulement…
Si le principal intéressé n’a pas souhaité s’exprimer, Céline, sa fille, prend quant à elle la parole.
«J’ai l’impression de devoir sortir mon père d’une secte!» Cette sensation, Céline vit avec depuis fin novembre. En visite chez elle et son mari dans les Yvelines, le septuagénaire brise le silence. «Il nous dit avoir été victime d’une fraude de 45 000 euros sur le premier semestre et qu’il a déposé plainte en mai auprès de la gendarmerie…» Immédiatement, le couple s’empare du dossier, vérifie la multitude de mails et de messages WhatsApp échangés avec les escrocs, mais aussi ses deux comptes bancaires. Sur ces derniers, plusieurs virements.
150 000 euros de gains promis
Le premier date du 21 février. Au téléphone, son interlocuteur invoque le caractère «urgent» de l’opération censée lui rapporter «près de 150 000 euros». Via un logiciel qu’il lui demande de télécharger, l’aigrefin prend, avec l’accord de Robert, le contrôle à distance de son ordinateur. Résultat, un transfert «avec (son) accord» de 5 000 euros. Cinq jours plus tard, un deuxième de 4 000 euros. Les deux vers un établissement basé à Londres. En avril, 6 000 euros prendront la direction de l’Espagne et 29 740 euros resteront en France. Bref, en l’espace de 52 jours, Robert transférera près de 45 000 euros à de parfaits inconnus.
Le 18 avril, trois jours après avoir effectué un énième virement de 15 000 euros en guise de «commission», le retraité adresse un message à son «nouveau gestionnaire de compte». Il fait part de son «très grand mécontentement» et dénonce des «pratiques» qui ont pour «conséquence de (le) réduire à l’état de clochard». Dans sa réponse, truffée de fautes d’orthographe, le malfrat le rassure : «Vous allez recevoir votre argent». Le 16 mai, Robert dépose plainte en ligne auprès de la gendarmerie nationale. Malgré cet «éclair de lucidité», cette arnaque à la cryptomonnaie va se poursuivre. Ou, plutôt, une deuxième va survenir.
Un compte bloqué, un autre est ouvert
En août, Robert est contacté par un soi-disant organisme bancaire britannique lui faisant miroiter le remboursement des 45 000 euros versés. Pour cela, il lui demande une copie de sa pièce d’identité, des photos ainsi que ses identifiants bancaires.Si, avec le recul, la ficelle peut paraître grosse, la victime s’exécute. Interloqué face à ces mouvements, son (vrai) conseiller bloque son compte courant. «Il a très bien fait, assure Céline. Il a autorisé mon père à retirer 400 euros par mois pour subvenir à ses besoins quotidiens.» Fin octobre, à la demande des brigands, Robert en ouvre plusieurs autres. L’un dans une nouvelle agence bancaire, et une poignée via des néobanques. Au final, il versera quelque «24 000 euros vers un établissement basé à Malte…».

«Ces escrocs sont assez fins pour profiter de la vulnérabilité d’un individu et taper juste, souligne Céline. Pour preuve, il les considère comme ses amis et il est persuadé qu’il va finir par récupérer son argent.»

Accompagné de sa fille, Robert déposera le 1er décembre une seconde plainte auprès du commissariat de police à Vélizy-Villacoublay. «Mon père n’est pas sénile, conclut Céline, mais il s’est retrouvé sous une emprise psychologique ayant incontestablement entraîné une altération du discernement.»

* Prénom modifié.

Charles Michel
(Le Républicain lorrain)

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